La forteresse tamoule est tombée. Mais la tenaille est indienne s'est refermée sur le vide. Et "Petit Frère", avec ses 2500 combattants, va continuer la lutte. Lire le reportage complet
Six fois champion du monde, l’ancien gamin de Téhéran, devenu l’icône de l’intégration à la française, raccroche les gants. Pour son ultime match, Jean-Paul Mari s’est glissé, le temps du combat, dans la peau du boxeur
Une bataille terrible. La reconquête par les troupes irakiennes le presqu'île occupée par les Iraniens depuis deux ans marque peut-être un tournant de la guerre. LIRE LE REPORTAGE SUR LE FRONT . GUERRE IRAN -IRAK : MUR DE FEU...
Matt, Patrick et les autres ne sont pas des blessés comme les autres. Comme un tiers des vétérans d'Irak, ils souffrent d'un mal terrible mais invisible : la névrose traumatique de guerre. Jusqu'à la folie, jusqu'au suicide. Reportage, aux Etats-Unis, de Jean-Paul Mari
Malgré une dramatisation abusive qui atténue parfois la force du propos,
voici un vrai reportage de terrain au coeur du confl it du Darfour. Saisissant.
Elle a rencontré Ismail, son mari, au bal de l’hôtel Lutétia. Il était jeune, beau, irakien et peintre. Elle avait dix-huit ans et rêvait d’Arabie. Ils se sont aimés pendant cinquante ans.
1/* Le Caire, Egypte: Brooker voilée, dans une bourse en folie. L'immeuble, vieillot et sale, a le charme des années trente. Sous la semelle crisse le sable fin apporté par le Khamsin, le vent du désert. A l'intérieur, quelques ventilateurs...
C'est une guerre moderne, froide et cruelle, où l'on envoie des Mig et des bombardiers stratégiques jeter des missiles et des bombes au phosphore en plein coeur des villes. Où rien ni personne n'est épargné: monuments, soldats, civils, femmes, vieillards,...
Douze visages de l'angoisse, douze voix qui disent leur détresse et leur rage : nos envoyés spéciaux, Henri Guirchoun et Jean-Paul Mari, ont rencontré en Israël et en Palestine des hommes et des femmes qui vivent au coeur de la tourmente Netzarim (bande de Gaza)
Une chose est sûre : ils ont quitté la ville de Ziguinchor en direction de la plage de Cap-Skirring, à 9 heures du matin, ce jeudi 6 avril. Voilà plus de trois mois. Et après... Après ? Rien. Enfin, rien...
L'Italie aura créé un nouveau et inquiétant modèle de dirigeant: celui d'un homme, maître du monde virtuel de l'image et de la communication, capable de crever l'écran pour venir s'asseoir directement dans le monde du réel, à la place du premier ministre d'un des plus grands pays d'Europe.
Negui ne tremble pas. Il marche lentement, la main droite dans sa poche, les doigts serrés sur le manche de son couteau à cran d'arrêt. Il a fallu renoncer au revolver. Trop bruyant. A cent cinquante mètres de là, il y a un grand hôpital entouré de villas de notables et l'endroit est toujours bourré de policiers. Et puis, le couteau, c'est mieux. Fort, silencieux, symbolique. Lors de la dernière réunion du groupe, les cinq islamistes étaient tous d'accord: "Il faut l'égorger!"
Premiers plans sur un hôtel particulier à l'état d'abandon. Gravats dans les couloirs, murs qui cloquent, papiers peints déchirés, dossiers jetés à même le sol, factures impayées... l'Ambassade d'Afghanistan à Paris est dans le même état que son pays: en morceaux.
Hé! Chico! Pauvre fou, tu croyais sauver le monde et tu t'es perdu. Tu croyais pouvoir les empêcher d'abattre les arbres et ils t'ont abattu. Tu étais sûr que la loi de la forêt était juste et les autres ne connaissaient que la loi de la jungle. Tu ne voulais être ni héros, ni mort, ni martyr. Aujourd'hui, tu es tout cela. Étrange bilan.
Cela pourrait-être la paix. Bruyante, avec des grands tramways rouges qui passent en soufflant, des coups de klaxons, une foule qui se gave de hamburgers au piment, de glace, de pop-corn et quelques orchestres débraillés de cuivres dissonants qui crachent une musique à la Kusturica. Les terrasses des brasseries sont bondées, les arbres encore gorgés de verdure et les couples d'amoureux traînent sur les berges du grand fleuve en profitant de la lumière encore chaude d'un été qui s'en va. Mais ce n'est pas la paix
Les nouveaux maîtres de l'Afghanistan ont fait tomber une chape de plomb sur Kaboul. Cent mille civils ont fui la capitale, terrorisés par les combats et la réputation des Talibans, partisans d'un Islam archaïque, brutal et intransigeant.
