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Les écrivains sur le ring

par Jean-Paul Mari
De nombreux poètes, romanciers, philosophes se sont, depuis l'Antiquité, passionnés pour la boxe. Un essai retrace l'histoire de cette fascination

Les martyrs du golfe d’Aden.

par Daniel Grandclément
Daniel Grandclément a filmé ce voyage hors du commun, des côtes de Somalie aux plages du Yémen, sur une barque de dix mètres, surchargée de 128 immigrants clandestins, entassés, épuisés, malades, fouettés par des passeurs sans pitié qui n`hésitent pas à jeter des hommes à la mer. Un cauchemar des temps modernes vécu par un reporter, seul homme blanc à bord. Jeté en pleine nuit à la mer près d'une plage, sa caméra est noyée, tous ses films, sauf un, sont perdus, il est arrêté et emprisonné. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'une équipe de télévision britannique, menée par Marie-Laure de Widmer, tourne sur la même plage à la recherche de ces clandestins qui arrivent au Yémen. Plus tard, après leur rencontre, les reporters décideront de réunir leurs films pour réaliser ce document unique. Ce reportage a obtenu le grand prix du Figra 2008. A voir absolument.

Darfour: Terre de feu

par Jean-Paul Mari
Malgré une dramatisation abusive qui atténue parfois la force du propos, voici un vrai reportage de terrain au coeur du confl it du Darfour. Saisissant.

la vieille dame de Bagdad

par Jean-Paul Mari
Elle a rencontré Ismail, son mari, au bal de l’hôtel Lutétia. Il était jeune, beau, irakien et peintre. Elle avait dix-huit ans et rêvait d’Arabie. Ils se sont aimés pendant cinquante ans.

Les carnets de la route de la paix au Moyen-Orient

par Jean-Paul Mari
1/* Le Caire, Egypte: Brooker voilée, dans une bourse en folie. L'immeuble, vieillot et sale, a le charme des années trente. Sous la semelle crisse le sable fin apporté par le Khamsin, le vent du désert. A l'intérieur, quelques ventilateurs...

Mourir à Grozny…

par Jean-Paul Mari
C'est une guerre moderne, froide et cruelle, où l'on envoie des Mig et des bombardiers stratégiques jeter des missiles et des bombes au phosphore en plein coeur des villes. Où rien ni personne n'est épargné: monuments, soldats, civils, femmes, vieillards,...

Israël: la peur et la colère.

par Jean-Paul Mari
Douze visages de l'angoisse, douze voix qui disent leur détresse et leur rage : nos envoyés spéciaux, Henri Guirchoun et Jean-Paul Mari, ont rencontré en Israël et en Palestine des hommes et des femmes qui vivent au coeur de la tourmente Netzarim (bande de Gaza)

Hongrie: Le bain de jouvence

par benoit Heimermann
Si le water-polo est un havre sans importance, une activité marginale, un épiphénomène, il ne pouvait élire domicile plus approprié : une forteresse de briques rouges, plantée à l’extrémité d’une île, elle-même amarrée au beau milieu de Danube, en plein cœur de Budapest. La piscine du parc Marguerite est comme coupée du monde. C’est une joyeuse marmite où bouillonne quelques recettes de grand-mère et s’ébrouent autant de fiers à bras occupés à répéter une danse venue d’un autre temps.

A la recherche du palais perdu.

par benoit Heimermann
Dans les sous-sols de sa maison, quartier Saint Léonard à Montréal, Denis Brodeur veille sur une curieuse caverne d’Ali Baba : un amoncellement de souvenirs et de trophées divers, des boîtes et des livres empilés en strates infinies, mais aussi...

GB: Coeur de cible

par benoit Heimermann
Un sport de cousette, les “ darts ” ? Vous n’y êtes pas du tout. C’est un spectacle, un vrai. Avec ses accents à la Blues Brothers, ses bras agités en tous sens et ses claques à répétition. Avec ses...

