Le pilote ou l’avion ? Dans le premier cas - erreur ou suicide du pilote -, c’est la compagnie aérienne qui est en cause. Dans le second cas, c’est en général le constructeur. Le lobby industriel américain a-t-il, pour disculper Boeing, influencé les enquêteurs ? Cela méritait bien une contre-enquête. La voici:
C'est un gamin rêveur et maladif qui baille d'ennui sur un banc du lycée Voltaire. A treize ans, Alexis Philonenko trouve ses professeurs de latin médiocres et il a décidé de jouer le cancre. Lui n'aime que l'image, la vie et son mouvement. Alors il barbouille ses cahiers à grands coups de crayons, histoire d'arrêter d'un trait le cours des choses. Il cherche des modèles, feuillète des revues et découvre "Miroir sprint", bourrée de photos de ring de lumière, d'hommes au combat et de poings qui s'envolent vers des visages martyrs auréolés de sueur en pluie. "J'admirais ces athlètes, leur mouvement, leur puissance. Certains avaient des corps d'écorchés et une musculature à fleur de peau. Des statues vivantes..." dit Alexis Philonenko devenu entre-temps un professeur d'université réputé, historien de la philosophie, traducteur érudit et spécialiste de Fichte et de Kant.
Soixante dix pour cent des vacanciers sont des "personnes non accompagnées"; en clair, sept touristes sur dix sont des hommes seuls qui cherchent une femme, un homme ou un enfant. Et une bonne partie d'entre eux prennent aussitôt le bus pour Pattaya.
C'était au 28ème jour du voyage, la jonque dérivait, moteur cassé, au milieu de la mer de Chine, l'eau montait à l'intérieur de l'embarcation et plus personne n'avait la force d'écoper. Une cinquantaine de réfugiés, la moitié des passagers, étaient déjà morts de faim et de soif, et on avait jeté leurs corps à la mer. C'était au 28ème jour, une dizaine de jours après que la route des Boat-people ait croisé celle d'un grand navire américain, l'USS Dubuque et que son capitaine ait refusé de prendre à son bord les survivants, hommes, femmes et enfants. Ce jour-là, juste avant le coucher du soleil, trois hommes parmi les plus forts se sont approchés de Dao Cu Cuong, 31 ans, et ils ont dit qu'ils avaient besoin de lui pour se nourrir, trouver la force d'écoper, pour survivre.
Il faut d'abord passer les montagnes, rouler dans un bus de nuit sur l'asphalte encore brulant de la route, se laisser bercer ... chaque virage, la nuque molle et les tempes en sueur, comme lors d'un cauchemar tropical qui vous brouille le corps et l'esprit. Puis la route plonge d'un coup et on se réveille, en sursaut, accroché ... son siège comme au bord du lit, les yeux écarquillés. La ville est l.... Et elle brille aussi fort que la mer des Sargasses une nuit de pleine lune. Des millions de lumières, une débauche d'ampoules, de lampadaires, de phares de voitures, de fenêtres éclairées et d'enseignes arrogantes et lumineuses, qui tremblent dans la nuit sale de Mexico, comme les yeux glauques d'une cellule monstrueuse, une amibe qui s'étalerait sur l'enveloppe sombre de la terre volcanique. On avance. Et très vite le regard devient douloureux. Ici, la lumière est prisonnière; elle se reflète dans la masse d'un ciel épais, brillant de poussières, de cendres et de gaz d'échappement, une chape mauvaise qui enveloppe la cité, l'arrète au ras des toits, l'étouffe, l'empoisonne, la tue dans une étreinte mortelle qui n'a rien d'amoureuse sinon la force et la proximité des deux corps. Vivre ... Mexico, c'est souffrir.
Pendant la période 1950 - 1956, Alexandru Paleologu a été poursuit par la Securitate, et forcé de vivre dans la clandestinité, sous un faux nom. En 1959, il fut arrêté et condamné à 14 ans de travaux forcés, puis libéré en 1964 par décret de grâce.
Une scène, une seule. Devant la place de l'Université, une femme marche, en tenant par la main son enfant de dix ans. Elle porte la trentaine un peu forte et une robe bleue banale; elle ne dit rien, ne fait rien de particulier. Elle passe. Sur le trottoir, il y a là une rangée de mineurs avec leurs manches de pioches et leurs gourdins. Ils sont 10 000, le visage noir de charbon et les yeux brillants de haine, venus jusqu'à Bucarest pour rétablir l'ordre. Bousculade.
