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Prix Albert Londres : le palmarès complet

publié le 27/10/2026 par grands-reporters

Bruno Meyerfeld (écrit) , Brice Lambert (audiovisuel) et Arthur Sarradin ( livres ) , lauréats du Prix Albert Londres 2026

Le jury félicite l’ensemble des journalistes de la présélection, ils et elles, présents sur les terrains de l’information, continuent de porter avec talent leur plume dans les plaies du monde, n’en déplaise aux détracteurs de la vérité des faits. 

88e Prix de la presse écrite : Bruno Meyerfeld 

pour ses articles sur les peuples indigènes au Brésil (Le Monde)

« Tous les chemins de l’Amazonie semblent converger vers elle. ῝Je suis la dernière !῞, proclame la matriarche, prénommée Rita. […] Alors qu’ils étaient plusieurs centaines voilà quelques décennies, les Piripkura, peuple papillon, ils ne sont désormais plus que trois sur terre : elle, son frère et son neveu. Leur fin est écrite. Elle ne durera guère plus qu’un battement d’ailes. » 

Il y a de l’Albert Londres dans ces récits. Avec poésie, Bruno Meyerfeld n’élude pas les violences subies par les Amérindiens, dans les territoires les plus reculés de l’Amazonie. On aurait tort de penser que les tragédies subies par ces peuples indigènes ne nous concernent pas.

Bruno Meyerfeld, 35 ans, diplômé de Sciences Po Paris, est journaliste indépendant. Il a travaillé comme correspondant du Monde au Brésil (2019-2026) et au Kenya. Il a également été reporter en Chine, en Indonésie, au Liban, en Somalie, au Soudan du Sud, en Ouganda, aux États-Unis, en Lituanie, sur l’île de Pâques, au Danemark et en France, pour Le Nouvel Obs, Mediapart, L’Orient-Le Jour, Radio France, RTS, RFI… Son travail, largement consacré aux enjeux environnementaux, et déjà présélectionné deux fois aux Prix Albert Londres, s’est particulièrement attaché à couvrir l’Amazonie et les populations qui l’habitent. 

42e Prix de l’audiovisuel : Brice Lambert 

Sexe faible, l’Amérique en guerre contre ses femmes (Arte, Studio fact presse). 

La Servante écarlate de Margaret Atwood n’est pas loin. Le recul des droits dans cette démocratie occidentale phare interroge. Ce film dépasse l’Amérique de Trump pour parler de la débâcle morale du pays, enkystée par un fanatisme religieux, une misogynie structurelle, un masculinisme viral… La monstruosité de certains hommes à l’égard des femmes est effarante. Des ambiances talibanes ne sont pas réservées à l’Afghanistan. 

Brice Lambert, 40 ans, diplômé du CUEJ de Strasbourg a travaillé pour Libération, France Télévisions, Slate, LCP, Canal +, Society. Il est l’auteur-réalisateur de nombreux reportages à l’international (Ukraine, USA, Israël, Zimbabwe, Laos, Kenya, Birmanie…).

10e Prix du livre : Arthur Sarradin 

Le Nom des ombres. Sortir de l’enfer concentrationnaire syrien (Ed. du Seuil). 

Un journaliste rare avec une maturité étonnante, un sens de l’écriture et de la narration, un amour de la langue qui forcent le respect. Ses écrits laissent des images et des voix dans nos têtes. Il y a dans ce livre des échos de Svetlana Alexievitch, de L’Archipel du goulag de Soljenitsyne, de Si c’est un hommede Primo Lévi. Un livre pour l’Histoire. 

Arthur Sarradin, 26 ans, diplômé de l’Université St Joseph de Beyrouth, est correspondant Proche-Orient de Libération, Radio France, TF1/LCI, Radio Canada, RTS (Suisse), Paris Match, RTL (Belgique), TV5 monde, FM93 (Québec).