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Sénégal : guerre contre les homosexuels

publié le 25/02/2026 par grands-reporters

Au Sénégal, le gouvernement veut nettement durcir les peines de prison réprimant l’homosexualité

« Toute personne qui aura commis un acte contre-nature sera punie d’un emprisonnement de cinq à dix ans », a déclaré le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a annoncé devant les députés, mardi 24 février, avoir déposé un projet de loi durcissant les peines réprimant les relations homosexuelles dans le pays. Le texte doit être soumis au vote à une date encore indéterminée. « Toute personne qui aura commis un acte contre-nature », selon les mots d’Ousmane Sonko, « sera punie d’un emprisonnement de cinq à dix ans », contre un à cinq ans actuellement, a déclaré le Premier ministre lors d’une séance de questions à l’Assemblée nationale du Sénégal.

En outre, le projet de loi prévoit de sanctionner « toute personne qui aura fait l’apologie » de l’homosexualité, qui « sera punie d’un emprisonnement de trois à sept ans », a ajouté Ousmane Sonko. Le Sénégal, pays ouest-africain majoritairement musulman, est agité ces dernières semaines par une série d’arrestations de personnes, dont des célébrités, pour homosexualité présumée. L’organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé ces arrestations « en vertu de lois anti-LGBT sévères » et a réclamé au gouvernement leur libération.


🔎 Repères

Répression de l’homosexualité en Afrique

Plus de la moitié des 54 États africains criminalisent encore les relations entre personnes de même sexe, souvent sur la base de lois héritées de la période coloniale.

Les peines vont de plusieurs années de prison à la réclusion à perpétuité. En Mauritanie et dans certaines régions du Nigeria appliquant la charia, la peine de mort est prévue par la loi, même si elle est rarement appliquée.

En 2023, l’Ouganda a adopté l’une des législations les plus sévères du continent, avec de très lourdes peines, y compris la peine capitale dans certains cas dits « aggravés ». Des arrestations régulières sont signalées au Cameroun, au Kenya ou en Tanzanie.

À l’inverse, l’Angola, le Botswana ou le Mozambique ont dépénalisé ces relations. L’Afrique du Sud reste le seul pays du continent à reconnaître le mariage entre personnes de même sexe.


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