En 1995, la plus longue grève de l'histoire récente...Personne n'y croyait!
C'est beau, un fonctionnaire serein. Surtout quand il s'agit d'un Haut fonctionnaire de Matignon. Ce jour là, un conseiller très proche d'Alain Juppé, affirme: "Ce n'est pas une grève qui est faite pour durer. Une grève, dure, démarre toujours en milieu de semaine. Jamais un vendredi!"
Ce n'est pas un "Journal de guerre", c'est le journal d'un fou, ou plutôt le journal d'un homme normal dans un monde qui est devenu fou. Ce qui, finalement, revient au même.
Les chiites d’Irak ont payé un lourd tribut à la dictature de Saddam. Ce qui ne les a pas empêchés de se battre contre leurs frères d’Iran. Que feront-ils lorsqu’il leur faudra choisir entre le régime de Bagdad et cette armée d’infidèles prêts à fouler le sol de leur patrie ?
Cette nuit là, dans sa résidence de Gaza, Yasser Arafat a des idées noires. Pris entre la consternation, l'incrédulité, le sentiment d'être floué et un futur apparemment sans espoir. Un cafard historique. Le combattant au keffieh qui a passé la majeure partie de sa vie un pistolet symbolique à la ceinture, l'homme qui ne dormait jamais deux nuits de suite dans le même lit, qui a connu l'exil, échappé aux tentatives d'attentats et au crash de son avion dans le désert, celui qui a survécu à tous les combats, au départ du Liban sous les bombes, à l'exode et aux batailles à l'intérieur de l'OLP, le Phénix politique, dix fois couvert de cendres et dix fois ressuscité, n'est plus cette nuit là qu'un vieillard ténébreux. Il vient d'apprendre que Benjamin Natanyahu, l'homme du Likud, vient d'être élu premier ministre d'Israël.
Sans sa lumière fond de teint, Gaza a une mine de papier maché. Voila plusieurs jours que le ciel s'est abattu sur la ville. Pas ces averses lourdes, sensuelles, bénéfiques pour cette terre d'orient avide d'eau. Rien de bon dans cette pluie continue, soulevée par un mauvais vent, qui gifle les visages et les murs. Un océan de grisaille, de noirceur humide et collante qui pénètre le corps et l'âme et fait ressortir les plaies de Gaza la démunie, la lèpre de ses murs de ciment nu, de parpaing, la ferraille de ses chantiers rouillés avant d'être achevés, la boue grasse qui masque des rues creusées d'ornières profondes, des chiens errants maîtres du vide des terrains vagues de Palestine où des bouts de plastique déchirés flottent, accrochés aux barbelés, comme des fanions de misère. Avec la fermeture des territoires, coincée entre la frontière égyptienne et le blocus imposé par Israel, Gaza manquait déjà d'oxygène. Sans soleil, Gaza est maintenant privée de lumière. Et son espace de liberté surveillée a pris soudain l'allure d'un obscur ghetto. Pas étonnant que les gens d'ici vous confient qu'ils ont du mal à respirer.
NEUF personnes impliquées dans l’affaire Pechiney, dont un ancien chef de cabinet du ministère des Finances et deux financiers proches du Parti socialiste, seront jugées en correctionnelle, probablement avant l’été, pour délit d’initiés ou recel. Le juge d’instruction, Edith Boizette, chargé depuis 1989 de l’affaire du rachat de la société américaine Triangle par Pechiney en 1988, a rendu hier une ordonnance de renvoi en vue d’un procès dont la date sera fixée ultérieurement.
Comme chaque soir, les hommes se cachent et les chiens se taisent. Haïti se mure dans sa peur. Derrière chaque morceau de tôle ondulée des faubourgs puants de Port-Au-Prince, il y a une famille de nègres maudits qui crève de chaleur et d'angoisse en attendant la délivrance de l'aube. Dehors, ne restent que ces ombres qui volent à la vitesse de leurs jeeps banalisées et lâchent quelques rafales en l'air ou sur les maisons de carton. Quand les fantômes passent dans une rue de Port-Au-Prince, la nuit se plaint et le petit peuple prie en silence pour qu'ils ne s'arrêtent pas devant sa porte.
C'est une montagne de granit posée à mille huit cent mètres d'altitude, une masse compacte de roche dure tout près du ciel et loin des hommes, bien à l'abri des méchants, des inondations, des séismes et des catastrophes nucléaires, un énorme coffre-fort naturel dont on a creusé le ventre avec une religieuse excitation. Là, au coeur de la chaîne des Wasatch, à une trentaine de kilomètres de Salt Lake City et à deux cent dix mètres de profondeur, s'ouvrent six galeries protégées par des grilles, des caméras et de gros projecteurs, brillants comme les yeux d'un chat ouverts dans la nuit. On ne s'approche pas.
