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L’Espagne ouvre le bal électoral en Europe, la place de l’extrême droite est en jeu

publié le 06/10/2026 par Pierre Haski

Avec les élections anticipées en Espagne, une séquence décisive s’ouvre en Europe. Au cœur des scrutins : la place de l’extrême droite, l’avenir de l’Union et le soutien à l’Ukraine

Photo : La crise du logement en Espagne a provoqué une manifestation de masse samedi à Madrid, et une crise politique. ©AFP – Enrique Romanos Tardío : NurPhoto : NurPhoto via AFP

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a convoqué des élections anticipées le 29 novembre, ouvrant le bal électoral qui gagnera en 2027 la France, l’Italie, la Pologne… A Chaque fois, la place de l’extrême droite sera disputée, avec ses conséquences sur l’Europe et le soutien à l’Ukraine.

Une fois de plus, l’Europe voit son avenir soumis à quelques scrutins importants dans les prochains mois. On pensait que ces élections allaient s’étaler sur 2027 : la « saison » électorale commence en fait plus tôt, avec la décision de Pedro Sanchez, le chef du gouvernement socialiste espagnol, de convoquer des élections anticipées le 29 novembre.

Mais l’Espagne ne sera pas la seule à voter. La France, l’Italie, la Pologne, pour ne citer que les principaux, auront des élections déterminantes l’an prochain. Déterminantes parce qu’à chaque fois, il y a un mélange complexe d’enjeux locaux, et globaux.
En Espagne, c’est la colère sur la question du logement qui est à l’origine de la crise politique. La majorité sortante était très mince, à négocier à chaque vote, et le rejet d’un plan gouvernemental sur le logement, en réponse à une colère populaire massive, a précipité la rupture. En position de faiblesse dans les sondages, Pedro Sanchez mise sur son talent politique pour créer la surprise, et éviter une véritable rupture.

Les sondages donnent l’avantage, à ce stade, à l’opposition de droite traditionnelle, le Parti populaire ; mais qui, pour avoir la majorité, risque d’avoir besoin de s’allier à l’extrême droite de Vox. Ce qui serait une première depuis la fin de la dictature.
Un tel tournant en Espagne aurait des conséquences intérieures, mais aussi internationales. Pedro Sanchez a pris des positions très tranchées face à Donald Trump, sur la question palestinienne, et dirige un des derniers partis socialistes au pouvoir en Europe.
L’entrée de Vox aurait des répercussions sur le continent, car la place de l’extrême droite figure au centre de tous les scrutins à venir.

En France évidemment, avec Marine Le Pen et le Rassemblement national qui font la course électorale en tête ; en Italie où Giorgia Meloni, est désormais défiée par plus à droite qu’elle, en la personne de l’ancien général Roberto Vanacci qui l’accuse d’avoir « trahi » ses engagements d’extrême droite ; ou encore en Pologne où le parti ultraconservateur Droit et Liberté, le PiS, veut sa revanche sur les libéraux de Donald Tusk actuellement au gouvernement, mais doit composer lui aussi avec une surenchère d’extrême droite, la Confédération Liberté et indépendance.

Cette poussée à droite n’est pas sans conséquences sur l’Europe. Son impact serait de deux ordres : sur la construction européenne elle-même, et sur le soutien à l’Ukraine.

Si l’extrême droite accédait aux leviers du pouvoir, totalement comme en France avec la présidence, ou en force d’appoint dans des coalitions comme en Espagne ou en Italie, elle ne manquerait pas de peser sur les deux sujets. Le RN français ou Vox en Espagne, sont les alliés de Viktor Orban, l’ancien dirigeant hongrois défait au printemps, qui voulait changer le cours de l’Europe de l’intérieur, revenir à une Europe des nations réduite aux acquêts.

Ces partis se sont également prononcés pour l’arrêt de l’aide à l’Ukraine –« nous n’en avons plus les moyens », dit Marine Le Pen qui place le débat sur les finances publiques pour ne pas avoir l’air de faire un cadeau au Kremlin. Le général Vanacci en Italie s’est lui aussi prononcé contre l’aide à l’Ukraine là où Meloni est restée dans le consensus européen.
L’Espagne ouvre donc le bal électoral, et l’Europe retient son souffle.


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