Soldats russes : une hécatombe « intenable »
Jusqu’à 25 000 soldats russes tués chaque mois en Ukraine : pour l’OTAN, Moscou approche d’un seuil critique, malgré ses réserves humaines
Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, les pertes humaines russes approchent d’un seuil jugé critique par le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte. Devant des parlementaires européens à Bruxelles, il a affirmé que de 20 000 à 25 000 soldats russes sont tués chaque mois sur le front, une situation qu’il estime « intenable » à long terme pour Moscou.[businessinsider]
« Je ne parle pas de blessés graves. Je parle de morts », a insisté Mark Rutte, en comparant ces chiffres à la guerre soviétique en Afghanistan, où environ 15 000 soldats avaient été tués en plus de neuf ans. « Aujourd’hui, ils perdent le même nombre, ou davantage, en un seul mois », at-il souligné, dénonçant des « quantités massives » de pertes.
1 100 soldats touchés chaque jour
Si la Russie refuse de publier un bilan officiel de ses pertes, les estimations occidentales dressent un tableau particulièrement sombre. Le ministère britannique de la Défense évalue à plus de 1,2 millions le nombre de soldats russes tués ou blessés depuis le début de l’invasion à grande échelle, soit en moyenne 1 100 militaires touchés chaque jour. Londres relève en outre une augmentation des pertes fin 2025, alors même que les gains territoriaux russes restaient limités, notamment autour de la ville très disputée de Pokrovsk, dans l’est de l’Ukraine.
Les responsables ukrainiens attribuent en grande partie cette hécatombe à l’utilisation du massif des drones sur la ligne de front. Selon eux, ces moteurs sont responsables d’environ 90 % des destructions humaines et matérielles, tout en rendant l’évacuation des blessés extrêmement difficiles. Des soldats occidentaux et ukrainiens estiment que la « golden hour », cette période cruciale d’une heure après la blessure durant laquelle les premiers soins peuvent sauver des vies, a « pratiquement disparues » dans ce conflit.[geo]
Des réserves humaines sous pression
Pour compenser ces pertes, la Russie peut compter sur un vivier de réservistes plus important que celui de l’Ukraine, mais elle peine néanmoins à renouveler ses effectifs. Selon l’analyste Kateryna Stepanenko, de l’Institut pour l’étude de la guerre, Moscou évite une mobilisation massive, jugée trop coûteuse politiquement, et s’appuie de plus en plus sur des réseaux de recrutement informels et des méthodes alternatives.
« Avant, le Kremlin se contentait de confier le recrutement aux centres militaires et aux autorités locales. Aujourd’hui, la question est devenue : « Où peut-on encore trouver des recrues ? », explique-t-elle. Sans réforme profonde de ce système, la Russie finira, selon elle, par « se heurter à un mur ».
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