Le pilote ou l’avion ? Dans le premier cas - erreur ou suicide du pilote -, c’est la compagnie aérienne qui est en cause. Dans le second cas, c’est en général le constructeur. Le lobby industriel américain a-t-il, pour disculper Boeing, influencé les enquêteurs ? Cela méritait bien une contre-enquête. La voici:
C'est un gamin rêveur et maladif qui baille d'ennui sur un banc du lycée Voltaire. A treize ans, Alexis Philonenko trouve ses professeurs de latin médiocres et il a décidé de jouer le cancre. Lui n'aime que l'image, la vie et son mouvement. Alors il barbouille ses cahiers à grands coups de crayons, histoire d'arrêter d'un trait le cours des choses. Il cherche des modèles, feuillète des revues et découvre "Miroir sprint", bourrée de photos de ring de lumière, d'hommes au combat et de poings qui s'envolent vers des visages martyrs auréolés de sueur en pluie. "J'admirais ces athlètes, leur mouvement, leur puissance. Certains avaient des corps d'écorchés et une musculature à fleur de peau. Des statues vivantes..." dit Alexis Philonenko devenu entre-temps un professeur d'université réputé, historien de la philosophie, traducteur érudit et spécialiste de Fichte et de Kant.
Soixante dix pour cent des vacanciers sont des "personnes non accompagnées"; en clair, sept touristes sur dix sont des hommes seuls qui cherchent une femme, un homme ou un enfant. Et une bonne partie d'entre eux prennent aussitôt le bus pour Pattaya.
C'était au 28ème jour du voyage, la jonque dérivait, moteur cassé, au milieu de la mer de Chine, l'eau montait à l'intérieur de l'embarcation et plus personne n'avait la force d'écoper. Une cinquantaine de réfugiés, la moitié des passagers, étaient déjà morts de faim et de soif, et on avait jeté leurs corps à la mer. C'était au 28ème jour, une dizaine de jours après que la route des Boat-people ait croisé celle d'un grand navire américain, l'USS Dubuque et que son capitaine ait refusé de prendre à son bord les survivants, hommes, femmes et enfants. Ce jour-là, juste avant le coucher du soleil, trois hommes parmi les plus forts se sont approchés de Dao Cu Cuong, 31 ans, et ils ont dit qu'ils avaient besoin de lui pour se nourrir, trouver la force d'écoper, pour survivre.
Il faut d'abord passer les montagnes, rouler dans un bus de nuit sur l'asphalte encore brulant de la route, se laisser bercer ... chaque virage, la nuque molle et les tempes en sueur, comme lors d'un cauchemar tropical qui vous brouille le corps et l'esprit. Puis la route plonge d'un coup et on se réveille, en sursaut, accroché ... son siège comme au bord du lit, les yeux écarquillés. La ville est l.... Et elle brille aussi fort que la mer des Sargasses une nuit de pleine lune. Des millions de lumières, une débauche d'ampoules, de lampadaires, de phares de voitures, de fenêtres éclairées et d'enseignes arrogantes et lumineuses, qui tremblent dans la nuit sale de Mexico, comme les yeux glauques d'une cellule monstrueuse, une amibe qui s'étalerait sur l'enveloppe sombre de la terre volcanique. On avance. Et très vite le regard devient douloureux. Ici, la lumière est prisonnière; elle se reflète dans la masse d'un ciel épais, brillant de poussières, de cendres et de gaz d'échappement, une chape mauvaise qui enveloppe la cité, l'arrète au ras des toits, l'étouffe, l'empoisonne, la tue dans une étreinte mortelle qui n'a rien d'amoureuse sinon la force et la proximité des deux corps. Vivre ... Mexico, c'est souffrir.
Pendant la période 1950 - 1956, Alexandru Paleologu a été poursuit par la Securitate, et forcé de vivre dans la clandestinité, sous un faux nom. En 1959, il fut arrêté et condamné à 14 ans de travaux forcés, puis libéré en 1964 par décret de grâce.
Une scène, une seule. Devant la place de l'Université, une femme marche, en tenant par la main son enfant de dix ans. Elle porte la trentaine un peu forte et une robe bleue banale; elle ne dit rien, ne fait rien de particulier. Elle passe. Sur le trottoir, il y a là une rangée de mineurs avec leurs manches de pioches et leurs gourdins. Ils sont 10 000, le visage noir de charbon et les yeux brillants de haine, venus jusqu'à Bucarest pour rétablir l'ordre. Bousculade.
Et ils frappent.
