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« Retour d’Histoire », par Benjamin Stora

publié le 14/02/2020 | par grands-reporters

Lire l’introduction et un chapitre entier du livre.

L’Algérie après Bouteflika.
Le 22 février 2019 débutait en Algérie un vaste mouvement pacifique de protestation contre le régime. L’historien Benjamin Stora en trace ici l’histoire immédiate : le récit est tissé au plus près de l’évènement en train de s’écrire. La narration de ce grand spécialiste du Maghreb et de l’Algérie prend ici toute sa dimension : confronter la longue durée au présent qui surgit. Nommer ce qui se produit et dire qu’il s’agit d’une révolution !


Introduction. L’histoire en marche

Raconter une révolution toujours en acte, quasiment en temps réel et en direct, n’est pas une tâche facile. Les révolutions ouvrent « l’horizon des possibles ». Elles posent un défi à la narration historique de cet évènement. Le récit de l’historien est alors constamment bousculé par les aléas, confronté aux incertitudes d’une histoire qui s’amuse à décevoir les plus hardis de ses explorateurs.

D’autant que pour différents observateurs de la vie algérienne, l’Algérie est longtemps apparue comme un pays à part, étrangement « calme » au moment des secousses qui ont traversé le monde arabe et musulman dans l’année 2011. Sans compter que pour les tenants de l’ordre établi, l’histoire est toujours écrite par avance, pavée de fatalités et de déterminismes, de pesanteurs économiques et de sujétions politiques. Mais quand, à la faveur de l’évènement révolutionnaire, les peuples surgissent sans prévenir sur la scène, c’en est soudain fini de ces fausses évidences et de ces illusoires certitudes. L’histoire s’ouvre alors sur d’infinies possibilités et variantes, où la politique redevient un bien commun, partagé et discuté, sur lequel la société a de nouveau prise.

Depuis le 22 février 2019, huit ans après les « printemps arabes », l’Algérie connaît à son tour une vague révolutionnaire qui a emporté le régime d’Abdelaziz Bouteflika quelques semaines plus tard. Le président algérien, cramponné au pouvoir depuis près de vingt ans et qui briguait un cinquième mandat consécutif, a été contraint de démissionner sous la pression d’un mouvement contestataire d’une ampleur inédite. Au-delà de la chute du patriarche, la foule gagnée par le « dégagisme », réclame toujours aujourd’hui le départ de toute une caste d’hommes politiques et de militaires qu’elle juge corrompue, illégitime et inapte à diriger le pays.

Cette séquence historique n’en est qu’à ses débuts. Elle a vu non seulement le départ d’Abdelazziz Bouteflika, mais l’arrestation et la condamnation de plusieurs hauts responsables qui évoluaient dans son entourage. Le tribunal d’Alger a ainsi prononcé le 10 décembre 2019 des peines extrêmement lourdes dans un procès pour corruption et abus de pouvoir : deux anciens Premiers ministres ont été condamnés à de la prison ferme, ce qui n’était jamais arrivé dans le passé. Quinze ans de prison ferme donc pour Ahmed Ouyahia, ancien Premier ministre, et douze ans pour Abdelmalek Sellal, son prédécesseur. Deux anciens ministres de l’Industrie ont eux aussi été condamnés à dix ans de prison, et trois hommes d’affaires, dont Ali Haddad, l’ancien patron des patrons, condamnés à sept ans de prison ferme.

Ce livre raconte l’histoire de cette chute, en retrace les racines, et esquisse des pistes de compréhension pour l’avenir. L’exercice est délicat car cette histoire n’a pas encore livré tous ses secrets. L’historien ne dispose pas, dans l’écriture d’une histoire en train de s’accomplir, de toutes les sources traditionnelles (en particulier étatiques), pour livrer un récit distancié, critique. Mais l’Algérie vit une telle mutation à tous les niveaux, qu’il est bien difficile de se tenir à l’écart de ce processus, d’un tel ébranlement, que je qualifie de « révolution ».

