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Criminaliser les ONG de secours en mer

par Jean-Paul Mari
Voilà, c’est fait. L’offensive contre les ONG est devenue générale. Paris, Rome et Berlin mettent désormais en cause le travail des ONG qui portent secours en mer aux migrants naufragés. En un mot, les ONG seraient …complices des passeurs libyens. Au départ, il y a peu de choses, une déclaration d’un procureur de Catane, l’hostilité affichée et attendue de Frontex, un flot de rumeurs et d’insinuations sur les « vraies » motivations des ONG, leurs financements, leurs méthodes, etc., une très sale campagne reprise, amplifiée et déformée avec volupté par tous les mouvements de droite et d’extrême droite qui n’ont qu’une obsession : faire disparaître les migrants de la surface de la mer. Pourtant, le dossier paraît vide. Quand j’étais à bord de l’Aquarius de SOS Méditerranée et MSF, le sauvetage se faisait – et se fait encore – sous la direction du MRCC, le centre maritime de Rome. C’est lui qui nous désignait les bateaux à secourir, les attribuait au navire le plus proche, décidait du transbordement sur un autre navire. À Rome, le MRCC avait d’ailleurs salué l’initiative de l’ONG. Comme l’Amiral commandant la flotte militaire européenne de SOFIA qui avait envoyé un télégramme de félicitations et invité le capitaine de l’Aquarius à …déjeuner à son bord. Quant au financement, c'est simple, l’ONG survit grâce aux dons des citoyens, recueillis en toute transparence. Pourtant; il a suffi d’une seule accusation, sérieuse, contre un seul des navires de secours d’une petite organisation allemande – Jugend Rettet – pour décréter que… toutes les ONG étaient forcément coupables. Absurde. Qu’est-ce qui a changé ? Il y a un an, l’Europe ne faisait rien. Les migrants se noyaient. Et les pouvoirs politiques se taisaient. Seule l’Italie faisait son travail, employant ses garde-côtes aux secours, recueillant les naufragés, les recevant sur son sol. Aujourd’hui, l’Italie a fait savoir qu’elle en avait assez de lancer des appels à l’aide qui restaient sans réponse. Elle menace de fermer ses ports engorgés. Elle durcit le ton. L’Europe, elle, a choisi de ne pas faire son devoir, au mépris de toutes ses valeurs. Elle a choisi de payer la Turquie pour jouer les chiens de garde. Et maintenant la Libye pour « secourir les migrants » - sinistre farce quand on sait l’horreur dans cette Libye, - revenue au bon temps de la Traite négrière -, qui rançonne, torture, viole et tue les migrants. Hommes et femmes. Oui, l’Europe a choisi. Et ce n’est pas très beau à voir pour nous Européens. Dans ce contexte, les ONG sont devenues gênantes. Avec leur façon de créer un corridor humanitaire. Alors, il faut les supprimer. Ou au moins, les neutraliser. En leur imposant un « code de conduite » avec, entre autres, la présence d'un policier à bord, façon de transformer le secours en contrôle policier des migrants. Exactement comme le veulent les mouvements d’extrême-droite qui ont armé un navire, le « C-Star », pour refouler les naufragés vers les « secours libyens », autre farce macabre. Gageons que, sous peu, le C-Star s’opposera au travail des navires des ONG, provoquant des incidents en mer, ce qui amènera les autorités à limiter encore plus l’activité des ONG pour « raisons de sécurité »... Tout cela n’a qu’un but : criminaliser l’action des ONG, c’est les réduire à l’inaction, laisser les migrants se noyer sans témoins, les faire disparaître de la scène internationale. Et la Libye ? La Syrie ? L’Afghanistan ? L’Érythrée ? Le Sud-Soudan ? Les guerres ? Les dictatures ? L’exode ? La misère ? Peu importe. Qu’ils meurent. Mais surtout loin de chez nous. Hors de notre vue. Cela ressemble à un crime contre l’humanité, non ? Avec l’indifférence comme arme de destruction. « Défendre l’Europe ! » Finalement, nos gouvernements parlent exactement comme les fascistes de Génération Identitaire et les mouvements d’extrême-droite. L’Europe des Nations - la nôtre – est en train de perdre la bataille du cœur et de l’intelligence, celle des Droits de l'Homme. Il faudra un jour expliquer cela à nos enfants. Ce sera dur.

L’extrême-droite à l’assaut des migrants

par Jean-Paul Mari
L’extrême droite dépêche un navire pour entraver le sauvetage des migrants 11/07/2017 Un navire de 40 mètres affrété par des militants d'extrême droite est en route pour entraver le sauvetage des migrants au large de la Libye. | Infographie Ouest-France

 Après avoir...

Abbas, jeune réfugié malade, expulsé en catimini vers Milan

par Jean-Paul Mari
URGENT: Un appel du Comité réfugiés de Montpellier. Ils sont six, tous venus du Sud Soudan. Cela leur a pris des mois, des années pour atteindre la Libye où ils ont été exploités avant d'être forcés à embarquer dans embarcations qui ne méritent pas le nom de bateau. Sauvés de la noyade, ils sont arrivés en Italie où on leur a pris leurs empreintes sous la contrainte et, de là, se sont rendus en France. Ils y sont depuis plus d'un an, progressent dans notre langue et ont une conduite exemplaire. Il y a quelques mois, ils ont été envoyé à Montpellier

Armes chimiques: comment le régime syrien a construit son arsenal.

par René Backmann
La Russie, l’Arménie et l’Allemagne fédérale ont été des fournisseurs majeurs de technologie et de matières premières pour le programme syrien de production de gaz de combat : c’est ce que révèlent à Mediapart des scientifiques syriens en exil qui ont travaillé à ce projet.