Lutteurs d’espoir

par benoit Heimermann
Alentours, le quartier respire la poussière et collectionne les embouteillages. Le nord-ouest de la cité sans fin est vivant mais pauvre. De l’autre côté de la rue, un lycée à “ l’anglaise ”, avec uniformes et cravates assortis, tente de...

Dans la mecque de la voile

par benoit Heimermann
VILLAGE GLOBAL. Simon Gundry est un cube. Aussi haut que large. Reconverti dans la maçonnerie, mais qui, jamais, n’a coupé les ponts avec ses antécédents maritimes. Sa maison est un paquebot, ses cinq fils portent des prénoms récoltés au gré de ses escales au tour du monde et, depuis la terrasse qui jouxte sa chambre à coucher, il embrasse la baie d’Hauraki, ses 5 îles et ses 152 rochers.

Avec les Sumos de Tokyo

par benoit Heimermann
Ils habitent un lieu suspendu. Une bulle imperméable, coupée des réalités extérieures. Dehors, la ville bruisse sans discontinuer. Devantures électriques, robots multifonctions, lumières psychédéliques : Tokyo s’agite et s’affaire. Les sens forcément tournés vers l’avenir, le progrès et l’anticipation. A l’intérieur, le temps est arrêté. Congelé. Paralysé. Comme mis entre parenthèses. Qui protège un repaire de six mètres sur six, au sol battu d’argile et de sable, tapissé de bois brut, éclairé par deux maigres vasistas et agrémenté d’un modeste radiateur électrique. Une retraite chiche et ascétique, sans ornement ni surenchère. Une chapelle pour tout dire. Un sanctuaire où flotte une sérénité et une quiétude héritées d’un autre siècle. Un royaume du vide. Un temple de l’épure.

Chez les maîtres du Ping

par benoit Heimermann
Paradoxe de l’histoire et de la géographie : les Chinois qui ignoraient tout du tennis de table il y a cinquante ans sont devenus inabordables. Explications à la veille des championnats du monde.

Le taureau par les cornes.

par benoit Heimermann
Un ordre murmuré, une porte libérée : il n’en faut pas davantage pour que la danse commence. Furieuse et enragée. Impétueuse et désordonnée. Qui, invariablement, prévient un torrent de muscles en fusion, deux naseaux dilatés par l’effroi et quatre sabots désordonnés à l’extrême. A Cheyenne (Wyoming), dans un décors de western plus vrai que nature, les taureaux bouillent, fulminent, explosent. Plus surprenant encore : ils volent ! Et n’envisagent leur exercice qu’en état de lévitation. Touchent-ils un tant soi peu le sol qu’ils éprouvent, dans la seconde, le besoin de l’abandonner au plus vite, de rebondir de plus bel, et de faire oublier, au bout du compte, leur statut de mastodonte. Un containeur monté sur ressorts, un cuve de mazout transformée en hélicoptère, à n’en pas douter, s’exécuteraient de semblable façon. En feignant d’ignorer leur poids. Comme un pied de nez existentiel à l’ordre du monde. La preuve par le mouvement que l’obésité est tout sauf une condamnation.

Fantômes d’amour

par Jean-Paul Mari
Recherchés par les talibans qui voulaient les détruire, cachés au coeur de Kaboul pendant la guerre, ces trésors vieux de vingt siècles sont à Paris.

Casamance: quatre français disparaissent.

par Jean-Paul Mari
Une chose est sûre : ils ont quitté la ville de Ziguinchor en direction de la plage de Cap-Skirring, à 9 heures du matin, ce jeudi 6 avril. Voilà plus de trois mois. Et après... Après ? Rien. Enfin, rien...

En terre aborigène

par grands-reporters
Jusqu'à l'arrivée des Européens à la fin du XVIIIe siècle, les Aborigènes, héritiers d'une culture vieille de 40000 ans, ont vécu de chasse, de pêche et de cueillette, en harmonie avec une terre qui ne leur appartenait pas mais à laquelle ils appartenaient. L'intrusion des Blancs dans leur monde traditionnel a été d'une incroyable brutalité.

