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Semaine d’août de séjour à Conques en Aveyron : jour 1

publié le 19/09/2019 | par Jean-Paul Mari

Jour 1, dimanche : La magie de Conques.

C’est un fait. Tout arrivant à Conques, qu’il soit touriste, pèlerin ou migrant, fait le même geste en arrivant ici. On écarte les bras en prenant une grande inspiration et on expire en regardant la vallée devant soi. Comme si on retrouvait quelque chose de perdu depuis trop longtemps ou qu’on était enfin arrivé chez soi. « Les montagnes ! C’est Massawa, mon pays, c’est pareil ! » s’enthousiasme Samuel l’Erythréen. Bon, il exagère un brin. Massawa, je connais, c’est un port au bord de la mer Rouge, un chaudron à soixante degrés en été et des montagnes rouges et pelées. Mais, à y regarder de plus près, la forme des montagnes, la vallée encaissée, la rivière au fond… « Ah oui, c’est vraiment comme au pays », confirme Medhanie, l’autre Érythréen.

Conques est universelle. Son nom de coquillage, dit sa forme creuse et ronde, et son esprit, Conques la matrice qui accueille et recueille ceux qui s’y lovent en toute sécurité. Et en plus, c’est d’une beau ! Une architecture sophistiquée, un monument au mètre carré, une Abbaye qui mérite sa majuscule et le rempart de la montagne qui encadre des chemins pavés, façon chemin de ronde médiéval, et qu’on parcourt le soir comme un parcours intérieur.

Pour l’heure, il s’agir de nourrir la troupe. La cuisine de l’Abbaye est aveyronnaise, donc paysanne et roborative. Un régal, certes mais il faut répondre à nos particularités. Entre les vrais carnivores, les végétariens, avec ou sans poisson, les strictement Végan et quelques rares omnivores, il y a de quoi faire dresser les bigoudis sur la tête de la cuisinière ! Tout s’arrange. Et le repas terminé, les épuisés filent vers une petite sieste. Les autres restent à l’ombre. La météo est splendide mais la chaleur a des relents d’Afrique.

En fin d’après-midi, Frère Pierre-Hadrien nous entraine faire le tour des hommes d’art du village. Un artisan bijoutier, un forgeron, un sellier, un chapelier, un graveur sur papier, un atelier de soudure sur verre, or et argent, la magnifique librairie de Marie-Geneviève…on est reçu partout avec un grand sourire.
Explication : après une conférence sur les migrants et la création de LIMBO, les gens d’ici ont créé une association « Bienvenue à Conques ». C’est elle qui, entre autres, a favorisé l’installation de la famille de Biede, l’Erythréen installé au bas du village. Dans les rues en pente raide, on a un peu de mal à suivre Pierre-Hadrien, pourtant en simples sandales et lourde robe de moine. D’ailleurs, il doit s’envoler pour remplir son office. Et c’est Sonia la togolaise, déjà venue, qui nous guide sans hésitation pour le reste de la visite. Elle insiste sur la magie des papiers d’art gravés. Et rendez-vous est pris avec …pour un atelier démonstration ce mercredi.

Le dîner nous attend à l’Abbaye. Devant le réfectoire, la cour est encombrée des chaussures et des bâtons de marcheurs qui font le pèlerinage à Compostelle. Des semaines, parfois des mois de marche.
En soirée, la famille de Biede, notre chauffeur du matin, nous a invités dans leur jardin pour le dessert de l’anniversaire du fils aîné. On y retrouve ceux de l’association « Bienvenue à Conques ». Dont Yves et sa compagne, musiciens spécialistes d’instruments traditionnels. Il est presque minuit. Les épuisés se sont effondrés sur leurs lits mais les autres – dont l’inépuisable Frère Pierre Hadrien – dansent toujours en rond, en se tenant par la main, sous la lune et au son d’une vielle médiévale.

Depuis combien de temps sommes-nous à Conques ? Une semaine ? Non, à peine moins de vingt-quatre heures !

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