« Révolution » car c’est tout le travail de l’historien que de nommer les choses et de décrire les phénomènes. Des journalistes algériens ont très vite baptisé cette grande mobilisation en utilisant le terme de « mouvement », en arabe al-hirâk. Ce mot a servi également à désigner le mouvement populaire contre les pouvoirs, dans le Rif marocain, au Yémen ou en Irak ces dernières années. Nous ne sommes pas dans la même configuration politique. Ce livre le montrera.

 

Chapitre 3. L’histoire dans les marches

Dès les premières manifestations de masse en Algérie, au printemps 2019, dans toutes les villes du pays s’est exprimé le désir de renouer avec le passé de l’été 1962, et en particulier avec une dimension forte de ce passé : la joie d’une indépendance retrouvée.

 

Retours d’histoire : l’indépendance et le rôle des femmes

 

C’est un épisode que les années noires ne sont pas parvenues à effacer de la mémoire collective algérienne. Mohammed Harbi, historien, ancien dirigeant de la Fédération de France du fln, a témoigné ainsi de l’ambiance des manifestations qui ont mené à l’indépendance en 1962 : « J’ai rarement vu une foule aussi dense et aussi explosive et joyeuse. Et elle nous a accompagnés sur des kilomètres. Il y avait des dizaines et des dizaines de milliers de gens qui chantaient, qui dansaient, qui avaient fabriqué des drapeaux de toute nature[1]. » De retour en Algérie en 1962 avec le gpra (Gouvernement provisoire de la République algérienne), Hocine Ait Ahmed, leader historique de l’insurrection contre la France, libéré depuis peu après six ans d’emprisonnement, écrit aussi : « C’était un instant de bonheur et surtout de voir la joie, de voir le déferlement d’enthousiasme, les danses, c’était extraordinaire, c’est surréaliste, de voir des femmes enlever leur voile, se mettre en jupe, aller embrasser les hommes. »

Ce moment de joie populaire est indissociable l’irruption spectaculaire des femmes algériennes qui avaient participé à la guerre. Lors de l’indépendance, en 1962, le grand romancier Mohamed Dib, dans Qui se souvient de la mer, évoque une héroïne-symbole de l’Algérie naissante : « Sans la mer, sans les femmes, nous serions restés définitivement orphelins ; elles nous couvrirent du sel de leur langue et cela, heureusement, préserva nombre d’entre nous. Il faudra le proclamer un jour publiquement. » D’autres textes importants témoignent de cette émergence.

Ainsi, en 1962 toujours, Mohammed Boudia s’exclame : « Notre périmètre de vie a explosé, ouvrant des chemins inconnus. La femme est un moteur nouveau, un rouage de plus dans la révolution. Ouvrons, ouvrons les portes et nous verrons toutes les femmes, toutes les filles, toutes nos mères, toutes nos sœurs, faire de leurs voiles un suaire pour l’ennemi, marcher au fond des vallées et grimper dans les montagnes, ceinturées d’armes, porter au creux de leurs bras milles remèdes à milles souffrances, pétrir de leurs mains le pain que mordra le combattant, signifier par leur présence aux portes des prisons et des camps leur volonté de lutter pour l’indépendance de leur pays et le bonheur de leurs enfants. Voilà la femme algérienne aujourd’hui ! Son rôle ancestral est repensé, remis en cause pour le bienfait du peuple[2]. » La femme exprime ici l’éveil de la conscience nationale. Mais cette histoire des femmes algériennes et de leur rôle dans l’accession à l’indépendance ne sera pas vraiment écrite.

Même, ce mythe de la femme-héroïne jouant un rôle clé dans l’épopée de l’indépendance a été largement critiqué car, bien sûr, ce n’était pas tant pour la cause féministe que pour le droit de vivre que les femmes se battaient en 1962[3]. Le mouvement des femmes fera son retour dans le combat contre le code de la famille en 1983 ; et dans la lutte contre l’intégrisme religieux des années 1990. Mais la philosophe et féministe Monique Gadant a bien montré dans ses ouvrages comment cette lutte des femmes pour leurs droits avait été instrumentalisée par les pouvoirs en place pour se légitimer[4]. Comme après la guerre d’indépendance, à chaque fois, les combats étaient minimisés, relégués.

