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« Professeur Mira, je vous en conjure, restez debout face à la meute. »

Questions-réponses publié le 21/04/2020 | par grands-reporters

Bonjour, je voudrais vous faire part d’une lettre ouverte au Professeur Jean-Paul Mira, chef du service de réanimation de l’Hôpital Cochon, que j’ai rédigée, suite à la polémique de l’émission LCI.
J’ai lu ce matin la chronique de Jean-Paul Mari… sur l’hôpital, peut-être cette lettre alimentera t-elle son propos ? je vous remercie d’en prendre connaissance


Commentaire
Professeur Mira, je vous en conjure, restez debout face à la meute.
Lettre ouverte à Monsieur le Professeur Jean-Paul Mira, chef du service de médecine interne et de réanimation de l’hôpital Cochin
Vous ne me connaissez pas, et je ne vous connais pas
Je ne suis ni médecin, ni spécialiste de quoi que ce soit, j’écoute le monde.
La violence du déferlement de colère suite à vos propos du 2 avril 2020 sur le plateau de LCI lors du débat avec le Pr Camille Locht, chercheur à l’Inserm, lorsque vous envisagez de tester la vaccination en Afrique, m’a interpellée. Très certainement, les propos directs sur un plateau télé évoquant les modalités de la recherche, les essais et erreurs ne pouvaient pas être entendus par des oreilles exercées à débusquer le racisme, là où il est, mais aussi, là où il n’est pas.
En l’occurrence, les propos n’étaient pas racistes, et l’« anti-racisme » a trouvé son bouc emissaire
Je ne vous connais pas mais votre pratique médicale associée à votre spécialité de réanimateur font que je suis intimement convaincue que vous travaillez pour la vie, et et en ce moment, quoi de plus précieux et menacé ?
Je ne vous connais pas, mais je suis héritière d’une famille de résistants épris de justice, dans le Nord de la France, pendant la guerre 39-45, j’ai été baignée de leurs récits, et l’ardeur de leurs convictions.
Le sujet de la discorde c’est la vaccination et pourtant,
Lors de la violente épidémie d’Ebola qui sévissait en Afrique, un vaccin a été trouvé et validé en 2018, 15 ans après le début de l’épidémie, alors qu’il a été administré à 250 000 personnes, dont 60 000 soignants, avant toute reconnaissance officielle. Il a contribué, on ne peut que s’en réjouir, à ralentir la diffusion de la maladie. La recherche a bien évidemment trouvé son terrain en Afrique. Ce vaccin ne couvre pas toutes les formes du virus et la recherche continue.
Jusqu’avant le basculement Covid 19, nous étions en France dans un confort sanitaire relatif et ceux qui croyaient aux bienfaits de la nature, protestaient contre la vaccination obligatoire, les adjuvants, etc… qui mettraient notre santé en danger, niant l’efficacité contre la mortalité due à la rougeole, au tétanos, à la poliomyélite, à la tuberculose, à la variole. Ces vaccins sont administrés à toutes les populations du monde, avec le soutien de l’OMS. On ne verra plus ces gens se déplacer en fauteuil roulant, avec des béquilles, voire un skate de fortune, grâce au DTCoqPolio.
Tout peut être manipulé dans tous les sens, décortiqué, déformé. La peur panique devant la diffusion rapide du virus, la crainte de ce qu’il va se passer en Afrique, sous équipée, mal préparée, peuvent expliquer la violence des pétitions déferlantes contre vos propos.
L’AP-HP vous a demandé des excuses, elle aurait dû vous soutenir dans cette adversité, mais celle-ci et le gouvernement ont bien d’autres préoccupations avec les masques, les blouses, les tests et le manque de moyens. L’inserm a soutenu son chercheur, l’OMS, partis politiques et associations ont soufflé sur les braises, participant de la vindicte générale.
Professeur Mira, je vous en conjure, restez debout face à la meute.
Elisabeth Degon
Conservateur en Chef des bibliothèques publiques… Retraitée


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