Lori Chavez-Deremer, ministre trumpiste, la scandaleuse
Elle a une liaison avec un subordonné, boit au bureau, fait fuir ses collaborateurs. Elle adore Trump mais il l’a finalement poussée vers la sortie. Malgré un « boulot formidable »…
Et de trois !
La valse des membres féminins de l’administration Trump continue. En six semaines, pour des raisons différentes, trois membres du gouvernement américain n’ont pas survécu à des affaires retentissantes et leur total dévouement au président des États-Unis n’a pas suffi à les sauver. Dernière en date, la ministre du Travail Lori Chavez-Deremer, démissionnée le 20 avril dernier. Elle prend la suite de Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, congédiée en mars 2025 à la suite des bavures de la police des frontières ICE qui ont conduit à deux morts, et de la façon éhontée dont elle a nié les faits, et de Pam Bondi, ministre de la Justice, remerciée début avril dont les tentatives pour étouffer ou minimiser l’affaire Epstein se sont révélées inefficaces.
Les erreurs de Lori Chavez-Deremer ne remettent pas en cause les aspects brutaux de la politique anti-immigration de Donald Trump. Elles ne révèlent pas une volonté de mépriser l’État de droit. Mais elles montrent qu’il est toujours dangereux de confier une responsabilité publique à une source de scandale potentiel.
De Happy Valley au gouvernement Trump
Lori Chavez-Deremer est née en Californie, à Santa Clara en 1968. Cette catholique est mariée à un anesthésiste, Shawn Deremer, dont elle a deux enfants. C’est dans l’Oregon qu’elle commence sa carrière politique au sein du Parti républicain. Maire de Happy Valley en 2010, une petite ville de 15 000 habitants, dans la banlieue de Portland, la plus grande agglomération de l’État, elle vise en 2016 la Chambre des représentants. Elle est battue. C’est Donald Trump qui la récupère en la nommant au poste de secrétaire du Travail. C’est une républicaine sociale, une rareté dans ce parti conservateur plutôt tourné vers le monde des affaires. Elle est soutenue par plusieurs syndicats dont celui des Teamsters (les chauffeurs routiers) qui a appelé à voter Trump à la présidentielle de 2024.
Une républicaine sociale vite rentrée dans le rang
Au début du mandat de Joe Biden, elle se fait remarquer en étant une des rares élues républicaines à la Chambre des représentants à soutenir une extension des droits des salariés, projet bloqué par le Sénat. Rien ne laisse augurer de sa disgrâce, un an, un mois et dix jours plus tard. Qu’a-t-il bien pu se passer ? D’autant que la ministre du Travail semble tout faire pour satisfaire la Maison Blanche. Elle approuve chaudement Donald Trump lorsqu’il décide de renvoyer Erika McEntrafer, qui dirige le Bureau des statistiques du Travail, parce qu’elle a eu le malheur de publier dans son rapport d’août 2025 des statistiques de l’emploi décevantes.
Alcool, liaison extraconjugale, alcool et voyages bidon
Sous Elon Musk, alors aux commandes du DOGE, l’agence fédérale chargée de la réforme de la fonction publique, le département du Travail voit des milliers de fonctionnaires limogés ou contraints de démissionner. L’efficacité de cette administration s’en trouve gravement affectée. Mais ce n’est pas sa compétence, ni les résultats de son action qui ont provoqué le départ de l’ex-élue de l’Oregon mais des scandales très privés. Même sous le trumpisme, dont le leader lui-même a eu maille à partir avec la justice pour des affaires sexuelles, trop, c’est trop.
Selon le « New York Post », Lori Chavez-Deremer fait l’objet d’une enquête interne pour avoir eu une relation « inappropriée » avec un subordonné. Autrement dit, moins hypocritement, la ministre a eu une liaison avec un membre de son cabinet ou de son administration. Elle est aussi accusée de consommer de l’alcool dans son bureau pendant ses journées de travail. Enfin, elle aurait inventé des voyages officiels qui auraient été en réalité des voyages d’agrément avec sa famille et ses amis.
“Climat toxique” au ministère
D’une manière générale, elle aurait créé un climat de travail « toxique ». Son chef de cabinet et son adjoint, en congé en début d’année, ont démissionné. Une autre responsable a été licenciée après avoir été entendue par l’inspection interne. Et puis, son mari a été interdit de séjour dans les bureaux de sa femme pour s’être montré trop pressant auprès de certaines collaboratrices. On se gardera, bien sûr, du moindre commentaire sur la vie privée de ce couple. La Maison Blanche, elle, a fait le ménage tout en expliquant que la secrétaire du Travail a accompli « un boulot formidable » et qu’elle souhaite désormais s’épanouir dans le privé. L’hypocrisie, jusqu’au bout.
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