Comment Bachar al-Assad a gazé son peuple: les plans secrets et les preuves

par René Backmann
Aujourd’hui en exil, des scientifiques syriens qui ont participé à la fabrication des armes chimiques utilisées par le régime de Damas révèlent que le dictateur se préparait à utiliser les gaz de combat contre ses opposants dès 2009

Mossoul : la bataille perdue de Daech

par Luc Mathieu
Si la reprise de la mosquée Al-Nouri marque un tournant symbolique du conflit, les combats se poursuivent entre des jihadistes aux abois et une armée épuisée.

Ces grands-reporters qui ne sont jamais revenus.

par Jean-Paul Mari
Leurs photos et leurs noms n'ont été publiés souvent que le jour de leur disparition. Avant de s'effacer à leur tour. Mais même des années après, ils continuent à nous manquer. Des confrères comme on dit, souvent des copains, parfois des amis. Leurs trous dans l'eau ne se referment pas. Alors, nous avons décidé d'inscrire leurs noms et leurs visages. Liste de reporters français. Incomplète évidemment. Liste qu'il faudra malheureusement tenir à jour. Juste pour dire que si la mort fait partie de ce métier, notre métier est aussi de ne pas oublier.

FILM: « LES MIGRANTS NE SAVENT PAS NAGER ».

par Jean-Paul Mari
VOIR OU REVOIR LE FILM EN INTÉGRALITÉ. (Public-Sénat) VOIR L'EXTRAIT DE LA SOIREE DU FESTIVAL DE TÉLÉVISION DE MONTE CARLO L’Aquarius, navire affrété par l’organisation SOS Méditerranée, prend la mer à Lampedusa pour une durée de deux mois. Pour la...

Mort de Stephan Villeneuve,grand-reporter, à Mossoul, par Luc Mathieu.

par Jean-Paul Mari
Le journaliste préparait un reportage pour «Envoyé spécial» quand deux mines ont explosé. Il suivait les forces irakiennes qui ont pénétré dimanche dans la vieille ville aux mains de l’Etat islamique. Stéphan Villeneuve, mort au «service de l’information» à Mossoul Stéphan Villeneuve, 48 ans et père de quatre enfants, n’a pas survécu à ses blessures. Il est mort lundi après-midi, quelques heures après avoir été blessé à Mossoul, dans le nord de l’Irak. «Avec sa disparition, c’est une nouvelle fois le journalisme de guerre qui est frappé. Je souhaite rendre hommage à son courage au service de l’information et à son professionnalisme reconnu par tous ceux avec lesquels il a travaillé», a déclaré la ministre de la Culture, Françoise Nyssen. Stéphan Villeneuve était expérimenté, coutumier des terrains de guerre et de leurs risques. Il a longtemps travaillé pour l’agence de presse Capa. «Il avait 25 ans quand il a fait ses premières armes en Bosnie. Après Sarajevo, il a enchaîné Mogadiscio, le génocide rwandais, le Kosovo, le Congo, Haïti, le Yémen, l’Irak, la Tunisie… Et puis l’Irak, une dernière fois. Stéphan connaissait la planète comme sa poche. Il aimait profondément les autres. […] C’était un grand pro», a fait savoir Capa dans un communiqué. Lundi, il était à Mossoul pour la société #5 bis Productions et préparait un reportage pour Envoyé spécial. Il était accompagné de la journaliste Véronique Robert, qui travaillait avec lui, de Samuel Forey, correspondant du Figaro et de Bakhtiyar Haddad, un journaliste et fixeur kurde. Ils suivaient une unité des forces spéciales antiterroristes irakiennes qui venait de pénétrer dans la vieille ville de Mossoul. Alors qu’ils marchaient, deux mines ont explosé. Bakhtiyar Haddad a été tué, Véronique Robert et Stéphan Villeneuve ont été grièvement blessés. Les deux journalistes et Samuel Forey, plus légèrement touché, ont été transportés par hélicoptère dans un hôpital de Bagdad. Snipers. L’offensive pour reprendre Mossoul à l’Etat islamique (EI) dure depuis plus de huit mois. La ville, la deuxième d’Irak, avait été prise à la surprise générale par les jihadistes en juin 2014. Quelques centaines de combattants avaient réussi à faire fuir des milliers de policiers et soldats irakiens, censés la protéger. Des officiers avaient abandonné armes et uniformes avant de battre en retraite. Le 17 octobre, l’offensive pour chasser l’EI était lancée. Des dizaines de milliers de peshmergas kurdes, de soldats et de policiers d’unités irakiennes attaquent les positions jihadistes dans la plaine de Ninive. En quelques semaines, la plupart des villes et villages de la périphérie de Mossoul sont repris. Fin janvier, les forces spéciales antiterroristes, formées et financées par les Etats-Unis, contrôlent les quartiers Est. Un mois plus tard, la bataille pour reprendre l’Ouest débute. Elle mobilise la police fédérale, les brigades d’intervention rapide - une unité d’élite de la police - et les forces antiterroristes. Elle est d’emblée plus dure. Les jihadistes résistent farouchement. Ils multiplient les attaques-suicides. Des combattants, des drones, des voitures, des bulldozers explosent devant les positions irakiennes. Des snipers prennent à revers les soldats. Les jihadistes se sont préparés. Ils circulent de maison en maison par des trous qu’ils ont creusés dans les murs mitoyens. A plusieurs reprises, les forces irakiennes se voient obligées de ralentir l’offensive pour se réorganiser. Soldats et policiers sont épuisés. Beaucoup ont aussi combattu à Ramadi et Fallouja, ils en portent les cicatrices. Catastrophique. En mars, ils sont à la lisière de la vieille ville. Ils aperçoivent le minaret penché de la mosquée al-Nouri, là où Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l’EI, est apparu en public en juin 2014. Mais ils ne peuvent s’en approcher, les ripostes des jihadistes sont féroces. Dimanche, après une nouvelle réorganisation, les forces irakiennes ont pénétré pour la première fois dans la vieille ville. Les jihadistes les y attendent, acculés et encerclés. Les combattants irakiens pourront tenter de se faire passer pour des civils. Les étrangers, dont des Français, sont là pour mourir. Ils résisteront comme ils l’ont déjà fait, avec des snipers postés sur les toits de maison où vivent encore des civils, des mines artisanales et des kamikazes. La plupart des ruelles de la vieille ville sont trop étroites pour les voitures piégées. La situation humanitaire est catastrophique depuis plusieurs mois. Les habitants sont pris pour cible par l’EI lorsqu’ils tentent de s’échapper. Il n’y a plus d’eau courante, ils doivent payer pour récupérer celle du Tigre, qui coupe Mossoul en deux. Ceux qui ont épuisé leurs réserves mangent des chats ou des bouts de carton trempés dans l’eau. Selon l’ONU ? Il reste environ 100 000 habitants dans la vieille ville. L. M.

