L’hiver sera terrible, a prévenu Zelensky, mais cela ne fera pas céder les Ukrainiens
Volodymyr Zelensky a prévenu hier que l’Ukraine n’avait « pas d’autre choix » que de rendre l’hiver douloureux pour la Russie également
L’escalade est donc inévitable, après plus de quatre ans de guerre.
Volodymyr Zelensky a été clair hier à la tribune des Nations unies : « Nous savons que l’hiver sera difficile et nous n’aurons d’autre choix que de rendre cet hiver douloureux pour la Russie également ».
De fait, septembre, qui n’est pas encore terminé, est le pire mois en termes de bombardements russes à Kiev après les premières semaines de guerre en 2022. La Russie lance quasiment chaque jour sur la capitale ukrainienne et d’autres centres urbains des missiles balistiques et des drones Shahed désormais dotés de réacteurs, impossibles à intercepter par la défense anti-aérienne ukrainienne à ce stade.
Les cibles sont civiles, infrastructures énergétiques, immeubles d’habitation, et même hier l’une des principales usines de médicaments d’Ukraine, qui constituent toutes des crimes de guerre potentiels si le droit humanitaire international avait encore un sens.
La seule défense dont dispose l’Ukraine, c’est sa capacité à porter la guerre en profondeur en territoire russe, y compris en début de semaine à Moscou. Avec 45% des raffineries russes atteintes, et plusieurs entrepôts de l’Amazon russe, les drones ukrainiens ont fait entrer la guerre dans le quotidien des Russes ; et la phrase de Zelensky hier laisse entendre que ce n’est pas terminé, malgré les remous que cela provoque.
Donald Trump a expressément demandé à l’Ukraine de ne plus cibler le secteur énergétique russe, laissant entendre qu’elle serait à l’origine des problèmes du diesel dans le monde, oubliant qu’il avait déclenché une guerre dans le Golfe.
Pour montrer sa bonne volonté, Volodymyr Zelensky a proposé un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques, à condition qu’il soit réciproque. Une proposition soutenue mardi par Emmanuel Macron à la tribune des Nations Unies, mais que Moscou n’a même pas commentée.
Hier, devant le Conseil de sécurité, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, s’est contenté de dire qu’il n’y aurait « pas de trêve dans l’opération militaire spéciale », reprenant l’euphémisme russe pour qualifier l’invasion de l’Ukraine. Cette intransigeance russe tient au fait que la Russie connait la faiblesse ukrainienne actuelle en moyens de défense anti-aérienne, et est engagée dans une escalade militaire contre l’Ukraine et ses alliés européens.
Lors de la réunion du Conseil de Sécurité hier, l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, s’est adressé aux deux parties : « N’élargissez pas la guerre, a-t-il dit. N’allez pas plus loin. Reconnaissez qu’il n’y a pas de solution militaire à ce conflit et reprenez les négociations. »
Mais ce vœu pieux ne s’accompagne pas des pressions véritables qui pourraient amener au compromis une Russie arcboutée sur ses exigences maximalistes. L’administration Trump se fait balader depuis dix-huit mois par Vladimir Poutine ; et même si Donald Trump a signé il y a quelques jours les sanctions contre la Russie préconisées avant sa mort par le sénateur Lindsay Graham, un proche du président, il n’est pas encore évident qu’il soit disposé à les utiliser.
Trump reste toujours sensible aux sirènes de Moscou, au potentiel de business qu’il entrevoit en Russie, même s’il n’a fait aucun progrès là où il se vantait de régler la guerre « en 24 heures ». Hier, il l’a même invité au G20 de Miami en décembre, ce qui constituerait une première depuis sept ans. L’hiver sera donc terrible pour les Ukrainiens, mais ils savent qu’ils n’ont pas d’autre choix que de tenir, face à un adversaire qui veut faire disparaître leur pays.
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