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« Les pires ennemis de l’islam sont…les islamistes », par Jean-Paul Mari.

Edito publié le 13/11/2019 | par Jean-Paul Mari

Ils sèment la mort depuis quarante ans. Ils prônent la mort, la louent, l’appellent de leurs vœux, l’incarnent, rêvent de martyr, en font un moyen et surtout le but suprême de la vie. Hommes en noir, femme en noir, combattants en noir, secte en noir, le noir de l’ombre de la mort, l’obscurité des ténèbres de l’humanité.

Nous le savions bien. Pour l’avoir vu en reportage sur le terrain, écrit, raconté, disséqué, rapporté, en provoquant la surprise voire la stupeur, mais sans réussir – comment serait-ce possible ? – à faire toucher du doigt la réalité macabre de l’islamisme, en échouant à faire prendre la dimension du terrorisme islamiste mondial.

C’était terrible, mais loin, donc lointain.

Ensuite, il y a eu le 11 septembre, les tours du World Trade Center, et cette image traumatique – un avion qui transperce un gratte-ciel – d’une forme d’apocalypse dans la ville. L’image du chaos certes, mais de l’autre côté de l’atlantique, la blessure au cœur d’un géant américain. Et surtout, pour nous, ce 13 novembre à Paris quand le réel d’ailleurs a piétiné notre quotidien. Un choc inouï, une blessure ouverte à même notre poitrine. Assez pour nous sidérer. Pas assez pour prendre, dans son entièreté, la dimension planétaire du phénomène.

Aujourd’hui, un rapport de l’institut Fondapol (1) qui a réalisé un énorme travail, permet de traduire l’horreur en chiffres, d’analyser les paramètres humains, géographiques et politiques. Sa lecture éclaire quarante ans de terrorisme dans le monde. Et les résultats sont d’une troublante clarté.

Le Mal dure depuis 1979 et l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge. Quarante ans, deux générations. Il n’épargne plus personne et a gagné – voilà pourquoi il nous inquiète autant aujourd’hui – le cœur des capitales occidentales, de Paris à Madrid, de New York à Moscou.

D’abord l’ampleur. Entre 1979 et 2019, il y a eu près de 34000 attentats dans le monde (33769) qui ont tué plus de 167000 personnes (167096), hommes, femmes et enfants, comme dans une sale guerre de forte intensité. Les blessés, les invalides, les traumatisés, les orphelins ne sont pas recensés, il faudrait multiplier le chiffre par dix ou vingt au bas mot.

Les islamistes tuent et ils savent tuer. Si leurs attentats ne représentent « que » 19% de la totalité terroriste dans le monde, ils font 39% des morts (39,1%). Soit deux morts sur cinq. Et le phénomène s’accélère. A partir de 2013, les islamistes sont responsables de 63% (63,4%) des victimes du terrorisme. Soit trois sur cinq.

Le rapport va plus loin. En éclairant les modes opératoires et les cibles, il démontre que la plus grande partie des victimes des groupes islamistes se trouve en Asie et récemment en Afrique, devenue un véritable continent en flammes. Et qui tuent-ils en premier, en très grande majorité, quasiment en exclusivité ? Des chrétiens, des croisés, des juifs, des apostats, des mécréants ? Non. Des Musulmans.

Aujourd’hui, 91% (91,2%) des hommes, femmes, vieillards, enfants égorgés, décapités, mitraillés, victimes d’un attentat suicide, assassinés sont…de religion musulmane. Sans compter les dégâts immenses que leur barbarie et leurs discours provoque sur l’image de tous les musulmans dans le monde. A quand une immense manifestation, populaire, consensuelle, laïque, religieuse et démocratique contre l’islamophobie des islamistes ?

Parce que les ennemis mortels de l’islam, ce sont les islamistes.

 

 

 

 

(1) Fondapol. Fondation pour l’innovation politique. Think Tank économiquement libéral réputé proche de la droite. Sous la direction de Dominique Reynié, Directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et Professeur des Universités à Sciences Po Paris


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