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Bezalel Smotrich, le ministre israélien qui veut en finir avec les Palestiniens

publié le 10/06/2026 par grands-reporters

Né dans une colonie, ministre de deux portefeuilles clés, violent, sioniste religieux, suprémaciste et raciste, il est visé par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité et crime d’apartheid

« Résoudre la question palestinienne »

Né le 26 février 1980 à Haspin, colonie israélienne dans le Golan, élevé à Beit El en Cisjordanie, Bezalel Smotrich est un colon de naissance et d’idéologie. Avocat de formation, fondateur du Parti sioniste religieux, il plaide ouvertement pour un « Grand Israël » englobant la Jordanie, le Liban, l’Égypte et l’Arabie saoudite, fondé sur la loi religieuse juive. Son plan pour « résoudre la question palestinienne », défendu depuis 2017, offre aux Palestiniens trois options : vivre sans droits civiques, partir avec une aide financière, ou « combattre et être exterminés ». Il se décrit lui-même comme « un fasciste homophobe » et milite pour la ségrégation ethnique dans les hôpitaux.

Huwara, Paris, Gaza : les mots qui valent des actes

En mars 2023, après le pogrom de colons contre le village de Huwara — un mort palestinien, des dizaines de maisons brûlées —, il déclare en public : « Je pense que le village de Huwara devrait être anéanti. Je pense que c’est l’État d’Israël qui devrait le faire. » Le Département d’État américain condamne ces propos comme « répugnants » et une « incitation à la violence ». Ce même mois, lors d’une soirée à Paris, il affirme en direct sur Facebook : « Il n’y a pas de Palestiniens car il n’y a pas de peuple palestinien. » La France condamne ces propos « indignes et irresponsables ».

En mai 2024, il déclare que bloquer l’aide humanitaire à Gaza est « justifié et moral, même si cela pouvait entraîner la mort de deux millions de civils par la faim ». Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme rappelle que « affamer des civils comme méthode de guerre est un crime de guerre ». En août 2025, Smotrich va plus loin en appelant à couper eau, électricité et nourriture à l’ensemble de la bande de Gaza.

Colonies, démolitions, expulsions : la politique du fait accompli

Les mots sont suivis des actes. En tant que ministre délégué à la Défense, il a légalisé des centaines de colonies illégales et lancé en août 2025 le projet E1 — 3 400 logements entre Jérusalem et Maale Adumim —, condamné par l’ONU et l’Union européenne comme une violation flagrante du droit international qui coupe la Cisjordanie en deux. En mai 2026, dès qu’il apprend la demande de mandat d’arrêt de la CPI à son encontre, il ordonne l’évacuation forcée des 42 familles bédouines du village palestinien de Khan al-Ahmar.

La CPI, les sanctions, l’isolement

En avril 2026, le procureur de la CPI Karim Khan soumet une demande de mandat d’arrêt contre Smotrich pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crime d’apartheid — une première historique. Smotrich confirme lui-même l’information, qualifiant la CPI d’« antisémite ». Si les juges approuvent le mandat, il sera le troisième dirigeant israélien visé, après Netanyahu et l’ex-ministre Gallant. Cinq pays — Royaume-Uni, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Norvège — l’ont déjà sanctionné en 2025. Le 9 juin 2026, la France le déclare persona non grata, son ministre des Affaires étrangères l’accusant de « promouvoir activement l’annexion de la Cisjordanie » et la « recolonisation de Gaza ».

Ce qui distingue Smotrich de beaucoup d’autres responsables controversés est la cohérence brutale entre ses déclarations publiques — souvent filmées — et les politiques qu’il met en œuvre avec les pleins pouvoirs de deux ministères. C’est précisément cette cohérence que les juristes de la CPI retiennent comme élément central pour établir la responsabilité pénale internationale.


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