Pluie de missiles sur Israël : une nuit de feu et d’alerte
150 missiles, trois morts, une soixantaine de blessés, des immeubles civils détruits… Les vagues successives d’attaques de missiles iraniens ont envoyé la population aux abris toute la nuit
Une riposte saluée : Israël frappe au cœur du pouvoir iranien
Les annonces des résultats spectaculaires obtenus pendant la première nuit du conflit avaient été reçues favorablement par une population globalement satisfaite qu’on se décide enfin à répondre avec détermination à un régime des mollahs qui se voue depuis sa création à la destruction de l’État d’Israël.
Cibles éliminées : commandos et renseignement à l’œuvre
La sophistication des moyens mis en œuvre pour neutraliser en une seule nuit, dans leurs bunkers, les figures les plus importantes de l’armée et des Gardiens de la révolution, rappelait la liquidation réussie du chef du Hamas, Ismaël Haniyeh, dans sa résidence « protégée ».
La précision avec laquelle des experts nucléaires importants avaient également été éliminés la même nuit dans leur sommeil révélait l’ampleur du renseignement israélien de terrain, mis en place depuis des années grâce à l’appui et à l’implication de nombreux opposants au régime iranien actuel.
L’euphorie israélienne face à une opération d’envergure
Mais ce qui a le plus surpris et enchanté la population israélienne, c’est l’annonce faite par les médias, confirmée et documentée par le ministère de la Défense, que les premiers bombardements israéliens avaient été précédés d’opérations de commandos sur le territoire iranien, préparées de longue date par le Mossad.
L’heure des comptes : quelle stratégie pour quel résultat ?
Mais dans les jours qui viennent, va apparaître de plus en plus la nécessité de mettre les résultats obtenus et les coûts associés en face des objectifs annoncés de cette confrontation avec l’Iran des mollahs.
Car si Israël fait la démonstration de ses capacités d’initiative ou de réponse militaire, les résultats politiques se font attendre.
Gaza : le Hamas toujours debout, les otages toujours absents
Depuis le 7 octobre 2023, malgré une campagne militaire acharnée et les pertes considérables infligées à la population civile, tous les otages n’ont pas été libérés et le Hamas impose toujours son contrôle sur Gaza.
Hezbollah, Syrie, Daech : fronts gelés, menaces persistantes
Un équilibre fragile est en place au Liban, mais si le Hezbollah semble neutralisé, il conserve toujours une capacité de nuisance militaire.
Le régime dictatorial de Bachar el-Assad est tombé en Syrie, mais si le nouveau pouvoir islamiste en place s’efforce de rassurer et de donner des garanties à la communauté internationale, rien n’indique que les conflits ethniques latents en Syrie ne vont pas favoriser l’émergence d’un nouveau Daech aux portes d’Israël.
Netanyahou relance la guerre pour sauver sa majorité
Alors que tous ces conflits restent ouverts à cause de l’absence de vision stratégique de sortie, Benjamin Netanyahou a choisi ce moment, qu’il jugeait propice, pour lancer une confrontation militaire supplémentaire avec l’Iran.
Les critiques s’accumulaient sur sa gestion du conflit à Gaza et la non-libération des otages survivants. Malgré un rattrapage parlementaire de dernière minute, sa majorité politique présentait les premiers signes de dislocation.
Trump marginalisé : l’Amérique dans l’embarras
Donald Trump continuait à faire la démonstration de son incompétence criante dans la gestion de crise avec des régimes autoritaires, et multipliait les déclarations inconséquentes et contradictoires sur ses négociations avec le régime des mollahs, tout en se permettant de faire pression pour qu’une issue soit trouvée avec le Hamas à Gaza.
La bombe A iranienne : menace réelle ou écran de fumée ?
En transformant les dernières alertes de l’AIEA sur le programme iranien d’enrichissement d’uranium en information statuant que l’Iran était sur le point de fabriquer ses premières bombes A, Netanyahou s’est permis d’humilier Trump, en le mettant devant le fait accompli d’une intervention militaire souvent annoncée et encore jamais réalisée avec cette ampleur.
L’Histoire dira si cette menace de mise au point de l’arme atomique était réelle ou si elle était identique aux annonces « imminentes » régulièrement émises depuis presque 20 ans.
Une opinion israélienne en attente de victoire claire
Mu par ses impératifs de survie politique, Netanyahou a pris une lourde responsabilité qu’il devra cette fois assumer, à la différence du 7 octobre.
Pour le moment, et malgré les annonces que cet épisode militaire pourrait durer plusieurs semaines avec des risques de dommages conséquents, l’opinion publique fait preuve de sang-froid. Elle est portée, toutes tendances politiques confondues, par l’espoir que l’Iran soit mis hors-jeu d’une façon ou d’une autre.
Deux issues, un chaos : effondrement ou statu quo sanglant
Si les scénarios possibles sont multiples, deux options semblent les plus probables.
Soit Israël réussit à entraîner les États-Unis dans cette guerre, et le régime des mollahs en sortira affaibli, sinon renversé, au grand soulagement du peuple iranien. Benjamin Netanyahou pourra alors aborder avec confiance les prochaines échéances électorales en portant à son crédit la liquidation de « l’axe du mal », et en faisant oublier ses responsabilités dans les massacres du 7 octobre perpétrés par un Hamas qu’il avait financé.
Soit l’ampleur des dégâts subis des deux côtés, et la lassitude des autres pays impliqués, amèneront à une non-victoire des deux camps. Chacun des antagonistes prendra alors le temps de reconstituer ses forces pour la prochaine « échéance ». Et la question restera posée des souffrances restant à endurer de chaque côté, pour que les populations concernées réalisent qu’elles n’ont pas les dirigeants qu’il leur faudrait.
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