En 2019, le souvenir lézardé des mobilisations anciennes a bien sûr refait surface dans les débats, notamment à propos des appels à manifester. Les exigences d’inscription de l’égalité entre les hommes et les femmes ont été l’occasion de débats quelquefois difficiles dans les assemblées générales d’étudiants, au printemps 2019.

 

 

Le retour des noms propres

 

Ces manifestations sont aussi l’occasion de voir ressurgir des noms oubliés. Car existe aussi le besoin de comprendre comment, pourquoi les aspirations à la liberté ont été « confisquées » par les différents pouvoirs qui se sont succédés depuis1962. On a même vu dans les cortèges de jeunes manifestants brandir le livre de Ferhat Abbas, L’indépendance confisquée, publié en France en 1984[5].

Le vieux dirigeant algérien, mort en 1985, ancien président du Gouvernement provisoire de la République algérienne, y disait toute sa déception dans la conduite des affaires du pays, où il s’était tant investi durant la période coloniale. Cette déception qui n’a pas trouvé à se résoudre dans un processus démocratique se formule dans les termes d’un rappel à une référence majeure de la guerre d’indépendance.

Des portraits de héros morts pendant la guerre d’indépendance sont d’ailleurs régulièrement montrés, comme celui de Larbi Ben M’hidi, assassiné par les militaires français pendant la « bataille d’Alger » en 1957, celui d’Abane Ramdane, assassiné, lui, par d’autres dirigeants nationalistes, toujours en 1957, ou encore celui de Messali Hadj, le vieux leader indépendantiste, écarté pendant la guerre, avec ses partisans, au profit du seul fln, alors qu’il fonde le parti rival, le mna (Mouvement national algérien). Au recours à ces figures historiques, reléguées par l’histoire récente de l’Algérie, fait écho une demande de tourner la page du fln, l’organisation sortie victorieuse de la guerre livrée contre la France coloniale. Partout, un slogan unanime réclame une mise au musée du fln. Pourquoi un tel désir d’histoire ?

Pour beaucoup d’Algériens, et particulièrement dans la jeunesse, de nombreuses questions soulevées pendant la guerre d’indépendance n’ont pas été résolues. Elles ont été différées. Il fallait d’abord reconstruire, avancer. Un témoignage intéressant est à cet égard celui de Rabah Zerari, dit commandant Azzedine, monté très jeune au maquis, arrêté par l’armée française, évadé, clandestin et responsable de la ville d’Alger[6] : « Le peuple d’Alger, le peuple de l’intérieur est arrivé ici. Un bataillon de la wilaya II, un bataillon de la wilaya III.

Le peuple pendant trois jours, la fête, le quatrième jour Ben Khedda m’a dit qu’il faudrait que le peuple se mette au travail. Il a pris la parole. Il a dit : “Demain, il faut retrousser les manches, il faut aller travailler.” Le lendemain, tout le monde s’est mis au travail. Ce capital-là, on aurait pu faire de ce capital quelque chose de merveilleux. L’indépendance, c’est une indépendance merveilleuse. C’est fini les moteurs de char, on ne va plus les entendre, le bombardement de Mechta c’est terminé, il fallait passer à une autre étape. Et là, à notre niveau, nous responsables, on était inquiets. »

Inquiets, car ils savent qu’en réalité l’histoire va bientôt changer de sens. Inquiets, car pour eux l’été 1962, l’été de l’indépendance, c’est aussi celui de l’indépendance confisquée. Ici, il faut étudier précisément ce qui s’est joué : comment tout un pan de la guerre d’indépendance a été politiquement et socialement refoulé pour faire aujourd’hui retour. Jusqu’à s’arrimer, comme on le verra, à la toponymie de la ville…

 

 

Été 1962, les questions non réglées

 

