La bande de cinglés de Trump
Peu importe leur fonction – intellectuels, membres de l’administration, hommes d’affaires, influenceurs –, ils ont tous des positions extrêmes et détestent la démocratie libérale
( Image: création Mehdi Ben Yezzar pour Grands-Reporters.com )
Le président des États-Unis, officiellement, les apprécie plus ou moins. Mais tous l’ont soutenu. Souvent, il les utilise, leur donne de la notoriété ou du pouvoir, les rendant d’autant plus dangereux.
Les mauvais génies

Kevin Roberts. Très influent idéologue. Historien, à la tête d’un think tank ultraconservateur, la « Heritage Foundation ». Il colporte partout – et surtout en Europe – la propagande trumpienne. Sa vision : un pouvoir présidentiel sans limite, un État démantelé. Il ne veut pas libéraliser le régime, il veut le changer. Il propose de brûler le FBI, le « New York Times » et les grandes universités américaines.

Peter Thiel. Milliardaire, magnat de la Silicon Valley, cofondateur de PayPal. Grand investisseur, il a aidé Mark Zuckerberg à fonder Facebook. Fasciné par les innovations high-tech, il prône l’avènement d’un totalitarisme technologique. Il rêve de communautés spontanées, hors des États-nations, dirigées par des personnages à son image. Pour lui, liberté et démocratie sont incompatibles.

Curtis Yarvin. Une référence intellectuelle pour bon nombre de trumpistes. D’ailleurs, il trouve Donald Trump trop « mou ». Il déteste le suffrage universel, veut supprimer la Constitution, est partisan des « lumières obscures » par opposition aux Lumières de la fin du XVIIIe siècle qui ont inspiré la démocratie libérale. Il voudrait un monarque à la tête du pays, plutôt un grand patron de la tech. Et pas de contre-pouvoir.
Les racistes déchaînés

Nick Fuentes. Nazi revendiqué, il trouve Trump et le mouvement MAGA timides. Le président l’a quand même reçu à la Maison-Blanche. Son suprémacisme blanc exacerbé et son antisémitisme virulent se répandent dans la jeunesse républicaine. Il est obsédé par les « juifs qui dirigent le pays ». Il a participé à l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021

Jared Taylor. Pour lui, « Trump sauvera les Blancs ». Essayiste, il a étudié à Yale et à Sciences Po Paris. Il défend le principe de l’inégalité des races et réclame une nouvelle ségrégation. Le président américain s’est tenu à distance de ce personnage sulfureux, qui écrit dans sa revue : « Quand les Noirs sont laissés à eux-mêmes, la civilisation occidentale… disparaît. » Des sauvages, en somme.
Les influenceurs et influenceuses déjantés

Dana White. Le président de l’« Ultimate Fighting Championship » est le plus grand organisateur de MMA au monde. L’UFC est un mastodonte des sports de combat. Personnage très médiatisé, cet entrepreneur, connu pour ses sorties homophobes, a soutenu Donald Trump lors de la dernière campagne présidentielle. Il a pris la parole le soir de la victoire du candidat républicain, invité à la soirée célébrant ce succès, pour dire toute sa joie.

Laura Loomer. Complotiste, raciste, homophobe, transphobe et islamophobe, cette militante d’extrême droite a ses entrées à la Maison-Blanche. Elle a été bannie de plusieurs plateformes de médias sociaux en raison de ses discours de haine et de ses fake news. Son influence est grande auprès du président, qui la considère « comme un esprit libre », malgré les réticences de ses conseillers. Cette délatrice aurait provoqué l’éviction de fonctionnaires de la Maison-Blanche.

Joe Rogan. Acteur, écrivain, animateur de radio, commentateur de matchs de MMA, il est accusé de complotisme, de désinformation et de pseudo-science. Son podcast jouit d’une grande influence politique. Il se fait connaître par ses positions très antivax. L’interview de Trump qu’il réalise en 2024 est vue par 50 millions de spectateurs. Le président l’a publiquement remercié pour son soutien.
Les stratèges de l’extrême

Stephen Miller. Ce communicant est devenu chef adjoint de cabinet à la Maison-Blanche. En 2014 déjà, il explique : « Trump a tout compris, j’espère qu’il va se présenter. » Il envoie des courriels au site de Steve Bannon, « Breitbart News », et y promeut le suprémacisme blanc. Ses positions sur l’immigration sont si radicales que son oncle, immigrant juif, explique que sa famille n’aurait jamais pu venir aux États-Unis si elles avaient été en vigueur à l’époque.

Steve Bannon. Le cerveau de la première campagne de Trump, architecte de sa « révolution nationale-populiste », reste très influent dans la mouvance MAGA. Il est pour que Trump exerce un troisième mandat. Ancien président du site très conservateur Breitbart, il est nommé en 2017 conseiller stratégique du président. Quelques mois plus tard, il quitte la Maison-Blanche. Il ne cessera jamais ses activités de propagande et de rapprochement auprès des mouvements européens d’extrême droite.
Les hommes de main

Steve Witkoff. Ce promoteur immobilier proche de Trump, partenaire de golf du président, est devenu un des négociateurs en chef dans les discussions avec l’Ukraine. Totalement pro-Poutine, il ne rêve que de faire des affaires avec les Russes. Il est l’instrument principal du président américain pour faire plier les Ukrainiens, obtenir leur quasi-redition et pouvoir enfin décrocher de juteux contrats, avec Moscou ou en exploitant en commun pétrole, gaz et minerais.

Tucker Carlson. L’ancien animateur de Fox News possède une émission qui recueille des millions de téléspectateurs, bien qu’il ne cesse de propager des fake news pour mieux servir la propagande trumpiste. Remercié, il a transféré son émission sur Twitter. Il réalise en 2024 une interview extrêmement complaisante de Poutine. Violemment anti-immigration, c’est un théoricien de la « théorie du grand remplacement ».

Tom Homan. Le « tsar des frontières » a été, lors du premier mandat de Trump, directeur de l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE), la police chargée aujourd’hui des rafles d’immigrants plus ou moins illégaux dans toute l’Amérique. Aujourd’hui, il est chargé de l’expulsion de ceux qui se font prendre. En fait, cet ex-policier est le bras armé de la politique brutale anti-immigration de Trump.
Les fous (ou folles) de Dieu

Paula White. Pasteure télévangélique d’extrême droite. Richissime grâce à l’exploitation de sa megachurch – supermarché de la foi en Floride –, elle est devenue directrice du « Bureau de la foi » de la Maison-Blanche. Pour elle, la richesse est un signe divin de bonne santé spirituelle. Trump profite de son obédience religieuse pour la faire jouer les « madame bons offices » en Afrique, où les évangélistes, y compris des dirigeants, prolifèrent. À la clé, quelques contrats juteux pour exploiter les terres rares.

Robert Jeffress. Ce pasteur baptiste, farouchement homophobe, n’a pas hésité à accuser l’Islam de propager la pédophilie, à condamner le judaïsme ou les mormons. Cet intégriste, lors de l’élection de Barack Obama, a affirmé que ce dernier ouvrait la route « au règne de l’Antéchrist ». Trump a adoré. Ce pasteur estime d’ailleurs que les écarts sexuels du président sont « sans importance ». Il fait partie du Conseil évangélique consultatif de Trump, un organisme influent bien au-delà des questions religieuses.

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