12/ Columbus, Nouveau-Mexique : Guerre sur la frontière.

par Jean-Paul Mari
Bill Johnson n’en peut plus ! Pourtant, c’est un homme solide. Cinquante-sept ans, les pieds ancrés dans sa terre de Columbus où son grand-père s’est installé en 1918. Le type même du sud-texan qui vous jauge d’abord, regard méfiant, mâchoire...

Signature du deuxième volet de la trilogie BD d’Edoardo di Muro

par Edoardo di Muro
Librairie « Lis thés ratures » 69 allée du forum 92100 Boulogne-Billancourt À partir de 17h30-18h [gallery link="file" ids="10283,10284"]

Turquie : « Lettres du Bosphore »

par grands-reporters
« Pour que le mal triomphe, il suffit que les honnêtes gens ne fassent rien » Edmund Burke. 1/ Des séjours prolongés peuvent ressembler à l’exil. Un voyage sans billet de retour. Les mois passent et se ressemblent. C’est le sentiment qui m’envahit alors que je me trouve devant une plage de l’océan pacifique, quelque part en Californie, non loin de Los Angeles, la « cité des anges », une ville que je découvre avec l’émerveillement d’une première fois. Un pays que je connais mal. Après une semaine de pluie – ce qui est rare me dit-on – le soleil est revenu. La sècheresse sévit depuis cinq ans, et l’État d’urgence a été décrété après les gros incendies de l’été. Une terre aride de monoculture où le regard se perd parmi les milliers d’hectares, pistachiers, oliviers et amandiers.

HAITI

par Corentin Fohlen
Livre et photos de Corentin Fohlen, l'autre visage d'Haïti 12 janvier 2010, un séisme dévaste Haïti et fait près de 250 000 morts. Corentin Fohlen, photographe, rejoint l'île pour couvrir la situation d urgence humanitaire sur place pour la presse. En 2012, il retourne à Haïti pour découvrir en profondeur le pays et montrer d'autres facettes de ce territoire présenté comme maudit et pauvre. Il axe son travail sur l'énergie débordante qui existe sur l île, y décèle les possibilités, les espoirs tout en observant les travers. Prenant le contrepied du fantasme véhiculé sur la misère des habitants, il décide de consacrer du temps (plus de douze voyages) pour dresser un portrait beaucoup plus complet et complexe de la réalité haïtienne. Le livre Haïti interroge l'afflux d investissement engagé de l'extérieur sur l île. Le pays rêve (ou on rêve pour lui) de retrouver le mythe de sa grandeur passée et de rejoindre sa voisine, la République Dominicaine, qui excelle dans le tourisme de masse. Corentin Fohlen relate les moyens et les effets de cette accélération économique destinée à rassurer une nouvelle clientèle touristique. Profite t-elle réellement aux Haïtiens ?

11/ Cuidad Juarez : La ville qui assassine les femmes

par Jean-Paul Mari
- Neuf heures du matin, pont d’El Paso. Il y a neuf ans, j’étais déjà ici, sur ce pont qui mène à la ville mexicaine de Cuidad Juarez, assommé par la même chaleur, pour enquêter sur la même histoire terrible....