Salah Boubnider, qui a assumé la responsabilité de la région du Nord-Constantinois (wilaya II), dernier chef de cette wilaya jusqu’à l’avènement de l’indépendance, explique en 2002 : « La révolution a changé… d’orientation. Et c’était un problème d’homme. Parce que quand on veut tuer une révolution, il faut tuer les hommes qui ont fait la révolution. Une fois tués, la révolution tombe. C’est ce qu’ils ont fait à mes camarades. En 62, il faut liquider l’aln [l’armée de libération nationale] parce que c’est une armée populaire qui a défendu le peuple, comme ça il prendra le pouvoir, c’était pour le pouvoir. »

Ce responsable met l’accent sur la question des hommes luttant pour le pouvoir. Au moment où se réalise leur rêve, l’indépendance de l’Algérie, les luttes pour le pouvoir s’exacerbent effectivement. Comment s’est jouée cette histoire secrète, difficile et compliquée qui va conduire à l’indépendance confisquée ? Retour en arrière. Deux ans plus tôt. Retour sur les hommes, les cinq leaders historiques, emprisonnés.

C’est l’historien Mohammed Harbi, lui-même ancien du fln, qui témoigne des rapports conflictuels entre ces protagonistes du fln : « Rabah Bitat, Ahmed Ben Bella, Hocine Ait Ahmed, Mohamed Boudiaf, les principaux leaders emprisonnés, ne formaient pas un groupe homogène. Ils ont eu sans aucun doute, on le sait maintenant, des problèmes de cohabitation en prison qui ont joué autant que les divergences politiques. » Divergences entre les chefs, divergences politiques aussi au sein du gpra, le gouvernement provisoire, dirigé par Benyoucef Benkhedda à Tunis, qui conduit alors les négociations pour la paix et l’état-major de l’armée des frontières en Tunisie.

Cette dernière dirige un État-major général sous les ordres du colonel Boumediene. Elle est forte de 60 000 hommes. Lourdement armée, fortement politisée, elle attend son heure. Cette armée est très opposée aux négociations de paix conduites à Évian par Krim Belkacem, de crainte d’en être exclu. Luttes internes à l’appareil politique d’un côté et rivalité du fln et de l’armée de l’autre. Telles sont les données qui se trouvent au cœur des dénonciations de 2019. Elles s’expriment aussi distinctement qu’elles ont été assourdies par les tumultes de 1962.

Ce qu’expriment massivement les Algériens d’aujourd’hui, ces manifestants de 2019, c’est une dénonciation de la prise du pouvoir politique par l’armée au détriment des civils. L’un des chefs historiques du fln, Hocine Ait Ahmed, rend compte de cette rivalité : « C’est pendant les négociations gpra/gouvernement français que les militaires ont pris des initiatives politiques très fortes. Ils ont manifesté leurs désaccords avant la signature des accords d’Évian et c’était pour nous un devoir de rappeler à l’ordre l’état-major. Donc nous avons écrit aux dirigeants militaires.

On leur a dit : c’est une erreur politique grave que d’avoir une crise au moment de la négociation et en même temps, nous avons écrit une lettre de soutien à Benkhedda, le président du gpra ». Cette mainmise de l’armée est décrite par Reda Malek, directeur du journal et organe officiel du fln, El Moudjahid, membre de la délégation du fln pendant les négociations des accords d’Évian (il en sera le porte-parole) : « Boumediene, à cette époque-là, était contre toute négociation : “Il faut d’abord régler les problèmes internes de l’Algérie, les problèmes internes qui empoisonnent notre existence pour aller ensuite à ces négociations, dans des conditions plus favorables.” »

Abderrazak Bouhara, responsable de l’aln et adjoint du colonel Boumediene, lui répond : « Il y avait l’idée suivante qui était très répandue au sein des combattants. On se dit, il est possible qu’il y ait un accord aux dépens des combattants qui se trouvaient sur les frontières et c’est peut-être là une des raisons qui expliquent la grande solidarité qui existait entre les moudjahidines [les combattants] sur les frontières, ce qu’on appelait les unités de l’État-major général. »

Officier au Caire, fortement influencé par Nasser, le colonel Houari Boumediene n’est pas suffisamment connu dans la société algérienne et recherche des appuis politiques auprès des « chefs historiques » de l’insurrection, toujours emprisonnés en France. C’est à ce moment qu’apparaît sur la scène politique un certain… Abdelaziz Bouteflika. Hocine Ait Ahmed raconte : « Les responsables de l’armée avaient envoyé Bouteflika pour recruter un historique. Ils voulaient convaincre d’abord Boudiaf de les rejoindre.

