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Stephen Miller, le suprémaciste blanc qui parle à l’oreille de Trump

publié le 10/01/2026 par Pierre Feydel

Le plus proche conseiller du président des États-Unis, nationaliste et xénophobe, impose sa vision, au cœur du pouvoir et sans contrepoids

Une carte du Groenland couverte du drapeau américain…

Katie Miller, 34 ans, républicaine, trumpiste militante, passée de la Maison-Blanche au service d’Elon Musk, a tout récemment publié sur X l’image d’une carte du Groenland couverte d’un drapeau américain, avec cette légende explicite : « soon » («bientôt»).
Ce ne pourrait n’être que le geste d’une exaltée soucieuse de plaire au maître de la Maison-Blanche et de participer au délire de toute-puissance qui l’anime depuis l’enlèvement de Nicolás Maduro. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une simple provocation.

Une ascension fulgurante

Cette femme est l’épouse de Stephen Miller, directeur adjoint de l’administration de la Maison-Blanche, haut conseiller du président pour la Sécurité intérieure. Le titre réel du personnage importe peu. Qualifié souvent « d’homme qui parle à l’oreille de Trump », l’ex-assistant parlementaire du très conservateur sénateur Jeff Sessions, de l’Alabama, a bénéficié d’une ascension fulgurante, des couloirs du Capitole à ceux du siège de l’exécutif, siégeant désormais à la droite du seigneur du lieu.

Son influence réelle semble immense sur la politique menée par Donald Trump, à l’intérieur des États-Unis comme à l’extérieur. Les facéties de sa femme sur les réseaux apparaissent donc comme l’expression des désirs profonds du président des États-Unis, peu enclin à résister à ses propres obsessions.

De la Californie démocrate à l’idéologie suprémaciste

Stephen Miller est originaire de Californie. Il a 40 ans. Il a été élevé dans une famille juive aisée, plutôt sympathisante des démocrates. À l’université Duke, très élitiste, en Caroline du Nord, il se distingue en prenant la défense de joueurs blancs d’une équipe de crosse accusés d’avoir violé une strip-teaseuse noire. Déjà, il a choisi son camp : celui d’un suprématisme blanc assumé.

L’immigration devient l’un de ses dossiers privilégiés. Ses adversaires, comme ses collègues dans l’entourage du chef de l’exécutif américain, voient partout sa signature dans les décisions les plus brutales à l’égard des immigrés clandestins et, plus généralement, vis-à-vis des étrangers. Il devient, comme le définit le New York Times, un idéologue xénophobe.

Le temps où, modeste assistant parlementaire, il inondait les boîtes mail de Washington de récits d’horreurs prétendument perpétrées par des immigrés sans papiers semble loin. Pour autant, il n’a pas changé d’opinion. C’est lui qui, aujourd’hui, donne le ton de la politique répressive contre les populations immigrées illégales : dénigrement de populations entières, séparation des enfants de leurs parents, expulsions vers les prisons du Salvador ou des camps de rétention au milieu des marécages du sud de la Floride, etc.

Selon lui, personne ne résisterait si l’armée américaine employait la force pour annexer le Groenland…

Il entretient une relation très étroite avec le président Trump. Entre les deux mandats du leader républicain, il a échangé quotidiennement avec Donald Trump. Fournissant analyses, conseils et propositions, il a participé à l’élaboration du programme électoral de 2024 sur l’ensemble des aspects de la politique américaine.

Aujourd’hui, il a élargi son champ d’intervention à la politique impérialiste de son maître. Sur CNN, il rappelle que Donald Trump entend diriger le Venezuela et exploiter les vastes réserves pétrolières de ce pays. Il assure que personne ne résisterait si l’armée américaine employait la force pour annexer le Groenland.

La Maison-Blanche a confirmé que le haut conseiller à la sécurité du président participait, avec le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, à l’élaboration de la politique américaine en matière de défense et d’économie. Stephen Miller est donc un bon soldat du trumpisme, n’hésitant pas à attaquer violemment les opposants.

Criminaliser l’opposition

Sur Fox News, fin août 2025, il assure :
« Le Parti démocrate ne se bat pas pour les citoyens américains, ne se soucie pas d’eux et ne les représente pas. C’est une entité entièrement dédiée à la défense des criminels endurcis, des membres de gangs, des tueurs et des terroristes étrangers illégaux. » Il conclut : « Le Parti démocrate n’est pas un parti politique. C’est une organisation extrémiste intérieure. »
Cette façon de criminaliser l’opposition marque une absence totale d’esprit démocratique.

Stephan Miller a oublié d’où il vient

Sa virulence anti-immigrés lui a valu une tribune publique de son oncle, qui rappelait qu’avec les politiques préconisées par son neveu, la famille Miller n’aurait jamais été autorisée, en son temps, à s’installer aux États-Unis. En matière d’immigration, les derniers arrivés sont toujours rejetés par ceux qui ont atteint la terre promise avant eux. Stephen Miller a oublié d’où il vient. Cela lui permet d’éviter tout sentiment d’empathie à l’égard de ceux qu’il persécute.


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