L' »Hermitage »: le projet.

par Jean-Paul Mari
Qu’est-ce que l’Hermitage ? L’Hermitage, c’est un espace à investir de 30 hectares, 20 bâtiments, des terres agricoles et des bois, situé à 1 heure de Paris. Nous souhaitons réhabiliter cette infrastructure afin d’accueillir et soutenir les passionnés, créateurs, porteurs...

Les grands patrons de journaux face à l’avenir

par Alain Louyot
LE LIVRE CLIQUEZ SUR L'ICONE COUV__Les_grands_patrons_de_journaux_face_a_l_avenir.pdf UN EXTRAIT SUR LE WASHINGTON POST CLIQUEZ SUR L'ICONE TGL25-Washington_Post_1_.pdf LIRE L'AVANT-PROPOS DU LIVRE Ce livre raconte une âpre bataille pour la survie. Celle que livrent quotidiennement, depuis une quinzaine d’années et d’un bout...

Sale campagne contre les ONG de secours aux migrants

par Jean-Paul Mari
Quand les migrants gênent, on dit qu’ils ont la rage. Ou que ceux qui les empêchent de se noyer en mer sont des criminels complices des passeurs. Depuis quelque temps, une série d’accusations visent les ONG dont les bateaux de...

10/ El Paso, Texas : Quand passent les migrants.

par Jean-Paul Mari
Le premier est Consul du Mexique à El Paso. Ne cherchez pas la caricature du haut fonctionnaire bedonnant à moustache noire, Juan Carlos Foncerrada Berumen a trente six ans, l’œil bleu et vif, le cheveu châtain clair et semble sorti...

L’Edito: « Réarmer l’Erythrée ? » par Léonard Vincent

par Léonard Vincent
On va donc bientôt discuter, au Conseil de sécurité de l'ONU, d'une possible levée des sanctions militaro-financières frappant l'Erythrée. Et cette fois, ça bouge. Les rapports du Groupe de contrôle chargé de surveiller leur application sont de plus en plus hésitants, vu l'immense omerta qui prévaut dans la Corne de l'Afrique. Les diplomaties occidentales, frissonnant de trouille devant tous ces visages noirs qui se massent à ses portes, se montrent soudain ouvertes à un assouplissement de leur comportement envers l'enfer d'où il se sont évadés, notamment Asmara. La dictature elle-même s'est bien organisée, faisant croire qu'elle était un régime comme un autre, criminel peut-être, mais bien en place. Le monde moderne, quoi. Considérant cette comédie, les membres du Conseil de sécurité ont des préoccupations bien éloignées des lamentations des prisonniers érythréens. Mais la France disposant d'un siège permanent et d'un veto, elle pourrait faire entendre une voix raisonnable. Laquelle ? Celle d'un point de vue bien informé. Voici ce qu'il pourrait être : premièrement, que le règlement définitif de la question des territoires occupés par l’Éthiopie doit être un préalable à tout mouvement un peu constructif dans le coin ; puis que l'examen d'une levée des sanctions ne saurait être entamé qu'en contrepartie d'une chose, et d'une chose seulement : que l'armée érythréenne cesse d'être utilisée comme un outil de réduction à l'esclavage de la population et, donc, que tous les enfermés des camps de l'infamie soient rendus à leur famille, soignés et respectés ; que le régime érythréen n'ayant jamais cessé de se comporter comme un voyou dans la région, en fomentant la violence en Éthiopie et à Djibouti, mais aussi en servant de piste d'envol à l'aviation émiratie qui meurtrit le Yémen, le retour du ministère de la Défense érythréen sur la liste des acheteurs de matériel de combat n'est à l'évidence pas une avancée sur la voie de la paix. Or cela voudrait dire que le président Issayas Afeworki et son clan mafieux acceptent de se saborder ? J'affirme que ce cruel dilemme est bon, car cela pourrait être l'occasion, enfin, de leur proposer une sortie à la hauteur de l'épuisement de leur peuple. L.V ... Lire la pétition de a communauté Érythréenne

9/ El Paso, Texas : les égouts de la liberté.

par Jean-Paul Mari
Les égouts d’El Paso, voilà un moyen sûr et rapide ! C’est du moins ce que croyait Jésus Prado, 25 ans, technicien en électricité dans la ville de Guadalajara, à vingt-quatre heures de bus de la frontière avec l’Amérique. Là-bas,...