Boudiaf leur a dit : “Qu’est-ce que c’est que cette initiative que vous prenez au moment des élections, vous divisez le pays.” Pour moi il fallait être sur une position de force dans la négociation. Il a été très dur à l’égard de l’état-major donc : out, Bouteflika a éliminé Boudiaf. Il n’en était pas question en ce qui me concerne, du point de vue idéologique, politique. Et ils se sont rabattus sur… Ben Bella. »

Tous ces débats compliqués, ces oppositions manifestes et violentes qui conduiront au coup d’État de Boumediene destituant en juin 1965 le président Ahmed Ben Bella, n’ont jamais été portés à la connaissance du public algérien. Et, comme je l’ai montré dans La gangrène et l’oubli[7], la jeunesse a longtemps ignoré les étapes qui ont conduit, en coulisse, à l’établissement d’un système de parti unique en Algérie, encouragé par l’armée. Les discussions sur les rapports entre les responsables politiques et militaires, comme l’opposition entre ceux qui se trouvaient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Algérie pendant la guerre, n’ont pas davantage été portées à la connaissance des Algériens. On sait la puissance du secret qui pèse de génération en génération et celle du retour du refoulé. C’est pourquoi de nombreux manifestants insistent tant aujourd’hui sur la nécessité d’un pouvoir civil.

 

 

[1]. Documentaire de Jean-Michel Meurice et Benjamin Stora, diffusé sur France 5, en 2002. Toutes les citations d’acteurs algériens de cette séquence sont tirées de ce documentaire.

[2]. Mohammed Boudia, Naissance, suivi de L’Olivier, Lausanne, La Cité, 1962.

[3]. Fadela M’Rabet, Les Algériennes, Maspero, 1967 ; id., avec Maurice Maschino, L’Algérie des illusions, Paris, Robert Laffont, 1972. Dans le premier ouvrage, l’auteur s’attaque au mythe de la femme-héroïne dans une lutte de libération nationale, et remet en cause le récit d’une « guerre épique » : « L’histoire le dira un jour : c’est le petit peuple des campagnes et des villes qui s’est battu, qui a payé de sa vie pour libérer le pays, mais ce n’est pas de ses intérêts, d’abord, qu’on se souciait, propagande exceptée, à Tunis où la “révolution” se mettait en congé du samedi midi au lundi matin. Dans les djebels, on se battait pour gagner le droit de vivre, à Tunis, où l’on ne vivait pas si mal, on s’empoignait pour des portefeuilles ; à Barberousse, à Fresnes, des hommes mouraient, à Tunis, on intriguait. »

[4]. Monique Gadant, Le nationalisme algérien et les femmes, Paris, L’Harmattan, 1995 et Parcours d’une intellectuelle en Algérie, Paris, L’Harmattan, 1995.

[5]. Abbas Ferhat, L’indépendance confisquée, Paris, Flammarion, 1984, réquisitoire contre les premiers présidents de la République algérienne, Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene. Alors qu’à ses yeux les Algériens étaient en 1962 un des peuples affranchis les plus aptes à la démocratie, l’auteur, premier président du gpra en 1958, explique par quel « chemin tortueux » son pays en est arrivé à vivre sous un « régime totalitaire de type stalinien ».

[6]Commandant Azzedine, nom de guerre de Rabah Zerari, né le 8 août 1934 à Béjaia, est un officier de l’aln (Armée de libération algérienne) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie.

[7]. Pour un approfondissement de cet aspect, occultation et falsification, je renvoie à mon ouvrage, La gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie, Paris, La Découverte, 1991 (poche, 1998).

 

 

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