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Edito: Soignants. Des médailles ou … des excuses

Edito publié le 16/05/2020 | par grands-reporters

La proposition de médaille pour les personnels soignants a provoqué un tollé et fait la joie des facétieux pour trouver la photo ou le slogan le plus adapté pour afficher son refus, son mépris et sa colère.

Puisque nos politiques redoublent d’inventivité pour trouver le geste qui fait plaisir mais qui ne coûte rien, j’ai une suggestion à leur faire. C’est qu’ils présentent des excuses, fassent acte de contrition, de repentance, d’autocritique… je leur laisse le choix. Mais les excuses sont un minimum pour les morts qui auraient pu être évités dans les hôpitaux et les EHPAD.

Oui, car si les hôpitaux avaient disposé de plus de lits de réanimation, nous aurions pu sauver plus de vies. N’en déplaise à notre ministre et au bon petit soldat de la macronie, Martin Hirsch, qui a menti sur ce sujet lors de son audition devant la commission des affaires sociales du Sénat. Il a osé affirmer que tout avait été bien géré et que nous n’avions jamais manqué de lits de réanimation. Propos démentis par un des patrons d’une grande réanimation parisienne qui pointe avec justesse le différentiel de mortalité avec l’Allemagne qu’il attribue au fait que ce pays dispose de trois fois plus de lits de réanimation que la France, avec comme conséquence 19 000 morts en moins pour un même nombre de malades.

Oui, car si les personnels des EHPAD avaient disposé de masques dès le début de la circulation du virus, le nombre de morts aurait été bien plus faible. Ici aussi de multiples exemples dans des pays limitrophes peuvent le démontrer.
Alors oui, des excuses auraient été les bienvenues pour les familles et les proches. Un peu de compassion ne remplace pas les disparus mais cela peut apporter un peu de réconfort.

Votre attitude montre bien la sécheresse de votre cœur qui je pense est consubstantiel de vos choix et de vos engagements politiques. Le libéralisme est un monde de concurrence violente entre les individus où l’altruisme, la solidarité et les sentiments désintéressés n’ont pas leur place. Et bien nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus vouloir de ce monde -là.

Dr Christophe Prudhomme

Port-parole des médecins urgentistes de France


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