par Alexandre Dereims
L’un des derniers peuples afro-asiatiques refuse l’assimilation forcée. Alors que New Delhi leur dénie le droit à l’autodétermination, des journalistes ont réussi à rencontrer les Jarawas pour leur donner la parole. Les Jarawas sont des chasseurs-cueilleurs. Ils vivent depuis des dizaines de milliers d’années sur les îles Andamans en Inde. D’après des études récentes, ils auraient fait partie des premières migrations humaines depuis l’Afrique vers le reste du monde, il y a environ 70,000 ans. Mais cela fait une dizaine d’années seulement qu’ils sont entrés en contact avec les Indiens. Depuis leur situation s’est considérablement dégradée. Des femmes ont été enlevées et violées par des Indiens. Les Jarawas sont allés se plaindre à plusieurs reprises auprès des autorités des Andamans, en vain. Les Jarawas sont également victimes de safaris humains, organisés par les agences de voyage locales. Ils se déroulent le long de l’Andaman Truck Road, une route construite illégalement et qui traverse leur territoire. Des dizaines de véhicules, escortées par l’armée indienne l’empruntent quotidiennement pour prendre des Jarawas en photos. Pourtant, il est interdit de pénétrer sur leur territoire sous peine de prison. La réserve est sous le contrôle conjoint de l’armée, de la police locale et des gardes forestiers de l’AAJVS, un organisme d’état dépendant du ministère des affaires tribales indien. Une mesure censée protéger ce peuple fragile. Les Jarawas ne sont plus que 420. Alexandre Dereims et Claire Beilvert, un journaliste et une photographe de presse français, sont parvenus à les rencontrer pour leur poser la question. Ils ont outrepassé l’interdiction de pénétrer dans la réserve. Ils ont pris toutes les précautions nécessaires afin de ne pas leur transmettre de maladies. Les Jarawas les ont autorisés à rester quelques jours avec eux afin de réaliser des interviews. C’est la première fois que des membres de ce peuple en danger parlent au monde extérieur. SIGNER LA PETITION

8/ Van Horn,Texas: Un café sur le sable.



par Jean-Paul Mari
Trois enterrements. Le « Sands Café » a un air de déjà vu. À l’intérieur, des affiches du film de Tommy Lee Jones tourné ici, dans cette cafétéria du désert. « Les trois enterrements de Melchiades Estreda » est sans...

7/ Alpine, Texas : le désert est blanc.

par Jean-Paul Mari
Bienvenue en Bavière. Au fin fond du Texas, le nez sur la frontière, soudain, plus un Mexicain en vue. Une région « blanche », un patronne d’hôtel aux cheveux argentés, les yeux bleus et la peau rose. « Alpine »...

A Mossoul, au cœur des combats contre l’État islamique

par Luc Mathieu
L’armée irakienne poursuit son offensive contre l’Etat islamique. Mais les ruelles de la vieille ville, les snipers et la présence de civils rendent la progression difficile.

FIGRA 2017 : le palmarès complet

par grands-reporters
Le 24ème FIGRA (Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du documentaire de société) vient de se terminer.

6/ Nuevo Laredo, Mexique: La peur règne sur la ville.

par Jean-Paul Mari
Ils sont venus en pleine nuit, chez lui, sont entrés dans la chambre et ont ouvert le feu. Mauro, le journaliste mexicain, a sauté de son lit pour éviter les balles, mais son fils de 20 ans a été blessé...

5/ El Cenizo, Texas : A la conquête du pouvoir !

par Jean-Paul Mari
Il a vingt-trois ans, une cravate rouge sur une chemise écarlate et, quand il sera grand, il sera gouverneur du Texas ! A 14 ans déjà, Raoul Reyes, citoyen US né d’une mère de Corpus Christie et d’un père mexicain...

L’Édito :Josette ou l’élégance du reporter, par Jean-Paul Mari

par Jean-Paul Mari
Il y a des disparitions plus cruelles, plus injustes, plus scandaleuses que d’autres. Nous avions une grande dame et le qualificatif, désormais, n’est plus très facile à attribuer. Il est d’usage de dire que certaines personnes s’en vont en emportant une partie de notre mémoire. Ce n’est pas totalement exact. La mémoire qui nous reste est seulement plus douloureuse. Elle met le vide en abyme. La mort de Josette me donne le vertige, un peu comme on perd un point de lumière dans l’obscur, un repère moral, un membre aimant de notre famille. Et celui ou ceux qui gouvernent – mal – en haut auraient dû nous la laisser encore un peu, comme une borne lumineuse sur le chemin du ciel. Josette était un coup de foudre pour tous ceux qu’elle rencontrait, sa mort est un coup de grâce. Au Nouvel Observateur, elle est la dernière d’une série de chocs qui ébranle toute la maison. Il y a eu Serge Lafaurie, jeune vieillard magnifique dont Clint Eastwood n’était qu’un pâle sosie, un prince des mots, un seigneur engagé et discret. Et François Cavigioli, sa plume, bon dieu, sa plume ! Et la malice des tendres. Et K.S. Karol, une culture d’encyclopédie politique, un morceau d’histoire contemporaine à lui tout seul. Et son courage. Et maintenant Josette, dont l’élégance du corps et de l’esprit faisait baver d’envie les quatre étages de la rédaction. Ils étaient à la fois beaux, brillants, engagés et humbles. L’humilité. Au temps des selfies, la vertu devient rare, non? Elle, en grande dame, n’étalait rien. Il lui suffisait d’être. Albert Londres aurait fondu devant elle. Nous aussi. Josette, présidente de l’association avant que sa santé ne l’oblige à renoncer, cela suffisait à illuminer la fonction politique, et d’oser imaginer Ava Gardner à l’Élysée. Alors oui, plus que la tristesse, c’est une sainte colère qui nous saisit. La tristesse, ce sera pour plus tard, quand le temps atténuera le scandale de son départ. La tristesse, pas l’amertume. Et quand sera trop forte la nostalgie de notre grande dame, il suffira de fermer les yeux et de la revoir pour retrouver le vrai visage de la jeunesse éternelle. Avec toute notre tendresse.

