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Trump vs Venezuela. La force pour abattre le régime de Maduro

publié le 12/12/2025 par Pierre Haski

Donald Trump fait du Venezuela le premier test de sa politique impériale sur le continent américain

Les États-Unis ont arraisonné un pétrolier vénézuélien, s’attaquant à la principale source de revenus du pays, une escalade dans leurs pressions pour abattre le régime de Maduro. L’opposante Maria Corina Machado, à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix, soutient les pressions américaines.

Le moment de vérité approche rapidement pour Donald Trump et Nicolas Maduro, le président des États-Unis et le chef du régime de Caracas. Tout est en place pour une confrontation qui a clairement pour but le changement de régime au Venezuela.

Dernier épisode militaire, l’arraisonnement d’un pétrolier vénézuélien au large des côtes du pays, par la marine américaine. Hier, Donald Trump a indiqué que l’équipage subissait des interrogatoires ; quant à la cargaison de pétrole, « eh bien je pense qu’on va la garder », a déclaré le président des États-Unis. Caracas a dénoncé un acte de piraterie de la part de Washington.
Au même moment, Maria Corina Machado, la dirigeante de l’opposition vénézuélienne, qui s’est enfuie du pays dans des conditions rocambolesques avec le soutien de Washington, a fait surface hier à Oslo. Trop tard pour recevoir le prix Nobel de la paix qui a été remis à sa fille ; mais elle a pris la parole pour apporter son soutien à la stratégie de pressions de Donald Trump sur le régime de Maduro.


Elle ne dit pas explicitement qu’elle approuve une option militaire, mais Maria Corina Machado se présente clairement en alternative, prête à assumer le pouvoir si les pressions américaines parviennent à déloger Maduro et son régime.
Les États-Unis n’ont pas assemblé le dispositif militaire nécessaire pour une invasion terrestre du type de celle qui a renversé le régime de Saddam Hussein en Irak en 2003. Il y a surtout aujourd’hui des forces maritimes et aéronavales considérables, dans la mer des Caraïbes et dans le Pacifique, de quoi imposer un blocus et frapper des cibles stratégiques dans le pays. Pour l’instant, les actions militaires ont eu lieu à l’extérieur, contre des bateaux, accusés de transporter de la drogue, faisant près d’une centaine de morts ; et désormais ce pétrolier saisi, menaçant les exportations du pays.


C’est conforme à la doctrine militaire de Trump, qui ne veut pas déclencher de guerre interminable, mais n’hésite pas à employer la force. Cette doctrine déconcerte certains de ses soutiens, qui pensaient qu’il s’abstiendrait de déclencher de nouvelles guerres. Un début de fronde est perceptible à Washington, même si ce sont les démocrates qui sont les plus vocaux pour dénoncer un Trump qui conduit le pays « comme un somnambule vers la guerre ».


Il n’y a aucun fondement légal à ces actions contre le Venezuela, quel que soit le rejet que suscite le régime de Maduro. Mais Donald Trump se moque du droit international qui ne doit pas entraver, selon lui, la liberté d’action de la puissance américaine.
Dans la Stratégie de défense nationale publiée la semaine dernière, on a beaucoup parlé du passage sur l’Europe. Mais l’Amérique latine a découvert le « corollaire Trump » à la doctrine Monroe : il s’agit de la remise au goût du jour de la politique énoncée il y a plus de deux siècles par le président James Monroe, affirmant le leadership des États-Unis sur l’hémisphère occidentale.

Cela signifie en 2025 le droit de combattre sur l’ensemble de l’Amérique, nord et sud, les trafics de drogues, l’immigration illégale, mais aussi les ingérences extérieures, notamment chinoises, sur le canal de Panama par exemple. « Revigorée par mon corollaire Trump, la doctrine Monroe est bien vivante, et le leadership américain fait son retour, plus fort que jamais », proclame Donald Trump – Le Venezuela constitue le premier test de sa politique impériale.


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