« Au temps de l’Apartheid »

par Marie-Laure de Decker
Dans les townships de Johannesburg, à Soweto, à Welcom et dans les mines d'Afrique du Sud, les images de reportage sur l'Apartheid, vieilles de vingt ans à peine. Ce film, réalisé à partir des photos de Marie-Laure de Decker, n'a...

Russie. Je t’aime, je te bats

par Marie Dorigny
Toutes les 40 minutes, une femme russe meurt sous les coups de son compagnon.

Portrait du Cavaliere

par Jean-Paul Mari
L'Italie aura créé un nouveau et inquiétant modèle de dirigeant: celui d'un homme, maître du monde virtuel de l'image et de la communication, capable de crever l'écran pour venir s'asseoir directement dans le monde du réel, à la place du premier ministre d'un des plus grands pays d'Europe.

De Koweit à Bagdad

par Christophe Calais
Au premier jour de l'offensive américano-britannique contre le régime de Saddam Hussein, le 21 mars 2003, Christophe Calais est entré en Irak depuis le Koweit avec quelques journalistes qui n'étaient pas "embedded." Ce petit groupe a notamment suivi la 3ème unité du 4ème bataillon de US Marines qui a été la première unité américaine à pénétrer dans Bagdad...

Rwanda, le pays hanté

par Christophe Calais
En 1994 au Rwanda, l’indicible s’est produit : huit cent mille morts exterminés à la machette en 100 jours. Depuis ce génocide, le premier en Afrique, le quatrième du XXe siècle, la donne a changé pour le continent africain et,...

Le Caire: Attentat contre un prix Nobel

par Jean-Paul Mari
Negui ne tremble pas. Il marche lentement, la main droite dans sa poche, les doigts serrés sur le manche de son couteau à cran d'arrêt. Il a fallu renoncer au revolver. Trop bruyant. A cent cinquante mètres de là, il y a un grand hôpital entouré de villas de notables et l'endroit est toujours bourré de policiers. Et puis, le couteau, c'est mieux. Fort, silencieux, symbolique. Lors de la dernière réunion du groupe, les cinq islamistes étaient tous d'accord: "Il faut l'égorger!"

Kaboul,ville détruite

par Jean-Paul Mari
Premiers plans sur un hôtel particulier à l'état d'abandon. Gravats dans les couloirs, murs qui cloquent, papiers peints déchirés, dossiers jetés à même le sol, factures impayées... l'Ambassade d'Afghanistan à Paris est dans le même état que son pays: en morceaux.

Our Choice

par grands-reporters
Awa Lowery a seize ans et vit en Alabama. De sa chambre, elle récupère les photos et vidéos prises par les G'is en Irak et réalise des vidéos fortes. Avant de les mettre en ligne, mêlées à des musiques décalées....

Brésil : Chico Mendez, défenseur de l’Amazone, assassiné.

par Jean-Paul Mari
Hé! Chico! Pauvre fou, tu croyais sauver le monde et tu t'es perdu. Tu croyais pouvoir les empêcher d'abattre les arbres et ils t'ont abattu. Tu étais sûr que la loi de la forêt était juste et les autres ne connaissaient que la loi de la jungle. Tu ne voulais être ni héros, ni mort, ni martyr. Aujourd'hui, tu es tout cela. Étrange bilan.

Etrange paix à Belgrade

par Jean-Paul Mari
Cela pourrait-être la paix. Bruyante, avec des grands tramways rouges qui passent en soufflant, des coups de klaxons, une foule qui se gave de hamburgers au piment, de glace, de pop-corn et quelques orchestres débraillés de cuivres dissonants qui crachent une musique à la Kusturica. Les terrasses des brasseries sont bondées, les arbres encore gorgés de verdure et les couples d'amoureux traînent sur les berges du grand fleuve en profitant de la lumière encore chaude d'un été qui s'en va. Mais ce n'est pas la paix

Talibans: Le règne de la terreur

par Jean-Paul Mari
Les nouveaux maîtres de l'Afghanistan ont fait tomber une chape de plomb sur Kaboul. Cent mille civils ont fui la capitale, terrorisés par les combats et la réputation des Talibans, partisans d'un Islam archaïque, brutal et intransigeant.