Prix Albert Londres 2017

par Jean-Paul Mari
Le 79e Prix Albert Londres de presse écrite, le 33e Prix Albert Londres de l’audiovisuel et le 1er Prix Albert Londres du livre seront remis à Paris en juin prochain et couronneront les meilleures enquêtes et grands reportages francophones de l’année. Seules les qualités d'écriture et d'enquête sont appréciées.

La photographie au bord de l’asphyxie

par grands-reporters
Malgré une grève du monde de la photo cet été, les organes de presse ont toujours du mal à payer les professionnels dans les délais légaux. L’État doit intervenir et respecter ses engagements.

4/ Reynosa: Le goût sauvage de la frontière.

par Jean-Paul Mari
Ici, à Reynosa, ville frontière mexicaine, personne ne veut y croire. Ni les clandestins qui piétinent en attendant la nuit au bord du Rio Grande, ni les hommes d’affaires qui se nourrissent de la frontière. « L’Amérique, regardez, elle est...

3/ Reynosa, ville sauvage.

par Jean-Paul Mari
Les Etats-Unis ont décidé de construire un mur le long de leur frontière de 3300 km avec le Mexique, pour lutter contre l’immigration clandestine venue d’Amérique latine. Projet fou, utopie ou réalité ? Jean-Paul Mari et Yann Le Bechec ont fait le voyage du Golfe du Mexique aux côtes de la Californie. Ils racontent le parcours tragique de millions de migrants mais aussi les narcotrafiquants, la Border Patrol et les rêves et les espoirs du peuple de la frontière.

Prison de Saidnaya, Syrie: Ici, on extermine.

par Luc Mathieu
La prison de Saidnaya, à 30 kilomètres au nord de Damas, n’est pas seulement l’une des plus atroces de Syrie, là où tortures et mauvais traitements sont systématiques et institutionnalisés. C’est aussi un lieu de massacre organisé, «un abattoir», selon un...

Voyage le long du mur de l’Amérique: Boca Chica, kilomètre zéro de la frontière (2)

par Jean-Paul Mari
Carnets du Rio Grande Un mur de 3300 kms entre les USA et le Mexique. Les Etats-Unis ont décidé de construire un mur le long de leur frontière de 3300 km avec le Mexique, pour lutter contre l’immigration clandestine venue...

Édito : « Donald et son mur », par Jean-Paul Mari

par Jean-Paul Mari
C’est un pari fou. On serait tenté de dire, le pari d’un fou. Sauf qu’il est président des États-Unis, qu’il vient d ‘être élu et semble résolument décidé– il est résolument décidé pour tout – à faire construire ce mur qui va courir le long des 3330 kilomètres de la frontière entre le Mexique et les États-Unis, du Golfe du Mexique jusqu’à la Californie sur la côte pacifique. Comme souvent, tout le monde aimerait se rassurer en pensant que Donald Trump, ce président au prénom de bande-dessinée, n’est qu’un bouffon excité qui ne durera que le temps d’un mandat de cinq ans. C’est mal connaître l’Amérique. L’idée du mur n’est pas celle d’un homme seul. Une grande partie des Américains la soutiennent depuis longtemps. Déjà, au temps de Georges W. Bush, un autre président -élu et réélu par ses concitoyens, et qui a plongé le monde dans deux guerres dévastatrices, l’Afghanistan et l’Irak - les Républicains voulaient édifier ce mur de 3330 kilomètres. Donald Trump y ajoute sa note personnelle en affirmant vouloir faire payer le coût de ce gigantesque ouvrage par les Mexicains eux-mêmes. Il y a une dizaine d’années, alarmé déjà par ce projet, j’ai voulu réaliser un reportage tout au long du tracé de ce mur à moitié construit pour en comprendre la réalité. Avec un dessinateur Yann Le Bechec, nous avons passé un mois, entre océans et montagnes, rios et déserts, à suivre ce pointillé sur la carte qui sépare deux mondes. Deux humanités. L’élection de Donald Trump, sa volonté affirmée de faire aboutir ce mur, sa brutalité et son mépris des valeurs humaines, la colère et le désespoir des autres, la stupeur ou l’indifférence des autres nations de toutes façons réduites à l’impuissance, tout nous porte à republier ce « Voyage le long du mur » plus d’actualité aujourd’hui que jamais.

Une histoire : « Mataroa », un Exodus grec.

par Maria Malagardis
En 1945, alors que la Grèce est au bord de la guerre civile, ce navire évacue vers la France près de 200 étudiants et intellectuels. Souvenir d’une solidarité disparue.

