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Midterms : panique chez les Républicains

publié le 23/10/2026 par Pierre Feydel

Trump, un soutien devenu boulet. À l’approche des midterms, des candidats républicains cherchent à sauver leur siège en prenant leurs distances

Photo : A la tête des sénateurs républicains, John Thune dirige aussi l’action du fonds conservateur Senate Leadership Fund. – CQ Roll Call/Sipa Press

L’échéance approche à toute vitesse. Les midterms, ces élections américaines à mi-mandat présidentiel, auront lieu le 3 novembre, dans moins de quinze jours. Et le moins que l’on puisse dire est qu’elles ne s’annoncent pas favorables à Donald Trump, qui risquerait de perdre la majorité dans les deux assemblées du Congrès, la Chambre des représentants et le Sénat. Aujourd’hui, la cote de popularité du président des États-Unis culmine à 31% des sondés dans les enquêtes d’opinion. Il a encore perdu 1% en un mois. Les mêmes sondages annoncent le vote de 47% des électeurs en faveur des Démocrates et 35% pour les Républicains.

L’inflation a atteint 3,70% en septembre

L’écart ne cesse d’augmenter en faveur de l’opposition. Donc rien ne va plus dans le camp des Républicains, où apparaissent ici et là des phénomènes de panique. Il est vrai que la situation économique est mauvaise. L’inflation a atteint 3,70% en septembre, 0,3 point de plus qu’en août. Elle est, comme en Europe, largement due à l’explosion des prix des carburants. Le diesel a atteint un record historique à 6,06 dollars le gallon, soit 1,6 dollar le litre. Depuis le début de la guerre en Iran, le prix des carburants a bondi de 25%.

Le pouvoir d’achat, talon d’Achille de Trump

Les Américains ont donc des problèmes de pouvoir d’achat, très éloignés de la prospérité promise par Donald Trump. Or, ce sera le point déterminant du vote. Et déjà, les sondages sont très défavorables en ce qui concerne l’adhésion à la politique économique de Trump. D’ailleurs, plusieurs aspects des positions de l’administration républicaine n’ont pas vraiment les faveurs de l’opinion. La politique anti-immigration est en majorité approuvée, mais pas les exactions de l’ICE, la police des frontières.

La guerre en Iran est presque unanimement désapprouvée. Jusqu’au soutien du président au développement de l’intelligence artificielle qui est contesté. Non seulement en raison des risques sur l’emploi, mais aussi à cause des constructions des énormes data centers, grands consommateurs d’eau et d’électricité, ce qui inquiète les populations concernées. La désapprobation gagne les rangs républicains. Au-delà de l’électorat, c’est le parti lui-même qui renâcle.

Le soutien du président devient encombrant

Le moins que l’on puisse dire est que la politique de rapprochement de Trump vers Poutine, l’annulation des sanctions, n’est pas appréciée dans une formation traditionnellement antirusse, plus encore que l’ensemble de l’opinion américaine. 50% des Américains considèrent la Russie comme une ennemie et 85% en ont une opinion défavorable. Dans ce climat délétère, nombre de candidats républicains aux élections des midterms considèrent Donald Trump comme un sérieux handicap. Ils ne raffolent pas de son soutien et ne souhaitent pas vraiment sa venue à leurs meetings. Plusieurs d’entre eux ont boycotté la grande convention du parti en septembre.

Le gouverneur du Texas, candidat à sa réélection, Greg Abbott, a refusé d’accompagner Donald Trump sur scène, prétextant « un emploi du temps trop chargé »… Susan Collins, dans le Maine, a expliqué ne pas être la « sénatrice préférée » de Donald Trump. Le candidat au poste de gouverneur de Floride, Byron Donalds, a supprimé dans ses documents de campagne les références au soutien du président.

« Mes candidats préféreraient attraper le Covid plutôt que d’y aller »

D’autres, qui briguent un siège à la Chambre des représentants en Arizona, en Iowa, au Missouri, se sont défilés de la même façon. Un organisateur de campagne républicain, sous couvert d’anonymat, a déclaré à Politico que si le président se rendait dans un État indécis pour tenir un meeting : « Mes candidats préféreraient attraper le Covid plutôt que d’y aller. » Pendant les quinze premiers jours de septembre, seulement quinze spots télévisés de la campagne républicaine sur près de 500 ont mentionné le chef de l’exécutif, devenu visiblement un boulet pour les Républicains.

Mais comment le repousser sans se couper de la base MAGA ? Et comment ne pas trop s’en éloigner sans perdre les voix des indépendantistes et des électeurs républicains non MAGA ? Difficile exercice d’équilibriste. Pourtant, selon l’agence Reuters, les deux tiers des candidats républicains en compétition serrée avec leurs adversaires démocrates se sont éloignés des positions de Trump et ont minimisé leurs liens avec lui.

Au Texas, la campagne dérape

Le président pense néanmoins qu’il peut gagner les élections à lui tout seul. Il parcourt frénétiquement le territoire de l’Union, distillant des contre-vérités quant aux succès de sa politique économique. Il s’est rendu quatre fois au Texas, État traditionnellement très républicain, mais où ses candidats sont sérieusement menacés. Là encore, il n’est pas sûr que sa venue soit un atout. À tel point que certains perdent leur sang-froid. Dans cet État, Ken Paxton affronte le jeune démocrate James Talarico, un pasteur, coqueluche des médias, étoile montante des Démocrates sur un discours très moral — un retour aux valeurs de l’Évangile — et très social — des attaques féroces contre les milliardaires de la tech et leur pouvoir ?

Le presbytérien est brillant, charismatique en public, son adversaire terne, emprunté. Candidat démocrate, il avait disparu. Le Républicain a raconté qu’il avait été interné en psychiatrie, apportant de fausses preuves d’un déplacement en avion. Une pure fake news. Il s’était tout simplement reposé, chez lui. Et il a eu beau jeu, en réapparaissant à la télévision, de brocarder les manœuvres dilatoires de son concurrent. Un épisode qui montre à quel point les Républicains s’affolent.

Des millions pour sauver les sièges menacés

Mais la preuve de leur immense inquiétude est sans doute les sommes pharamineuses que le parti injecte dans les circonscriptions où il risque de perdre. Jusqu’à 200 millions de dollars dans certains États. Et c’est justement le cas du Texas.


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