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Nucléaire : Kim Jong-un, le dictateur radioactif qui défie la planète

publié le 15/05/2026 par grands-reporters

Entre fuite en avant nucléaire et répression systématique de sa population, la Corée du Nord accélère sa militarisation sous la direction de Kim Jong-un qui parie sur le silence du monde

Photo : 8 septembre 2023, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un lors du lancement du premier sous-marin nucléaire d’attaque tactique du pays au chantier naval de Sinpho. Photo : KCNA/UPI

Un plan militaire qui défie les résolutions de l’ONU

Devant le Conseil de sécurité en avril 2026, la cheffe des affaires politiques de l’ONU, Rosemary DiCarlo, a dénoncé le nouveau plan quinquennal de développement militaire lancé par Pyongyang en février lors du 9e Congrès du Parti des travailleurs, en violation de multiples résolutions. Ce programme prévoit un renforcement continu des capacités nucléaires et balistiques de la République populaire démocratique de Corée, plus connue sous le nom de Corée du Nord. Kim Jong-un a affirmé que les forces armées joueraient un rôle « exceptionnel » au cours des cinq prochaines années.

La stratégie du régime consisterait à investir dans de « nouveaux arsenaux secrets » et dans des moyens militaires toujours plus sophistiqués, sapant les efforts globaux de désarmement et le Traité sur la non-prolifération. Elle rappelle que le dispositif de sanctions ciblées, mis en place depuis 2006, est fragilisé par l’absence de consensus au Conseil depuis le veto russe de 2024 sur le renouvellement du groupe d’experts chargé de les surveiller.

Expansion massive de la production d’armements

La militarisation ne reste pas théorique. Fin 2025, Kim Jong-un a ordonné une intensification spectaculaire de la production militaire, exigeant « l’expansion et la modernisation » de la production de missiles et la construction de nouvelles usines de munitions. Le dirigeant a souligné que « le secteur de la production de missiles et d’obus est d’une importance capitale pour renforcer la dissuasion militaire », révélant ainsi ses objectifs à long terme.

En mars 2026, lors de l’inspection d’un nouveau destroyer, Kim Jong-un a exprimé la nécessité de construire « chaque année deux navires de guerre de la même classe ou de niveau supérieur au cours des cinq prochaines années ». Le régime a également présenté un sous-marin à propulsion nucléaire pesant 8 700 tonnes, qu’il prévoit d’armer de missiles stratégiques.

Missiles, matières fissiles et violations en série

Sur le terrain, la militarisation se traduit par une succession de tirs et d’essais qui entretiennent la tension dans la péninsule. Tout au long de 2025 et au début de 2026, la Corée du Nord a poursuivi des lancements de missiles balistiques de courte portée, de roquettes multiples, de missiles de croisière stratégiques à longue portée et de missiles antinavires. Kim Jong-un a également supervisé des essais de nouveaux missiles antiaériens à longue portée et haute altitude au-dessus de la mer du Japon.

Parallèlement, l’Agence internationale de l’énergie atomique s’inquiète d’une augmentation très nette de la capacité de production de matières fissiles sur le site de Yongbyon. Des images satellites montrent également des navires chargeant des cargaisons interdites en Corée du Nord, dessinant un « schéma continu » de violations des sanctions plutôt qu’une série d’incidents isolés.

La stratégie du « byungjin »

La doctrine militariste de Kim Jong-un repose sur la stratégie du « byungjin », qui consiste à mener de front développement économique et nucléaire. Cette approche vise à développer « une force nucléaire d’autodéfense à la fois en termes de qualité et de quantité », tout en maintenant officiellement que la Corée du Nord ne ferait usage de ses armes nucléaires que si sa souveraineté est menacée par une autre puissance nucléaire. Selon les analystes, ces tests visent également à améliorer les capacités de frappe de précision, défier les États-Unis et la Corée du Sud, et tester des armes avant d’éventuelles exportations vers la Russie.

Une « crise des droits humains » reléguée au second plan

Sur le front intérieur, le constat est tout aussi alarmant. En déplacement à Séoul, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, qualifie la situation en Corée du Nord de véritable « crise des droits humains », dénonçant le silence et l’indifférence qui entourent ces violations de longue durée. Son bureau continue de recueillir des informations sur des abus graves et systématiques, dont certains pourraient relever de crimes contre l’humanité.

Volker Türk rapporte les propos d’un défenseur des droits humains selon lesquels le régime nord-coréen parie sur le fait que l’attention du monde s’est détournée, jusqu’à rendre ce silence permanent.

Vies brisées, familles séparées, traumatisme durable

À Séoul, le Haut-Commissaire a entendu le témoignage d’une mère qui n’a pas revu ses enfants depuis plus de dix ans, emblématique de familles déchirées par la frontière et condamnées à l’incertitude. Un autre récit évoque un fils qui redoute que sa mère, ayant fui la Corée du Nord avant d’être vendue comme « épouse » en Chine, ne soit renvoyée de force.

Ces histoires disent le traumatisme intergénérationnel vécu par des réfugiés qui tentent de reconstruire leur vie en Corée du Sud, tout en restant prisonniers de la nostalgie et de la peur pour leurs proches. Pendant ce temps, Kim Jong-un poursuit sa fuite en avant militariste, défiant impunément les résolutions internationales.


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