Edito: « Petit journal d’une grande tragédie », par Jean-Paul Mari.

par Jean-Paul Mari
La chronique des migrants. Au jour le jour, toutes les bulles d’informations qui naissent et disparaissent sur la surface de l’eau. Chaque jour apporte son lot d’informations sur la tragédie des migrants, notamment en Méditerranée. Ces infos sont reprises ou pas, et disparaissent sans laisser beaucoup de traces. On sait bien sûr que des hommes, femmes et enfants se noient en mer, disparaissent, sans laisser de traces eux-non plus. Autant de bulles qui éclatent à la surface de l’eau, dans un petit bruit d’air. "grands-reporters.com" a décidé de tenir une chronique de toutes ces informations, les petites et les grandes, les lois et leurs conséquences,les grandes statistiques et les petites histoires, les grands drames et les faibles espoirs, le grand silence et les appels à ne pas fermer les yeux. Posées l’une après l’autre, ces informations disparates deviendront une chronique, un journal, une pierre inscrite, et feront ce que, modestement, nous pouvons et devons faire : graver une histoire qu’on veut oublier.

Les ONG complices des passeurs en Méditerranée : le dossier qui a fait pschitt ?

par Jean-Paul Mari
Génération identitaire veut empêcher les bateaux d'ONG d'aller en Méditerranée secourir les migrants, cagnotte en ligne à l'appui. Face au silence des politiques, des militants se demandent si des solutions juridiques existent. Comment empêcher les identitaires de saborder le sauvetage des migrants en Méditerranée ?

Poursuivi par Daech

par Luc Mathieu
Le site internet qu’il tenait en Turquie pour militer contre l’Etat islamique lui a valu plusieurs tentatives de meurtre. Réfugié en France, le militant syrien Ahmed Abd al-Qader espère voir un jour la libération de sa ville natale, Raqqa, toujours aux mains de l’EI.


Images de grands-reporters

par Jean-Paul Mari
LE RÉSULTAT DE LA VENTE AUX ENCHÈRES EST DÉSORMAIS CONSULTABLE SUR LE SITE INTERNET DE LA MAISON ROSSINI PENDANT QUINZE JOURS, LA MAISON ROSSINI TRANSMETTRA AUX AUTEURS- PHOTOGRAPHES QUI LES ACCEPTERA TOUTE PROPOSITION DE VENTE SANS TENIR COMPTE DE PRIX DE RÉSERVE. Aller sur le site de la Maison Rossini

Etat Islamique: comme un goût d’Apocalypse..

par Jean-Paul Mari
Des reculs, mais aussi une résistance acharnée et des contre-attaques. En 2016, l’organisation Etat islamique a perdu plusieurs fiefs de son «califat» syro-irakien. Elle a aussi été chassée de Syrte, en Libye. Mais les jihadistes sont loin d’être défaits. A...

« Le Grind » aux Îles Feroe

par Vincent Kelner
Le grind, est le nom donné à la tradition culturelle de chasse aux cétacés, ciblant principalement les globicéphales noirs, en vigueur dans les îles Féroé. La traduction littérale du mot féroïen Grindadráp est « mise à mort des baleines ».

« Alep: la mort lente. »

par Luc Mathieu
Les derniers bastions de la ville syrienne détenus par la rébellion se réduisent chaque jour, sous les assauts répétés du régime et de ses alliés. Abandonnée, acculée, la population est à bout.
Alep, une ville syrienne à l'agonie .

Délit d’entrave à l’IVG. « Allô, je voudrais avorter… »

par Elsa Mari
Une journaliste du journal le Parisien a testé un centre d'appels qui, sous couvert d'informer sur l'IVG, incite les femmes à ne pas interrompre leur grossesse. Les députés ont adopté jeudi un texte pour mieux lutter contre ce phénomène.

COUP DE POUCE – FIGRA 2018

par grands-reporters
COUP DE POUCE - FIGRA 2018 : INSCRIVEZ VOS PROJETS DE FILM DOCUMENTAIRE ET REPORTAGE ! ACCEDEZ ICI AU FORMULAIRE D'INSCRIPTION ATTENTION --> Nouvelle date limite pour l'envoi : 31 Janvier 2018 Pour un meilleur traitement de votre dossier ne...

A voir ! « Les Enchanteurs », documentaire de Frédéric Laffont.

par Jean-Paul Mari
Le mardi 6 décembre 2016 à 19:30 à la Scam Les Enchanteurs de Frédéric Laffont 2016 - 90 minutes Narration : José van Dam Camera Magica, Simple Production, La Monnaie/De Munt, RTBF, Arte GEIE. avec l'aide du Centre du Cinéma...

L’Edito : « Histoire d’une révolte », par Jean Paul Mari.

