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Trump XIV, la folie sans la grandeur

publié le 15/04/2026 par Jean-Paul Mari

Arche à sa gloire, statues, jardin des héros, mur-frontière : Donald Trump se rêve en monarque de droit divin mais ne construit que son propre mythe en toc massif

Quand on triomphe, il convient de construire un arc, pensaient les Romains. Face à son «triomphe», Donald Trump a décidé de construire une arche de l’indépendance. Pour qui ? «Pour moi ». D’où un projet modeste, comme lui. Haut de 75 mètres, inspiré des arcs romains et de l’Arc de Triomphe français qu’il a eu le temps d’admirer lors d’un défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées, l’ouvrage sera décoré de statues – forcément – dorées, d’une figure ailée, d’aigles et de lions, et placé sur Columbia Island, en face de Washington. « Une œuvre magnifique », a souligné Donald l’esthète.

Sa majesté le fol ondulé a bien d’autres projets. Notamment celui du « National Garden of American Heroes », un grand jardin de 250 statues réalisées en l’honneur des grandes figures de l’histoire américaine. Et vlan à la campagne woke de déboulonnage des statues ! L’idée lui est venue en 2020 lors de son premier mandat. Sous Biden, le projet est mis en sommeil, puis annulé. Revenu au pouvoir, Trump le relance. Ce sera prêt dès 2026, promet le bon roi. Amazing guy ! Objectif ambitieux mais déjà conpromis.Bon, alors, avant la fin de son second mandat, c’est juré. Il le faut s’il veut voir sa propre statue érigée dans ce jardin mémoriel.

Autre projet, moins doré mais plus grillagé, le mur à la frontière Mexique–États-Unis. Il a déjà construit des centaines de kilomètres de barrière. Là encore, Joe Biden l’a ralenti puis arrêté. Le nouveau Trump veut le terminer avant 2028. Un projet civilisationnel. Un monument sécuritaire et politique de la pensée de Trump pour protéger l’Amérique des migrants. Bad guys!

Ne nous y trompons pas, Trump est un homme de culture. La preuve : son projet de bibliothèque présidentielle en forme de gratte-ciel à Miami. Avec réplique du Bureau ovale, salle de bal et statue – forcément – dorée de lui-même. Il aime aussi recevoir, d’où la salle de bal de 8 000 m², toute en dorures évidemment, avalant l’aile Est de la Maison-Blanche, 250 millions de dollars, une estimation déjà revue à la hausse, financés, dit-il, par des fonds privés, même si – petit pas de deux sur un parquet de bal – il a finalement avoué qu’il utiliserait des fonds publics.

Notre bon roi a aussi prévu de rebaptiser toute une série d’institutions et d’ouvrages : un « President Donald J. Trump Boulevard » en Floride, un « Trump Highway » en Oklahoma, un aéroport Trump à Miami ou le « John F. Kennedy Center for the Arts » qui portera désormais son nom. Il est vrai que Kennedy, à côté de Trump, fait bien pâle figure, non ? À défaut de reconstruire Versailles, Trump s’est ainsi voué à faire en sorte que les États-Unis reconnaissent « le plus grand président de toute l’histoire de l’Amérique ».

Un roi fou, c’est maintenant une évidence, qui se peinturlure de doré de son vivant, ce qui est plus prudent que de s’en remettre à l’appréciation des autres après sa mort.
N’est pas le Roi-Soleil qui veut.


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