Femmes d’Algérie : l’impossible pardon.

par Marie Dorigny
SPECIAL ANNIVERSAIRE ALGERIE. A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance, Grands-Reporters.com remet en ligne toute une série de reportages consacrés à l’Algérie ces dernières années.

1995. Histoire de la grande grève

par Jean-Paul Mari
En 1995, la plus longue grève de l'histoire récente...Personne n'y croyait! C'est beau, un fonctionnaire serein. Surtout quand il s'agit d'un Haut fonctionnaire de Matignon. Ce jour là, un conseiller très proche d'Alain Juppé, affirme: "Ce n'est pas une grève qui est faite pour durer. Une grève, dure, démarre toujours en milieu de semaine. Jamais un vendredi!"

Engagées en Afghanistan

par Marie Dorigny
Aujourd’hui, les gamins rient et courent jusqu'à ce que le convoi s’arrête. Corine et son supérieur, l’adjudant-chef Michel Thomas rendent cette fois-ci visite au village pashtoune de Manskala, à une heure de route de la capitale afghane. Même si l’accueil...

Route du Cachemire: vers la réconciliation?

par Marie Dorigny
=http://www.grands-reporters.com/articles_en_pdf/PAIX%20CASHMERE.pdf

« Journal de guerre ».

par Jean-Paul Mari
Ce n'est pas un "Journal de guerre", c'est le journal d'un fou, ou plutôt le journal d'un homme normal dans un monde qui est devenu fou. Ce qui, finalement, revient au même.

Le déchirement des chiites

par Jean-Paul Mari
Les chiites d’Irak ont payé un lourd tribut à la dictature de Saddam. Ce qui ne les a pas empêchés de se battre contre leurs frères d’Iran. Que feront-ils lorsqu’il leur faudra choisir entre le régime de Bagdad et cette armée d’infidèles prêts à fouler le sol de leur patrie ?

Le cauchemar d’Hébron

par Jean-Paul Mari
Cette nuit là, dans sa résidence de Gaza, Yasser Arafat a des idées noires. Pris entre la consternation, l'incrédulité, le sentiment d'être floué et un futur apparemment sans espoir. Un cafard historique. Le combattant au keffieh qui a passé la majeure partie de sa vie un pistolet symbolique à la ceinture, l'homme qui ne dormait jamais deux nuits de suite dans le même lit, qui a connu l'exil, échappé aux tentatives d'attentats et au crash de son avion dans le désert, celui qui a survécu à tous les combats, au départ du Liban sous les bombes, à l'exode et aux batailles à l'intérieur de l'OLP, le Phénix politique, dix fois couvert de cendres et dix fois ressuscité, n'est plus cette nuit là qu'un vieillard ténébreux. Il vient d'apprendre que Benjamin Natanyahu, l'homme du Likud, vient d'être élu premier ministre d'Israël.

Gaza la désespérée

par Jean-Paul Mari
Sans sa lumière fond de teint, Gaza a une mine de papier maché. Voila plusieurs jours que le ciel s'est abattu sur la ville. Pas ces averses lourdes, sensuelles, bénéfiques pour cette terre d'orient avide d'eau. Rien de bon dans cette pluie continue, soulevée par un mauvais vent, qui gifle les visages et les murs. Un océan de grisaille, de noirceur humide et collante qui pénètre le corps et l'âme et fait ressortir les plaies de Gaza la démunie, la lèpre de ses murs de ciment nu, de parpaing, la ferraille de ses chantiers rouillés avant d'être achevés, la boue grasse qui masque des rues creusées d'ornières profondes, des chiens errants maîtres du vide des terrains vagues de Palestine où des bouts de plastique déchirés flottent, accrochés aux barbelés, comme des fanions de misère. Avec la fermeture des territoires, coincée entre la frontière égyptienne et le blocus imposé par Israel, Gaza manquait déjà d'oxygène. Sans soleil, Gaza est maintenant privée de lumière. Et son espace de liberté surveillée a pris soudain l'allure d'un obscur ghetto. Pas étonnant que les gens d'ici vous confient qu'ils ont du mal à respirer.