Vous avez déjà vu avant la révolution vos hôtes faire hurler une chaîne stéréo si fort que vous avez du mal à vous entendre penser, à seule fin de pouvoir vous murmurer des choses anodines dans le creux de l'oreille? Vous avez déjà vu votre ami rouler à cent kilomètres/heure sur une route de campagne déserte, mettre son doigt sur sa bouche vous tendre un bout de papier crayonné: «Attention! même ici, Ils peuvent nous entendre!»?
"Que la terre te soit légère..." Debout devant la tombe ouverte de Nicolae Ceausescu, sous la neige de l'hiver roumain, l'homme a la barbe blanche, les yeux brillants et la tête couverte par le capuchon de son anorak kaki. Ce soldat-là officie comme un moine. Gelu Voïcan, le révolutionnaire devenu Vice Premier ministre du nouveau gouvernement roumain, ordonne le rituel.
Dimanche 17 décembre, dans la soirée, au camp du Comité politique exécutif du Comité central du Parti communiste roumain, l'organe de décision de la Roumanie de Nicolae Ceausescu. Réunion d'urgence ; des manifestations ont éclaté la veille à Timisoara, le dicateur est fou de colère, la répression n'a pas été, selon lui, à la hauteur des événements.
Au début, Gaston Besson a le profil classique du gosse en mal d'aventures qui a trop lu "Les tambours de bronze" de Lartéguy: chercheur d'or en Guyane française à 16 ans, militaire à 18 ans, entrée en rebellion chez les Karens de Birmanie, sur fond de jungle et de malaria. Gaston suit son frère ainé. Mi-reporter, mi-mercenaire, il traine dans les guerillas du Surinam, du Laos et du Cambodge, revient, essaie de vivre en France, échoue, s'ennuie et dérive en regardant les images de guerre de l'ex-Yougoslavie. Un copain journaliste part en Croatie, il le suit. Là-bas, il va se battre, côté croate, de novembre 1991 à février 93. Aujourd'hui, le soldat-perdu a les yeux des adultes qui ont trop tué. De Vinkovci, Karlovac, Slavonski-Brod en Croatie à Mostar, Kuprès et Brcko en Bosnie-Herzégovine..Il raconte son action dans les commandos d'extrême-droite du HOS ou chez les bérets verts croates, les rencontres avec les autres mercenaires étrangers mais aussi les chasses à l'homme, les exécutions sommaires, les batailles où on ne fait pas de prisonniers, celles où on achève les blessés.
Soixante-dix pour cent des américains sont persuadés qu'il y a toujours des prisonniers américains au Vietnam. En 1973, après la signature des accords de Paris, l'opération "retour à la maison" a vu revenir 591 prisonniers de guerre libérés par Hanoï. Dix ans plus tard, Ronald Reagan relancait le processus en qualifiant de "plus haute priorité nationale" le retour des autres prisonniers. Aujourd'hui encore, le chiffre officiel des disparus s'élève à 2273 hommes dont près 200 cas "brulants" de soldats capturés vivants par l'ennemi.
Il a un nom d'aristocrate et la carnation d'un Havane clair. Oscar de la Hoya...Cela sonne un peu comme Hoyo de Monterrey, une grande marque de cigare cubain. Il en a l'élégance et cette façon d'enrober sa force intérieure dans une grande finesse.
Sur le ring, Marcel n'a pas le raffinement d'un Sugar Ray léonard ou les allures princières de Ray Sugar Robinson. Cerdan est un bûcheron qui abat ses adversaires à grand coup de hache. Il les travaille au corps, les cisaille,...
C’est l’histoire d’une quête. Un long voyage à travers le Portugal à la recherche d’un objet rare : un cheval. Pas seulement une de ces bêtes merveilleuses qu’on voit galoper dans les quintas, ces domaines protégés de plusieurs milliers d’hectares...
Vu de l’étranger, c’est un mystère ; de plus près, cela ressemble à une farce et, pour ceux qui vivent l’Algérie, c’est une tragédie. La question est : comment un pays assis sur un baril de pétrole qui lui assure 22 milliards de dollars de recettes par an peut-il laisser son peuple vivre aussi mal, dans la pauvreté ?
En Algérie, il existe un moyen quasi infaillible de connaître le résultat des législatives, avant même leur proclamation. Au matin des élections, il suffit de se rendre au Club des Pins, une station balnéaire réservée à la "nomenklatura", à une...
Ils croyaient à un virage démocratique à la faveur d'une élection présidentielle honnête : les Algériens se retrouvent avec un président mal élu et une opposition qui a fait un pari risqué en boycottant le scrutin à la dernière minute
Le 5 octobre 1961, le Préfet de police, Maurice Papon, impose le couvre-feu à tous les Algériens de Paris et de sa région de 20 h 30 à 5 h 30 du matin. Nous sommes à quelques mois de l'indépendance de l'Algérie. Le soir du 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens convergent vers la capitale...
Commentaire et entretien avec Benjamin Stora