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Si mon ami Poutine le dit…

publié le 23/10/2025 par Jean-Paul Mari

Trump, un président sous influence


« No Kings ! » Pas de rois, ont scandé 5 à 7 millions d’Américains dans les rues de 2 600 villes. Un roi ? Les Américains n’en ont jamais eu. Mais quelques mois à peine du règne de Donald Iᵉʳ le fol ondulé ont brutalement donné corps à un pouvoir despotique oublié. Un roi, oui, mais lequel ?

 Pas forcément Charles VI de France, dit « le Fou », dément croyant être en verre. Donald Iᵉʳ, lui, se croit en acier trempé. Plutôt Louis X le Hutin, roi capricieux, obtus et sans vision, son bref règne marqué par l’injustice et les querelles internes, qui a annulé les réformes fiscales de son père, ruiné l’autorité royale et laissé un royaume déstabilisé. Avec une touche du dernier tsar, Nicolas II, obstiné, incapable de comprendre la misère du peuple et manipulé par Raspoutine. Donald Iᵉʳ a aussi son Ras-Poutine qu’il appelle « son ami ».

Au temps présent, nous sommes le 16  juillet 2018 au sommet d’Helsinki et le mot de sa majesté fait l’effet d’une bombe dans le royaume étoilé. Quand on lui demande ce qu’il pense de l’affirmation de ses propres services de renseignement sur la réalité de l’ingérence électorale russe, le président des États-Unis répond : « Poutine a dit qu’il n’a pas interféré. Je le crois. » Le reflet d’acier qui passe dans les yeux bleus de Poutine, présent à ses côtés, indique qu’il sourit. En Amérique, c’est le tollé, même chez les Républicains. Et le directeur du renseignement national, Dan Coats, réaffirme sa certitude de l’ingérence russe que l’enquête du procureur spécial confirmera plus tard.

Trump n’en est pas à son coup d’essai. En 2016, il reprend l’argumentaire de de Poutine sur la Crimée occupée : « les habitants préfèrent être avec la Russie » et affirme « Poutine n’ira pas en Ukraine »… alors qu’il y est déjà. Pendant sa campagne électorale, il lance « Russia, if you are listening… » en appelant Moscou à pirater Hillary Clinton.


En 2017, il reprend un thème complotiste russe accusant l’Ukraine d’avoir piraté les démocrates américains. Et valide l’argument russe sur la provocation de l’Europe et de l’OTAN dont l’extension aurait provoqué la guerre en Ukraine.


Arrivé au pouvoir, il met fin au programme anti-Assad de la CIA en Syrie, retire ses troupes en 2018 et abandonne les bases inoccupées à la Russie. En déclarant : « La Syrie peut recevoir l’aide le Russie. Ça me va. » Arrêtons-là

.Avec son ami Poutine-Raspoutine, la relation est affective, cordiale, parfois admirative. À la veille de l’invasion de l’Ukraine, il qualifie la stratégie de Poutine de « géniale ». Parfois, le voilà – rarement – « contrarié » ou « irrité », comme une diva amoureuse qui fait tout pour retrouver l’union avec « son ami Poutine ».

Dernier épisode en date, il a suffi d’un coup de téléphone avec Moscou pour que Trump refuse les Tomahawk à Volodymyr Zelensky, parlant d’un « échange formidable » qui a permis « de grands progrès » : « Je pense que le président [Vladimir] Poutine veut mettre un terme à la guerre. » Rien de moins. Et les deux hommes ont prévu de se retrouver pour une escapade à Budapest dans la Hongrie de Viktor Orbán : « C’est un leader que nous aimons bien », a dit Donald Trump.


En remerciement, Poutine a annoncé qu’il apporterait dans la corbeille de noces la vieille idée d’un tunnel, long de 112 km, entre les USA et la Russie à travers le détroit de Béring. Précisant que ce travail colossal pourrait être réalisé par l’entreprise… d’Elon Musk. Une magnifique sucette glacée sur laquelle Trump s’est jetée en parlant d’un projet « intéressant ». Un nouveau-né de leur union qu’on appellera le tunnel « Poutine-Trump ». Banco !

Si son ami Poutine le dit…


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