Affaire Pechiney

par Jean-Paul Mari
NEUF personnes impliquées dans l’affaire Pechiney, dont un ancien chef de cabinet du ministère des Finances et deux financiers proches du Parti socialiste, seront jugées en correctionnelle, probablement avant l’été, pour délit d’initiés ou recel. Le juge d’instruction, Edith Boizette, chargé depuis 1989 de l’affaire du rachat de la société américaine Triangle par Pechiney en 1988, a rendu hier une ordonnance de renvoi en vue d’un procès dont la date sera fixée ultérieurement.

Au pays de la nuit.

par Jean-Paul Mari
Comme chaque soir, les hommes se cachent et les chiens se taisent. Haïti se mure dans sa peur. Derrière chaque morceau de tôle ondulée des faubourgs puants de Port-Au-Prince, il y a une famille de nègres maudits qui crève de chaleur et d'angoisse en attendant la délivrance de l'aube. Dehors, ne restent que ces ombres qui volent à la vitesse de leurs jeeps banalisées et lâchent quelques rafales en l'air ou sur les maisons de carton. Quand les fantômes passent dans une rue de Port-Au-Prince, la nuit se plaint et le petit peuple prie en silence pour qu'ils ne s'arrêtent pas devant sa porte.

Mormons: la montagne secrète

par Jean-Paul Mari
C'est une montagne de granit posée à mille huit cent mètres d'altitude, une masse compacte de roche dure tout près du ciel et loin des hommes, bien à l'abri des méchants, des inondations, des séismes et des catastrophes nucléaires, un énorme coffre-fort naturel dont on a creusé le ventre avec une religieuse excitation. Là, au coeur de la chaîne des Wasatch, à une trentaine de kilomètres de Salt Lake City et à deux cent dix mètres de profondeur, s'ouvrent six galeries protégées par des grilles, des caméras et de gros projecteurs, brillants comme les yeux d'un chat ouverts dans la nuit. On ne s'approche pas.

EgyptAir : le suicide était presque parfait

par Jean-Paul Mari
Le pilote ou l’avion ? Dans le premier cas - erreur ou suicide du pilote -, c’est la compagnie aérienne qui est en cause. Dans le second cas, c’est en général le constructeur. Le lobby industriel américain a-t-il, pour disculper Boeing, influencé les enquêteurs ? Cela méritait bien une contre-enquête. La voici:

La passion secrète du professeur

par Jean-Paul Mari
C'est un gamin rêveur et maladif qui baille d'ennui sur un banc du lycée Voltaire. A treize ans, Alexis Philonenko trouve ses professeurs de latin médiocres et il a décidé de jouer le cancre. Lui n'aime que l'image, la vie et son mouvement. Alors il barbouille ses cahiers à grands coups de crayons, histoire d'arrêter d'un trait le cours des choses. Il cherche des modèles, feuillète des revues et découvre "Miroir sprint", bourrée de photos de ring de lumière, d'hommes au combat et de poings qui s'envolent vers des visages martyrs auréolés de sueur en pluie. "J'admirais ces athlètes, leur mouvement, leur puissance. Certains avaient des corps d'écorchés et une musculature à fleur de peau. Des statues vivantes..." dit Alexis Philonenko devenu entre-temps un professeur d'université réputé, historien de la philosophie, traducteur érudit et spécialiste de Fichte et de Kant.

Enquête : L’enfant et les crocodiles

par Jean-Paul Mari
Soixante dix pour cent des vacanciers sont des "personnes non accompagnées"; en clair, sept touristes sur dix sont des hommes seuls qui cherchent une femme, un homme ou un enfant. Et une bonne partie d'entre eux prennent aussitôt le bus pour Pattaya.

