Nostalgie de la boue

Album de 27 photos.


« Attends, je vais la refaire, en plus spectaculaire », dit Alex Phialip, 27 ans, qui tombe, pour la deuxième fois, pour la photo, aux côtés de son ami Cédrick Meine, dans un parc public à Armentières, en octobre 2018. Alex porte l’uniforme d’un soldat du 139ème Régiment d’Infanterie d’Aurillac, sa ville natale et le régiment dans lequel ses aïeuls ont combattus.

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Photos Hugo Passarello Luna

Grâce à un appareil photo datant de la période de la Grande Guerre, Nostalgie de la boue explore la reconstitution de la mémoire collective française, un siècle après la fin de la Grande Guerre. Un passé idéalisé par certains, devenant parfois plus rassurant que le présent. Pendant un an et demi, j’ai sillonné la France et ai photographié une quinzaine de reconstitutions de batailles 14-18. Les photos ont été prises avec un Kodak Vest Pocket, surnommé le « Kodak des soldats », l’un des appareils les plus utilisés par les combattants pendant la guerre. Malgré l’apparence ancienne des clichés, il s’en dégage une sensibilité contemporaine. Les images de Nostalgie de la boue, tout comme les reconstitutions historiques qu’elles représentent, s’inscrivent dans le présent. Elles fonctionnent comme un miroir de nos interrogations et de nos doutes actuels. On y apprend finalement davantage du présent que du passé. Face à l’incertitude de l´avenir, le passé est un ressourcement, où les enjeux sont clairs. Investir la peau d’un héros du passé peut nous permettre de trouver du sens à notre vie quotidienne. La mémoire collective est un perpétuel exercice de réécriture. Qui sait ce que l’on reconstituera dans un siècle ?