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Tsahal reconnait : «Nous avons sous-estimé le Hezbollah»

publié le 04/04/2026 par grands-reporters

La chaine israélienne News 12 révèle les aveux inattendus d’un général de division: Tsahal surpris par la résistance du Hezbollah, un changement de régime à Téhéran n’est plus à l’ordre du jour

Lors d’une conversation à huis clos avec des habitants du kibboutz Misgav Am, enregistrée et obtenue par la principale chaine d’information israélienne, News 12, le général de division Rafi Milo, commandant du Commandement Nord de Tsahal, a admis sans détour que l’armée israélienne avait été surprise par les capacités de reconstitution du Hezbollah, et que les espoirs d’un changement de régime en Iran après la guerre avaient été sérieusement revus à la baisse.

« Un décalage entre ce que nous pensions et ce que nous constatons »

Lors de cet échange tendu, le général de division Milo n’a pas esquivé les questions difficiles posées par les résidents, qui lui reprochaient d’avoir reçu des assurances sur l’affaiblissement durable du Hezbollah. « Il y a un décalage entre la façon dont nous avons terminé Northern Arrows et ce que nous avions compris et pensé — et le fait que, soudainement, nous rétrouvions encore le Hezbollah », a déclaré le général.

Ces aveux tranchent avec le discours officiel. Ils indiquent que les premières évaluations sur la neutralisation de l’organisation étaient trop optimistes, et que malgré des pertes humaines et matérielles considérables, le Hezbollah a conservé une capacité opérationnelle préoccupante.

La menace des roquettes demeure entière

Sur le terrain, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les données actuelles de Tsahal, le Hezbollah disposerait encore de quelque 10 000 roquettes et de centaines de lanceurs actifs, malgré des mois de combats intensifs. « Ce qui m’inquiète, c’est surtout le tir de roquettes », a insisté Milo. « La plupart de ces roquettes sont tirées sur nous, sur Tsahal. »

Cette réalité opérationnelle contraste fortement avec les déclarations victorieuses qui avaient accompagné la fin de l’opération Flèches du Nord ( Northern Arrows , lancée le 23 septembre 2024), dont le bilan officiel fait pourtant état de 2 500 combattants éliminés, 1 500 infrastructures offensives et 160 quartiers généraux détruits.

L’Iran : stable malgré les turbulences, un accord plutôt qu’une chute

Sur le dossier iranien, le général Milo a également livré une lecture froide et désillusionnée. Alors que certains espéraient que la guerre provoquerait un effondrement du régime de Téhéran, le commandant du Commandement Nord a balayé ce scénario : « Le régime semble stable malgré les bouleversements. Cela ne se terminera pas par sa chute, mais probablement par un accord. »

Ces déclarations suggèrent une réévaluation stratégique majeure : l’horizon d’un changement de régime à Téhéran n’est plus crédible à court terme, et c’est la voie négociée qui semble désormais envisagée.

Une transparence inhabituelle, un signal fort

La divulgation de cette conversation illustre les tensions croissantes entre les habitants du nord d’Israël et l’armée sur les garanties de sécurité et la question du retour à la normale. Qu’un officier général de cette envergure reconnaisse, même dans un cadre restreint, les limites des opérations exercées, constitue un signal fort sur l’état réel du front nord — loin des communiqués officiels.


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