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Ukraine. Quand le Conseiller de Donald Trump conseille le Kremlin…

publié le 27/11/2025 par Pierre Haski

Les masques tombent. Le « plan américain » a été écrit par …. les Russes! L’Amérique, « leader du camp occidental » a vécu

L’agence Bloomberg publie les retranscriptions de deux conversations téléphoniques secrètes accablantes pour l’administration Trump : elles revèlent la connivance avec le Kremlin, et l’origine russe du plan en 28 points sur l’Ukraine que Donald Trump a tenté d’imposer à Volodymyr Zelensky.

C’est une chose de considérer que l’administration américaine fait le jeu de la Russie ; c’en est une autre de le voir, écrit noir sur blanc. Les révélations de l’agence Bloomberg sont édifiantes et ravageuses : elle vient de publier les retranscriptions de deux conversations téléphoniques secrètes. La première est entre l’émissaire de Donald Trump, Steve Witkoff, et le conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, Iouri Ouchakov ; la seconde est entre ce même Ouchakov et l’émissaire de Poutine, Kirill Dmitriev.

Comment l’agence a-t-elle eu accès à ces retranscriptions ? Elle ne le dit évidemment pas ; pas plus qu’elle n’explique comment une conversation entre deux officiels russes est tombée entre ses mains. Mais personne ne nie l’authenticité de ces documents exceptionnels.

Dans la première conversation, le mois dernier, on voit Steve Witkoff, l’ami de Trump, conseiller son interlocuteur russe sur la manière dont Vladimir Poutine doit parler au président américain. Il doit le féliciter pour le succès à Gaza, le flatter comme « homme de paix », et à partir de là, dit-il, « ça sera vraiment une bonne conversation ». Il ajoute : « J’ai dit au président que vous – que la Fédération russe a toujours voulu un accord de paix. C’est ma conviction. J’ai dit au président que je croyais cela. »

La seconde conversation est encore plus édifiante, et elle confirme ce dont tout le monde se doutait : le plan en 28 points, présenté comme « américain », est en fait un texte … russe ! Dans sa conversation avec le conseiller diplomatique de Poutine, Dmitriev, un banquier très proche du chef du Kremlin, propose de donner aux Américains un document basé sur les positions russes. « Je le transmettrai de façon informelle, explique-t-il. Qu’ils fassent comme si c’était à eux. Mais je ne pense pas qu’ils prendront exactement notre version, mais au moins ça sera aussi proche que possible ». Quelques jours plus tard, Dmitriev se trouvait à Miami, chez Steve Witkoff, et lui remettait le document.

La suite est connue : un plan qui sème la consternation, que Trump somme Volodymyr Zelensky d’approuver avant ce jeudi, avant que Marco Rubio, le Secrétaire d’État, tenu à l’écart jusque-là, ne prenne les choses en mains et ne vienne négocier avec les Ukrainiens et les Européens à Genève.

La première leçon de cet épisode est que la connivence entre l’administration Trump et le Kremlin est totale, elle est basée sur conviction que c’est avec Poutine qu’il faut s’entendre, à la fois l’homme fort et le potentiel économique russe ; pas avec le pays agressé, l’Ukraine, trop faible, « qui n’a pas les cartes en mains », comme avait dit Trump à Zelensky dans le bureau ovale.

La seconde leçon est que les États-Unis ne peuvent plus être respectés comme leader d’un camp occidental qui a vécu. Ils restent la première puissance mondiale, et à ce titre, personne, à commencer par les Européens qui sont en position de faiblesse, ne peut faire sans eux. Mais les Européens devraient au moins avoir la lucidité de l’admettre au lieu de se bercer d’illusions sur leur capacité à influencer Donald Trump.

Hier, les pays de la « Coalition des volontaires » ont tenu un sommet en visio, pour coordonner leur soutien à l’Ukraine. Marco Rubio assistait à la réunion : ce Républicain à l’ancienne rallié à Trump est le mieux placé pour comprendre ce qui se passe, ce qui se joue. En dix mois de présidence Trump, les masques sont bel et bien tombés.


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