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Vladimir Poutine : satisfaction et frustration

publié le 23/12/2025 par Pierre Haski

Vladimir Poutine termine 2025 entre satisfaction stratégique et frustration profonde : ni victoire militaire décisive, ni succès diplomatique majeur en Ukraine

Vladimir Poutine a eu une bonne année 2025, sur le terrain militaire comme diplomatique avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ; mais il n’y a pas eu de percée, ni sur le terrain, ni en diplomatie, frustrant pour le maître du Kremlin qui continue néanmoins sa guerre insensée en Ukraine.

Si, de son bureau au Kremlin, Vladimir Poutine observe l’année qui s’achève, quel sentiment l’emporte ? Est-il satisfait de la performance de ses armées en Ukraine ? Ou en repensant au tapis rouge que lui a déroulé Donald Trump en Alaska, en août dernier, lui qui voyage si peu en raison du mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale ? Ou sourit-il en pensant à Emmanuel Macron qui, après un seul échange téléphonique en trois ans, a souhaité reprendre le dialogue direct ?

À moins que ce soit la frustration qui l’emporte. Celle de ne pas avoir remporté de victoire décisive sur le terrain malgré le rapport de force, juste un grignotage territorial certes significatif, mais pas déterminant et au prix fort en pertes humaines. Ou celle d’avoir justement un ami à la Maison Blanche, un émissaire américain à sa main en la personne de Steve Witkoff, sans avoir pour autant réussi à couper l’aide américaine à l’Ukraine, ou même à tenir les Européens en dehors du coup.

Cette année se termine donc de manière ambigüe pour le président russe, alors que son « opération militaire spéciale » qui devait remporter une victoire facile, s’apprête à entrer dans sa cinquième année. Sans que la victoire ne soit réellement à portée de la main.

Position maximaliste

Poutine se montre pourtant confiant en public, on l’a encore vu vendredi avec son rendez-vous annuel avec la presse et les citoyens, un show interminable pendant lequel le président russe projette une image de sérénité et de force.

Mais lundi matin à l’aube, un général russe, membre de l’état-major, était tué en plein Moscou par l’explosion de sa voiture. Un geste qui s’ajoute aux innombrables attaques de raffineries et d’infrastructures détruites par des drones ukrainiens en profondeur dans l’immensité russe ; ou aux navires de la « flotte fantôme » russe qui contournent les sanctions, et qui explosent mystérieusement en mer. Des attaques audacieuses qui montrent que l’Ukraine est toujours capable de porter des coups.

Tout ceci n’empêche pas Vladimir Poutine, fort du soutien crucial chinois, et des contributions à l’effort de guerre venant de Corée du Nord et d’Iran, de continuer à s’en tenir à une position maximaliste qui a empêché jusqu’ici tout accord.

Il traite les Européens de « petits cochons »

En 2026, Vladimir Poutine continuera de jouer de toutes les possibilités qui s’offrent à lui : celles du rapport de force militaire, celles de la diplomatie avec les États-Unis, celles de la guerre hybride contre les Européens, celles de la menace aux uns, de la séduction aux autres.

Il est assez habile à ce jeu. Poutine dispose déjà d’un petit groupe de pays au sein de l’Union européenne, emmené par le premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a choisi le camp de Moscou. Vendredi dernier, ils ont laissé passer la décision des « 27 » d’engager un prêt collectif de 90 milliards en faveur de l’Ukraine, à condition de bénéficier d’un « opt-out », une clause qui les désengage de la mesure. La semaine dernière, alors qu’il traitait les Européens de « petits cochons », il semblait espérer que d’autres pays suivraient cet exemple – pensant peut-être à la France après l’élection présidentielle de 2027.

En 2026, il continuera à jouer de tous ces leviers, militaire, diplomatique, de déstabilisation et de test de l’adversaire, et il verra celui qui fonctionne le mieux. Tout… sauf admettre qu’il a eu tort d’envahir l’Ukraine en 2022.


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