Sondages : Donald Trump, la calamité des Républicains (4)
À l’approche des midterms, les mauvais sondages secouent les bastions républicains. Et si Trump était devenu le premier handicap de son camp ?
La Chambre conquise, le Sénat à portée
Rien ne va plus pour les républicains dans les sondages à quelques jours du 3 novembre, date des élections à mi-mandat. La plupart des sites connus pour leurs prévisions agrégeant les différentes études d’opinion estiment à 95% environ les chances des démocrates d’emporter la majorité à la Chambre des représentants. Pour le Sénat, où les pronostics tombent à 75%, 35 sièges sur 100 sont en jeu. Il faut à l’opposition en conquérir quatre, sans en perdre un seul, pour renverser la majorité de la chambre haute. On dénombre une dizaine de ces « swing states » susceptibles de basculer. Et justement, dans plusieurs d’entre eux, les démocrates ont l’espoir que donnent des sondages favorables.
Même le Texas…
À commencer par le Texas, fief républicain. Le jeune pasteur James Talarico y affiche 49% des intentions de vote contre 43% à Ken Paxton, candidat très MAGA. Dans le Michigan, le médecin très à gauche, Abdul El-Sayed, est crédité lui aussi d’un 49%, contre 42 à Mike Rogers, ancien agent du FBI. Si le jeune musulman est élu, il sera le premier musulman à siéger au Sénat. Dans le Kansas, Adam Hamilton, qui dirige la plus grande église méthodiste des États-Unis, recueille lui aussi 49% des intentions de vote et devance de quatre points le très trumpiste Roger Marshall.
Un bucheron devant la professionnelle de la politique
Dans le Maine, Troy Jackson, un bûcheron, culmine aussi à 49% alors que la sortante, Susan Collins, qui occupe le siège depuis près de 30 ans, plafonne à 45. À plusieurs reprises, elle s’est montrée, parmi les élus de la majorité, l’une des plus rebelles à Donald Trump. Mais cela ne semble pas avoir suffi à lui donner l’avantage. On peut rajouter à ces États d’autres où des sièges républicains sont particulièrement en danger. Par exemple, l’Ohio, où Sherrod Brown (48,1%) tente de battre Jon Husted (44,8%), qui a remplacé à ce siège le vice-président JD Vance. Le démocrate tente de prendre sa revanche. Il a perdu en 2024, mais a siégé au Congrès plus de 30 ans.
La Caroline du Nord, état trumpiste, prête à basculer
En Caroline du Nord, où Donald Trump était majoritaire à l’issue des trois dernières campagnes, les démocrates semblent assurés de l’emporter. Roy Cooper aurait une majorité d’intentions de vote, 50,6%, alors que son adversaire se traîne à 40,5. Voilà donc cinq victoires prévisibles qui leur donneraient la majorité à la chambre haute. D’une manière générale, les chiffres des sondages varient d’un ou deux points selon les agrégateurs. Mais la tendance est bien là. Et si on regarde ces résultats dans le détail, plusieurs constatations s’imposent.
Indépendants et Latinos, les voix qui échappent à Trump
Tout d’abord, les candidats républicains ont bien du mal à retrouver les pourcentages obtenus par Trump lors de la présidentielle de 2024. Dans l’ensemble, ils sont en dessous de plusieurs points. De plus de dix dans l’Ohio. Ensuite, les indépendants, ces électeurs de plus en plus nombreux qui ne se reconnaissent ni républicains ni démocrates, sont dans l’ensemble majoritairement favorables aux candidats de l’opposition. À 60%, pour Hamilton au Kansas. Or, ils représentent aujourd’hui 41 à 47% du corps électoral américain, une proportion qui traduit une certaine désaffection pour le bipartisme.
Les dégâts de la police de l’ICE
Enfin, des groupes ethniques ont décidé, depuis deux ans, d’inverser majoritairement leur vote. Au Texas, où les « Latinos » sont nombreux, ils voteront à 63% pour Talarico contre 19% pour Paxton. En 2024, ils avaient massivement porté leur suffrage sur Trump. Ce serait notamment un effet de la politique anti-immigration : les Américains en approuvent majoritairement le principe, mais en déplorent aussi majoritairement la brutalité. La déception des Hispaniques est immense. S’y ajoute la hausse du coût de la vie, sujet primordial pour tous les Américains.
Le président, boulet de son propre camp
Ce qui semble se révéler au fil des études d’opinion est l’important rejet du personnage de Donald Trump lui-même, plus que des républicains eux-mêmes. En fait, les outrances et les mensonges du locataire de la Maison-Blanche desservent profondément son camp. Le président est entré en campagne, en pensant que sa seule apparition suffirait à emporter l’adhésion du plus grand nombre. Mais l’effet est inverse. Ses interventions nourries de « fake news » en tout genre ne peuvent faire oublier que l’inflation atteint 3,7% en septembre, tirée par la hausse pharamineuse des carburants.
En Alaska, la bataille du soupçon
La fébrilité du camp trumpiste face à cette série de mauvaises prévisions l’ammène à tenter par tous les moyens de créer la confusion. D’où des manœuvres vengeresses. Dernière en date, l’intervention du gouverneur républicain de l’Alaska contre la candidate démocrate au Sénat Mary Peltola, en bonne posture pour être élue, soupçonnée d’avoir favorisé la candidature d’un indépendant qui porte le même nom, Dan Sullivan, que le candidat républicain, en espérant affaiblir ce dernier.
Le déni de Trump
Le « New York Times » corrobore cette version. Donald Trump a déjà annoncé qu’il ferait tout pour que sa victoire ne soit pas validée. L’ampleur de la vague bleue, la couleur des démocrates, n’est pas connue. On ne sait si elle emportera les deux chambres ou une seule. Mais elle aura lieu. Et le président en niera l’importance quelle qu’elle soit, s’enfermant dans le déni. Ainsi le psychotique refuse la réalité pour en construire une sur le mode hallucinatoire selon Freud. Non, Donald ne va pas très bien…
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