par Jean-Paul Mari
Le dimanche 17 avril 2016, le navire Aquarius de SOS Méditerranée file à toute vitesse vers les lieux d’un naufrage. Le vent mauvais est de force 6, les vagues hautes de deux mètres. Quand il arrive sur zone, l’équipage découvre un « zodiac », en réalité un canot de plastique de dix mètres de long aussi fragile qu’un jouet de plage, surchargé d’une bonne centaine de passagers. Le radeau s’est cassé en deux, par le milieu, les survivants ont de l’eau jusqu’à la poitrine et ils ne savent pas nager. Il est en train de couler. Les migrants étaient 135 au départ, l’Aquarius en a sauvé 108. Deux hommes se sont noyés sous les yeux de l’équipage. Six corps ont été retrouvés au fond du canot. Sauvetage tragique. Si l’Aquarius était arrivé une demi-heure plus tard, il n’aurait rien trouvé, sinon une mer plate. Un trou dans l’eau. Le radeau de plastique, les 108 survivants, hommes, femmes, enfants, tout aurait été avalé par la Méditerranée. Une question tourmente : combien de radeaux, de canots en plastique ou de carcasses de chalutiers ont disparu en silence ? Combien d’absents dont on ne sait quand ils sont partis, d’où ils sont partis, combien ils étaient, qui ils étaient ? Voilà pourquoi j’ai rejoint l’association. Je venais de publier un livre, Les bateaux ivres, sur l’odyssée des migrants en Méditerranée. J’y racontais le périple, l’errance, le calvaire des migrants. On lisait, on me disait : « A h ! C’est terrible, mais que faire ? ». Puis SOS Méditerranée m’a contacté pour me parler de leur projet. Que faire ? Mais d’abord les empêcher de se noyer ! C’est ce raisonnement simple — dire non à l’inacceptable — qui a conduit un an plus tôt un capitaine de navire Allemand et une humanitaire Française à lancer un pari fou. Trouver l’argent pour armer un bateau avec équipage, sauveteurs et clinique à bord, pour patrouiller le long des côtes libyennes, ce trou noir géographique et politique, véritable mur liquide, frontière mortelle pour les migrants. Moins d’un an plus tard, grâce à la mobilisation de citoyens européens, de petits chèques et de grands coups de coeur, l’Aquarius appareillait de l’île mythique de Lampedusa. Fin février 2016, on me demandait d’être de la première rotation de trois semaines — il y en aura beaucoup d’autres — et de faire savoir1. Ce qui fut fait. Articles de journaux, radios, télés, internet, marionnettes s’il avait fallu, à bord, nous avons battu le rappel. D’autres rotations ont suivi, d’autres sauvetages, d’autres journalistes, l’aventure s’est répétée, elle continue encore. À la fin de l’été, l’Aquarius avait réalisé une trentaine de sauvetages et porté secours à plus de six mille personnes. L’hiver arrive, la mer redevient méchante et les passeurs libyens, pressés de se débarrasser de leur marchandise humaine, en entassent toujours plus sur les mêmes misérables radeaux dont le dernier, secouru in extremis, transportait… 167 migrants. Oui, des hommes, des femmes, des enfants et des bébés se noient en ce moment même, transforment cette mer de lumière et de soleil en une sombre fosse commune. Déjà plus de 3 000 morts à la fin de l’été, 5 017 noyés en 2014, 5 350 en 2015, plus de 10 000 en deux ans, sans doute près de 40 000 depuis l’an 2000. Combien de noyés encore, d’absents, de trous dans l’eau ? Cet été, il y avait certes les garde-côtes de la marine italienne et une dizaine de bateaux humanitaires, rares navires de l’espoir sur un océan de détresse. Oui, l’Aquarius continuera à patrouiller tout l’hiver, avec cette marque essentielle qui fait que l’association n’est pas une ON G comme les autres : chaque séjour en mer — 11 000 € par jour — est financé par des citoyens européens, Français, Allemands, Italiens, des gens comme vous et moi. C’est toute l’originalité et la force de l’entreprise. Dire non à l’inacceptable, dire haut et fort les valeurs de l’Homme, de l’Europe, les valeurs universelles. Et les mettre en action. En ce moment même, l’Aquarius vogue. Au premier pari, fou, mais tellement raisonnable, s’en ajoute un autre. Le printemps de grâce est passé, il faut durer. En continuant à garder cette forme de participation citoyenne. Ne pas devenir une ON G comme les autres, notabilisée, obligée de faire appel aux institutions, aux entreprises, au marché. Rester la voix des citoyens, la conscience, le messager. Une voix populaire qui s’élève, au-delà du brouhaha politique, du paternalisme bon teint du caritatif, de l’inefficacité consentie et des soupirs résignés — « A h ! Mais que faire ? ». Continuer à forger cet outil citoyen révolutionnaire qui dérange, mais transcende les discours convenus, pour les transformer en un acte simple, mais essentiel : tendre la main à celui qui se noie. JPM Extrait de la revue Astérisque de la SCAM 1 La Scam a exceptionnellement participé à cette opération humanitaire en finançant des travaux d’auteurs relatant l’odyssée de SOS Méditerranée.

La fin d’un monument historique

par Jean-Paul Mari
Fidel Castro est mort Le père de la révolution cubaine, qui a donné le pouvoir à son frère Raul en 2006, avait 90 ans. Le père de la Révolution cubaine Fidel Castro est décédé ce vendredi 25 novembre à La Havane à l'âge de 90 ans, a annoncé son frère Raul, qui lui a succédé au pouvoir en 2006. "Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir", a annoncé Raul Castro sur l'antenne de la télévision nationale. "Conformément à la volonté exprimée par le camarade Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures" de la journée de samedi, a annoncé l'actuel président cubain à la télévision. Le président Raul Castro n'a par contre pas révélé les causes du décès. Le "Lider Maximo" avait cédé le pouvoir à son frère Raul à partir de 2006 après une hémorragie intestinale. Il avait abandonné en avril 2011 ses dernières responsabilités officielles, en cédant son poste de premier secrétaire du Parti communiste de Cuba (PCC) à Raul, numéro deux du parti depuis sa fondation en 1965.
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