Naufragés en Mer de Chine

par Jean-Paul Mari
C'était au 28ème jour du voyage, la jonque dérivait, moteur cassé, au milieu de la mer de Chine, l'eau montait à l'intérieur de l'embarcation et plus personne n'avait la force d'écoper. Une cinquantaine de réfugiés, la moitié des passagers, étaient déjà morts de faim et de soif, et on avait jeté leurs corps à la mer. C'était au 28ème jour, une dizaine de jours après que la route des Boat-people ait croisé celle d'un grand navire américain, l'USS Dubuque et que son capitaine ait refusé de prendre à son bord les survivants, hommes, femmes et enfants. Ce jour-là, juste avant le coucher du soleil, trois hommes parmi les plus forts se sont approchés de Dao Cu Cuong, 31 ans, et ils ont dit qu'ils avaient besoin de lui pour se nourrir, trouver la force d'écoper, pour survivre.

Le soleil noir de Mexico

par Jean-Paul Mari
Il faut d'abord passer les montagnes, rouler dans un bus de nuit sur l'asphalte encore brulant de la route, se laisser bercer ... chaque virage, la nuque molle et les tempes en sueur, comme lors d'un cauchemar tropical qui vous brouille le corps et l'esprit. Puis la route plonge d'un coup et on se réveille, en sursaut, accroché ... son siège comme au bord du lit, les yeux écarquillés. La ville est l.... Et elle brille aussi fort que la mer des Sargasses une nuit de pleine lune. Des millions de lumières, une débauche d'ampoules, de lampadaires, de phares de voitures, de fenêtres éclairées et d'enseignes arrogantes et lumineuses, qui tremblent dans la nuit sale de Mexico, comme les yeux glauques d'une cellule monstrueuse, une amibe qui s'étalerait sur l'enveloppe sombre de la terre volcanique. On avance. Et très vite le regard devient douloureux. Ici, la lumière est prisonnière; elle se reflète dans la masse d'un ciel épais, brillant de poussières, de cendres et de gaz d'échappement, une chape mauvaise qui enveloppe la cité, l'arrète au ras des toits, l'étouffe, l'empoisonne, la tue dans une étreinte mortelle qui n'a rien d'amoureuse sinon la force et la proximité des deux corps. Vivre ... Mexico, c'est souffrir.

« Le pays ne veut plus entendre parler de communisme! »

par Jean-Paul Mari
Pendant la période 1950 - 1956, Alexandru Paleologu a été poursuit par la Securitate, et forcé de vivre dans la clandestinité, sous un faux nom. En 1959, il fut arrêté et condamné à 14 ans de travaux forcés, puis libéré en 1964 par décret de grâce.

Bucarest : la brutale marche des mineurs

par Jean-Paul Mari
Une scène, une seule. Devant la place de l'Université, une femme marche, en tenant par la main son enfant de dix ans. Elle porte la trentaine un peu forte et une robe bleue banale; elle ne dit rien, ne fait rien de particulier. Elle passe. Sur le trottoir, il y a là une rangée de mineurs avec leurs manches de pioches et leurs gourdins. Ils sont 10 000, le visage noir de charbon et les yeux brillants de haine, venus jusqu'à Bucarest pour rétablir l'ordre. Bousculade. Et ils frappent.

Enquête sur la Sécuritate

par Jean-Paul Mari
Vous avez déjà vu avant la révolution vos hôtes faire hurler une chaîne stéréo si fort que vous avez du mal à vous entendre penser, à seule fin de pouvoir vous murmurer des choses anodines dans le creux de l'oreille? Vous avez déjà vu votre ami rouler à cent kilomètres/heure sur une route de campagne déserte, mettre son doigt sur sa bouche vous tendre un bout de papier crayonné: «Attention! même ici, Ils peuvent nous entendre!»?
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