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Les États-Unis tournent le dos à la lutte contre le dérèglement climatique

Donald Trump va abolir jeudi la « conclusion de mise en danger », un texte fondateur de la lutte contre le dérèglement climatique initié par Barack Obama il y a 17 ans. L’aboutissement d’une véritable « guerre contre la science » menée par l’administration Trump

En 2009, les États-Unis, alors présidés par Barack Obama, avaient émis un texte fondateur de la lutte contre le dérèglement climatique, nommé « endangerment finding » – en français : « conclusion de mise en danger ». Ce texte déterminait la dangerosité des gaz à effets de serre pour la santé et l’environnement, et imposait à l’administration de prendre toutes les mesures pour lutter contre ce phénomène.

17 ans plus tard, ce jeudi, l’administration de Donald Trump va abolir ce texte. C’est l’aboutissement d’un profond travail de sape du lobby pétrolier, qui rencontre les convictions des idéologues de la nouvelle administration. Loin de faire ça en catimini, l’abolition de ce texte par l’agence de protection de l’environnement donnera lieu à une cérémonie officielle dans le bureau ovale de la Maison Blanche.

C’est évidemment sans surprise. Dans son discours d’investiture l’an dernier, Donald Trump avait lancé son fameux « drill, baby drill », un éloge du forage d’hydrocarbures, devenu sa signature.

Il a pris toute une série de décrets pour revenir sur la politique d’investissements verts de son prédécesseur, qu’il s’agisse de milliards de dollars de projets d’énergies renouvelables, ou du soutien au véhicules électriques. Il a également retiré une nouvelle fois les États-Unis des Accords de Paris de 2015 sur le climat – il en était déjà sorti lors de son premier mandat, puis Joe Biden y avait de nouveau souscrit.

Donald Trump s’oppose de longue date à ce qu’on appelle le « consensus scientifique », et qui reconnait l’existence du dérèglement climatique. Il a parlé l’an dernier de « plus grande escroquerie jamais perpétrée dans le monde ».

Ce serait déjà grave que la première puissance mondiale se retire de la lutte contre le dérèglement climatique, mais Donald Trump fait pression sur d’autres pays pour qu’ils suivent son exemple. L’Argentine de Javier Millei lui a ainsi emboîté le pas dans son retrait des Accords de Paris.

Fin 2025, les négociateurs d’un traité international destiné à réduire la pollution de la flotte marchande ont eu la surprise de se voir menacer par les représentants américains. Certains pays se sont vu signifier le refus à leurs cargos d’accoster aux États-Unis s’ils votaient le texte. Le vote n’a pas eu lieu. Marco Rubio, le Secrétaire d’État-, s’est publiquement félicité de cette « victoire », et a promis de recommencer si de nouveaux textes étaient présentés.

La décision annoncée aujourd’hui constitue le coup de grâce de l’administration aux politiques environnementales des démocrates. L’« endangerment finding » aboli aujourd’hui constituait la base légale de toutes les réglementations fédérales, sur les normes de pollution des voitures aux centrales électriques. L’administration promet que la levée de ces règlementations fera baisser le prix des véhicules ou de l’énergie, mais rien n’est moins sûr.

Donald Trump a déclenché une véritable « guerre à la science », entre le recul climatique, la politique anti-vaccins de son ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, les coupes budgétaires d’innombrables programmes de recherche, et même le « nettoyage » de bases de données scientifiques liées d’une manière ou d’une autre au climat.

Cette journée est donc une véritable victoire idéologique du camp MAGA (Make America Great Again) – et une défaite pour le reste de l’humanité.


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