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Trump-Netanyahou : comment détruire son propre pays

publié le 31/10/2026 par Jean-Paul Mari

Ils ne se contentent pas de diviser leur pays : ils en démolissent les institutions, les alliances et les valeurs. Même battus dans les urnes, ils laisseront leur nation en morceaux.

Les deux hommes sont aux abois. Les élections sont imminentes et les sondages catastrophiques, alors ils courent après des solutions miracle, recourent aux expédients, comme des endettés désargentés qui entendent leurs créanciers tambouriner à la porte au petit matin. Trump pointe du doigt les manifestations violentes en France qu’il attribue  « à l’immigration » — faut-il qu’il soit désespéré ! — et Netanyahou, qui ne connaît que la force, lance une offensive en Cisjordanie pour nettoyer ethniquement la Palestine de ses natifs palestiniens.

Trump et Netanyahou ont un autre point commun. En 19 ans de pouvoir cumulé pour l’un et en moins de 6 ans pour l’autre , dont moins de deux ans pour son deuxième mandat, ils ont réussi à projeter leur pays dans un grand bond en arrière. Un mouvement de dégringolade historique et universelle dont on voit mal comment Washington et Israël pourront se relever tant le bilan de la catastrophe est effarant.

Pour Donald Trump, dangereux bouffon du roi devenu roi, chaque promesse, chaque initiative, chaque pas s’est transformé en revers. Il promettait la prospérité économique, l’inflation a grimpé, l’essence a pris 34% en un an et ses « tarifs » miracle ont coûté 1100 dollars à chaque Américain, dont on connaît l’attachement idéologique au prix du caddie. Le « Make America Great Again » qu’il promettait s’est mué en « Make America Hate Again ».

Une enquête faite dans 36 pays a montré que le soutien à l’Amérique de Trump s’est effondré à 23% en moyenne. Le Canada lui-même, éternel allié, est passé de 83% à 35%. Il promettait la paix, on a la guerre. De mettre l’Iran à genoux par une guerre éclair, les mollahs de Téhéran lui tiennent tête. De faire plier le géant chinois, il en est à l’amadouer.

L’Europe, prise comme cible commerciale et idéologique, est choquée ; le grand allié des deux guerres mondiales, solide défenseur de la démocratie, pilier de l’OTAN, n’est plus perçu que comme une menace, un faux-frère prêt à vous lâcher au moindre différend marchand, un ogre prêt à dealer du diesel avec l’agresseur russe ou à avaler le glaçon du Groenland, en piétinant cette Europe qu’il méprise.

Crainte et détestation : Trump a tout fait pour cela. Il négocie chaque aide, chaque dollar, s’est retiré de 66 organisations internationales, dont l’OMS, crache sur le climat, coupe de moitié l’aide au développement, chasse le migrant, révoque 300 000 visas, lâche sa féroce police ICE, affiche sa xénophobie dans un pays issu de l’immigration, sans compter sa destruction systématique de la presse, de la justice et de l’État de droit… Arrêtons là. La liste est sans fin.

En Israël, les dégâts sont encore plus importants. Sur quelles valeurs cette nation a-t-elle été créée ? Le juif errant, emblème de la victime éternelle, en quête d’un pays où vivre en paix, un petit pays menacé sans cesse d’extermination, la force d’une démocratie, une armée morale, le génie juif. Aujourd’hui, c’est fini.

Netanyahou a vandalisé l’image d’Israël, devenu puissance impérialiste, qui aurait dû s’intégrer au Moyen-Orient mais ne pense plus qu’à le dominer. La compassion pour l’Holocauste a cédé la place à la violence du bourreau, au racisme, à l’image d’un leader inculpé par la CPI pour crimes contre l’humanité. Avec lui, Israël a perdu toute légitimité morale. Sa société elle-même s’est fissurée, entre une économie toujours dynamique mais une population paupérisée par l’inégalité, les graves attaques contre la presse et la justice et un peuple traumatisé par la faille militaire du 7 octobre. Et une diaspora qui voit monter en flèche, même aux États-Unis, l’hostilité contre Israël et, par ricochet, contre les juifs.

Les négociations pour le gouvernement de Jérusalem et les prochaiens élections de Washington le 3 novembre mettront, dans le meilleur des cas, un coup d’arrêt à l’action des deux grands pyromanes. Même si on parvient à éteindre l’incendie, il faudra faire avec les cendres.


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