Les touristes exemptés de visa américain devront livrer… cinq ans de leur activité sur les réseaux sociaux
Nouveau coup de folie. L’administration Trump veut complexifier les procédures d’entrée sur le territoire pour les ressortissants de 42 pays, dont la France
Les Français concernés
L’offensive sécuritaire de Washington franchit un nouveau cap. Selon un avis publié dans le Federal Register, l’administration Trump prévoit d’exiger des visiteurs exemptés de visa – Français compris – qu’ils fournissent l’intégralité de leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années avant d’entrer aux États-Unis. Le dispositif pourrait entrer en vigueur dans les soixante jours, sauf recours judiciaire.
Un « élément obligatoire de données »
La mesure vise les ressortissants des 42 pays bénéficiaires du programme d’exemption de visa, parmi lesquels la France, l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, Israël, le Japon et la Corée du Sud. Jusqu’ici, ces voyageurs pouvaient accéder au territoire pour quatre-vingt-dix jours sur simple obtention d’une autorisation électronique (ESTA). Demain, l’historique numérique deviendrait un « élément obligatoire de données » dans le dossier.
Les numéros de téléphone aussi
Le durcissement ne s’arrête pas là. Les services des douanes et de la protection des frontières (CBP) veulent également recueillir les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années, les adresses électroniques des dix dernières, ainsi qu’une série d’informations sur les membres de la famille : noms, dates et lieux de naissance, adresses et coordonnées. Un élargissement massif de la collecte, justifié par la Maison Blanche au nom de la lutte antiterroriste.
« America First »
Ce tour de vis intervient à l’approche de la Coupe du monde 2026, coorganisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, qui doit attirer des centaines de milliers de supporteurs étrangers. Le président Trump applique désormais son credo « America First » au tourisme : après la hausse du prix d’entrée des parcs nationaux pour les non-résidents, la surveillance s’étend aux traces numériques des voyageurs.
Livrer cinq ans de sa vie en ligne
Ces restrictions s’ajoutent à un contexte déjà défavorable. Le secteur touristique américain subit une baisse continue des arrivées internationales, alimentée par l’image dissuasive d’un pays devenu méfiant envers ses visiteurs. L’US Travel Association anticipe un recul supplémentaire de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024. L’obligation de livrer cinq ans de vie en ligne risque de renforcer encore le mouvement.
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