Venezuela: Trump prépare la guerre
Le président américaina présenté un ultimatum à son interlocuteur vénézuélien : démissionner et quitter le pays immédiatement.
Donald Trump et Nicolas Maduro se sont parlé au téléphone, mais le président américain lui a présenté un ultimatum pour démissionner et quitter le pays. L’alternative passe sans doute par une action militaire américaine, ignorant le droit international.
La conversation semblait improbable tant les deux hommes sont différents et opposés ; et pourtant, elle s’est réellement produite. Donald Trump et Nicolas Maduro, le président des États-Unis et celui du Venezuela, se sont parlé il y a dix jours au téléphone.
Mais selon le Miami Herald, le quotidien de Floride très branché sur les affaires d’Amérique latine, Donald Trump a présenté un ultimatum à son interlocuteur vénézuélien : démissionner et quitter le pays immédiatement. Le président américain lui a offert un sauf-conduit ainsi qu’à sa famille et ses proches, mais seulement s’il démissionnait sur-le-champ. Maduro a refusé.
Donald Trump veut la peau de Nicolas Maduro
Et maintenant ? La suite pourrait passer par un épisode militaire. Les États-Unis ont amassé une véritable armada aéronavale et négocié le soutien de petits pays d’Amérique centrale, et Trump a donné le feu vert à des actions clandestines de la CIA. Pour resserrer l’étau, Washington vient d’annoncer que l’espace aérien du Venezuela était fermé, un début de blocus qui ne dit pas son nom.
Donald Trump veut la peau de Nicolas Maduro, et il va tenter, d’une manière ou d’une autre, de le chasser du pouvoir. Pour l’heure, il fait monter la pression sur le dictateur vénézuélien, en espérant qu’il parte ou qu’il soit chassé par un clan de son armée.
Mais il est peu probable que Trump se lance dans une invasion terrestre à l’irakienne, avec le risque, que les États-Unis ont vécu en Irak, de se trouver embourbés dans une guerre ingagnable et coûteuse. En revanche, la doctrine d’engagement de Trump semble privilégier de frapper un grand coup sur quelques cibles, comme le bombardement de l’Iran en juin dernier, et de voir ensuite ce que ça donne.
La campagne américaine contre Maduro a commencé depuis trois mois, d’abord avec les attaques contre des bateaux accusés de transporter de la drogue, faisant au total 83 morts. La deuxième étape a été la désignation de Maduro comme chef des cartels de la drogue. La troisième étape, logiquement, sera de l’éliminer.
Trump se moque du droit international
Quelle est la légalité de ces actions ? C’est une vraie question, mais Donald Trump ne se la pose pas. Il se moque du droit international, ignore les Nations unies qui ont qualifié les morts des bateaux coulés d’« exécutions extrajudiciaires », et soutient son secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, qui a ordonné de tuer les survivants en mer des Caraïbes.
Là où l’action de Trump est déroutante, c’est qu’au même moment, il gracie l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernández, qui croupissait dans une cellule américaine, condamné à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogue en direction des États-Unis. Trump a justifié son geste en évoquant des « persécutions politiques » contre l’ancien président, mais plus personne ne comprend : la fermeté d’un côté, le laxisme de l’autre.
On peut trouver le régime de Maduro catastrophique sur tous les plans, mais considérer que ce n’est pas à Donald Trump de le renverser ; même s’il a l’appui, dans cette campagne, de l’opposante María Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025. Invoquer le droit international est devenu désuet et naïf ; mais l’alternative, que nous voyons se déployer, c’est la raison du plus fort, le retour au XIXe siècle à grande vitesse.
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