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Ali Mamlouk : L’architecte de l’ombre

publié le 20/12/2025 par Jean-Paul Mari

Dans les coulisses du régime syrien, un nom résonne comme un symbole de terreur et d’impunité

Né entre 1946 et 1949 dans une famille sunnite (ou alaouite, selon des sources controversées), cet homme est devenu l’une des figures les plus redoutées de l’appareil sécuritaire de Bachar al-Assad. Son parcours, marqué par une ascension brutale et une loyauté sans faille, en fait l’incarnation même du criminel de guerre, protégé par les failles de la justice internationale.

L’ascension d’un maître de la terreur

Formé au sein de l’armée de l’air syrienne, Ali Mamlouk rejoint rapidement les services de renseignement, où il se distingue par une efficacité impitoyable. Dans les années 1980, il participe activement à la répression des opposants, supervisant des expériences d’armes chimiques sur des prisonniers politiques dans l’unité 417, près de Palmyre. En 2005, il prend la tête de la Direction générale des renseignements, puis, en 2012, devient directeur du Bureau de la sécurité nationale. Proche conseiller d’Assad, il orchestrera la répression sanglante des manifestations de 2011 et la guerre civile qui s’ensuivit.

Intouchable

Sous sa direction, les services syriens ont systématisé la torture, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. En 2023, la justice française émet un mandat d’arrêt international contre lui pour « complicité de crimes contre l’humanité ». En mai 2024, il est condamné à la perpétuité par la cour d’assises de Paris pour son rôle dans la mort de deux Franco-Syriens, Mazen et Patrick Dabbagh, disparus en 2013.

Pourtant, malgré ces condamnations, Mamlouk reste un homme intouchable. Les sanctions internationales (Union européenne, États-Unis, Canada) n’ont pas entamé son influence. Il continue de circuler librement, protégé par des alliances régionales, notamment avec l’Iran et le Hezbollah.

Son ombre plane toujours sur la Syrie

Ali Mamlouk incarne un système où la violence d’État se perpétue sans rendre de comptes. Son cas illustre l’échec relatif de la justice internationale face à des régimes déterminés à protéger leurs bourreaux. Les procès en Europe, même par défaut, sont une lueur d’espoir, mais son ombre plane toujours sur la Syrie.

À la mi-décembre 2025, sa localisation fait l’objet de spéculations. Les autorités libanaises démentent sa présence sur leur sol, tandis que des sources comme Intelligence Online indiquent qu’il reste actif dans l’appareil sécuritaire syrien, opérant entre Damas et Téhéran.


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