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L’Édito : «  Sale campagne contre les ONG de secours aux migrants  », par Jean-Paul Mari

Quand les migrants gênent, on dit qu’ils ont la rage. Ou que ceux qui les empêchent de se noyer en mer sont des criminels complices des passeurs.

Depuis quelque temps, une série d’accusations visent les ONG dont les bateaux de sauvetage croisent au large de la Libye, l’endroit du monde le plus dangereux pour les canots en plastique des migrants qui veulent traverser la Méditerranée vers l’Europe.

D’abord le procureur de Catane, en Sicile - dont le métier est d’accuser- a affirmé avoir «  des preuves  » de la collusion ONG-passeurs. Puis le Ministre des Affaires étrangères italiennes a estimé que les ONG étaient «  souvent complices de la criminalité organisée  ».

Enfin, Frontex, dont le métier est de surveiller les frontières de l’Europe et pas de sauver les naufragés en mer, parle d’une «  possible collusion  » entre les réseaux et les ONG qui «  récupèrent les migrants en mer comme des taxis  ».

Bien sûr, ces accusations sont reprises avec force par un gouvernement libyen, corrompu jusqu’aux yeux, dont les «  garde-côtes  » ne sont souvent que des milices déguisées qui font la chasse aux migrants pour mieux les rançonner.

Et, sur le Net, tous ceux hostiles aux migrants reprennent avec délice ce genre d’accusation, comme les réseaux d’extrême-droite ou ce site «  Medias Catholique Infos  » - «  catholique  », vraiment ? – qui conclut : «  Toutes ces révélations confirment bien que ces ONG humanitaristes, financées par des soi-disant philanthropes à la Georges Soros, travaillent consciencieusement à la déstabilisation et à la mort des nations européennes.  » Rien de moins !

Quels sont les éléments d’accusation ?

On parle de «  coups de téléphone  » entre la Libye et les ONG. De «  lampes allumées  » pour éclairer… la route des passeurs en mer. Voire d’une vague complicité financière. C’est tout ? Oui. Et cela ne tient pas la route, ou la mer, une seconde.

Quand j’étais à bord de l’Aquarius, géré par SOS Méditerranée et MSF, c’était, et c’est toujours, l’autorité du très officiel MRCC de Rome, sorte de CROSSMED italien, qui coordonnait les opérations des ONG et les dirigeait vers les embarcations en détresse. D’ailleurs, ce sont les vrais garde-côtes italiens - et c’est leur honneur - qui réalisent la grande majorité des secours en mer aux migrants.

Et le soir venu, notre bateau s’éloignait de 24 miles, bien au-delà de la limite des eaux territoriales pour éviter tout incident justement avec les milices libyennes.

Quant aux supposées lampes allumées pour «  éclairer la route des passeurs en mer  », il faut espérer qu’elles soient puissantes !

Enfin, côté financier, hors quelques mécènes connus, les ONG sont essentiellement financées par les dons du public. Pas par les passeurs.

Quant on sait que le procureur de Catane s’empresse d’ajouter que ses propres «  preuves  » ne sont pas utilisables dans un procès. Et que les accusations ne visent …qu’une seule ONG, il ne reste pas grand-chose dans ce dossier ficelé avec de la mauvaise foi.

En réalité, derrière cette sale campagne, il y a cette volonté d’effacer le phénomène des migrants, la tragédie qu’ils portent, la réalité dont témoignent les ONG. Qu’on ne les sauve plus ! Et ils ne nous dérangeront plus avec leurs histoires ! Une voix autorisée a même affirmé que le danger des ONG était de créer un «  corridor humanitaire  ». Ah ! Oui, le crime est grave. Puisque les ONG font le travail d’Homme et de Citoyen que ne font ni les États ni l’Europe. Et que les migrants n’ont d’autre possibilité que de s’adresser à des passeurs criminels.

À l’indignité de rester les bras croisés et aveugle face à un des plus grands drames de notre monde contemporain, s’ajoute désormais l’acharnement à salir et à criminaliser ceux qui croient qu’être un homme, c’est refuser que d’autres hommes, des femmes et des enfants se noient sous nos yeux en Méditerranée.

JP.M

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