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Les cloches de Srebrenica ont sonné pour… rendre hommage à Mladić, le bourreau

publié le 29/08/2026 par Malik Henni

Mort à 84 ans, le criminel de guerre Ratko Mladić reste un héros pour une partie des Serbes

8 000 victimes

Le 27 août 2026, Ratko Mladić, le « boucher des Balkans », est mort à l’âge de 84 ans, hospitalisé à La Haye, aux Pays-Bas. Une fin paisible à laquelle n’ont pas eu droit ses innombrables victimes.

Sa disparition ravive les cicatrices béantes d’une région toujours meurtrie par les atrocités de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995). Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’ex-commandant en chef de l’armée des Serbes de Bosnie reste le visage des pires horreurs perpétrées sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale. Sous ses ordres, en juillet 1995, plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans bosniaques ont été massacrés dans l’enclave de Srebrenica, alors qu’ils étaient sous la protection des Casques bleus néerlandais.

Arrêté en Serbie après près de seize ans de cavale, il a été condamné en 2017 à la réclusion criminelle à perpétuité, peine confirmée en appel en 2021 : la justice internationale peut être lente, mais aussi efficace.

Une provocation

La mort de Mladić creuse davantage le fossé des mémoires, alors que plus de 30 ans ont passé depuis la fin de la guerre. Les Serbes de Bosnie le considèrent comme un héros : l’ancien président du Parlement Momčilo Krajišnik, mafieux et criminel de guerre également condamné par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, l’avait qualifié ainsi.

L’annonce du ministre de la Justice serbe, qui a décrété des funérailles nationales en l’honneur de Ratko Mladić, fait figure de provocation pour les communautés croates et bosniaques. Le président Vučić, ancien député nationaliste et radical, soutien de la cause de la Grande Serbie, a botté en touche quand des journalistes lui ont demandé son opinion sur l’ancien général. Le peuple serbe est plus prompt à exprimer son hommage au criminel de guerre, reprenant le sempiternel couplet victimaire d’une « justice des vainqueurs ».

À Zvornik, dans l’entité serbe de Bosnie, 300 personnes ont défilé devant les mosquées du centre, en scandant le nom de l’ancien général. La guerre mémorielle n’est toujours pas terminée dans les Balkans.

La guerre des mémoires

Les funérailles nationales ne sont pas encore officiellement annoncées, mais leur organisation ouvrira une nouvelle page de l’histoire des relations entre les peuples de l’ex-Yougoslavie. Les associations de victimes en Bosnie ont annoncé qu’elles demanderont l’expulsion de l’ambassadeur serbe si elles ont effectivement lieu. La poudrière des Balkans reste inflammable.


Encadré

Srebrenica, juillet 1995

29 mars 1993, des personnes évacuées de l’enclave musulmane assiégée de Srebrenica
sont entassées dans un camion en route vers Tuzla (Photo AP/Michel Euler)

Le 11 juillet 1995, les forces serbes de Bosnie de Ratko Mladić prennent Srebrenica, pourtant déclarée « zone de sécurité » par l’ONU et protégée par des Casques bleus néerlandais.

En quelques jours, elles séparent les hommes et adolescents bosniaques musulmans des femmes, enfants et personnes âgées, expulsés de l’enclave. Plus de 8 000 hommes et garçons sont ensuite exécutés et ensevelis dans des fosses communes.

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et la Cour internationale de justice ont qualifié le massacre de génocide. Chaque 11 juillet, des victimes identifiées sont enterrées au mémorial de Potočari.


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