Et ils frappent.
Vous avez déjà vu avant la révolution vos hôtes faire hurler une chaîne stéréo si fort que vous avez du mal à vous entendre penser, à seule fin de pouvoir vous murmurer des choses anodines dans le creux de l'oreille? Vous avez déjà vu votre ami rouler à cent kilomètres/heure sur une route de campagne déserte, mettre son doigt sur sa bouche vous tendre un bout de papier crayonné: «Attention! même ici, Ils peuvent nous entendre!»?
"Que la terre te soit légère..." Debout devant la tombe ouverte de Nicolae Ceausescu, sous la neige de l'hiver roumain, l'homme a la barbe blanche, les yeux brillants et la tête couverte par le capuchon de son anorak kaki. Ce soldat-là officie comme un moine. Gelu Voïcan, le révolutionnaire devenu Vice Premier ministre du nouveau gouvernement roumain, ordonne le rituel.
Dimanche 17 décembre, dans la soirée, au camp du Comité politique exécutif du Comité central du Parti communiste roumain, l'organe de décision de la Roumanie de Nicolae Ceausescu. Réunion d'urgence ; des manifestations ont éclaté la veille à Timisoara, le dicateur est fou de colère, la répression n'a pas été, selon lui, à la hauteur des événements.
Au début, Gaston Besson a le profil classique du gosse en mal d'aventures qui a trop lu "Les tambours de bronze" de Lartéguy: chercheur d'or en Guyane française à 16 ans, militaire à 18 ans, entrée en rebellion chez les Karens de Birmanie, sur fond de jungle et de malaria. Gaston suit son frère ainé. Mi-reporter, mi-mercenaire, il traine dans les guerillas du Surinam, du Laos et du Cambodge, revient, essaie de vivre en France, échoue, s'ennuie et dérive en regardant les images de guerre de l'ex-Yougoslavie. Un copain journaliste part en Croatie, il le suit. Là-bas, il va se battre, côté croate, de novembre 1991 à février 93. Aujourd'hui, le soldat-perdu a les yeux des adultes qui ont trop tué. De Vinkovci, Karlovac, Slavonski-Brod en Croatie à Mostar, Kuprès et Brcko en Bosnie-Herzégovine..Il raconte son action dans les commandos d'extrême-droite du HOS ou chez les bérets verts croates, les rencontres avec les autres mercenaires étrangers mais aussi les chasses à l'homme, les exécutions sommaires, les batailles où on ne fait pas de prisonniers, celles où on achève les blessés.
Soixante-dix pour cent des américains sont persuadés qu'il y a toujours des prisonniers américains au Vietnam. En 1973, après la signature des accords de Paris, l'opération "retour à la maison" a vu revenir 591 prisonniers de guerre libérés par Hanoï. Dix ans plus tard, Ronald Reagan relancait le processus en qualifiant de "plus haute priorité nationale" le retour des autres prisonniers. Aujourd'hui encore, le chiffre officiel des disparus s'élève à 2273 hommes dont près 200 cas "brulants" de soldats capturés vivants par l'ennemi.
Il a un nom d'aristocrate et la carnation d'un Havane clair. Oscar de la Hoya...Cela sonne un peu comme Hoyo de Monterrey, une grande marque de cigare cubain. Il en a l'élégance et cette façon d'enrober sa force intérieure dans une grande finesse.
Sur le ring, Marcel n'a pas le raffinement d'un Sugar Ray léonard ou les allures princières de Ray Sugar Robinson. Cerdan est un bûcheron qui abat ses adversaires à grand coup de hache. Il les travaille au corps, les cisaille,...
C’est l’histoire d’une quête. Un long voyage à travers le Portugal à la recherche d’un objet rare : un cheval. Pas seulement une de ces bêtes merveilleuses qu’on voit galoper dans les quintas, ces domaines protégés de plusieurs milliers d’hectares...
Vu de l’étranger, c’est un mystère ; de plus près, cela ressemble à une farce et, pour ceux qui vivent l’Algérie, c’est une tragédie. La question est : comment un pays assis sur un baril de pétrole qui lui assure 22 milliards de dollars de recettes par an peut-il laisser son peuple vivre aussi mal, dans la pauvreté ?
En Algérie, il existe un moyen quasi infaillible de connaître le résultat des législatives, avant même leur proclamation. Au matin des élections, il suffit de se rendre au Club des Pins, une station balnéaire réservée à la "nomenklatura", à une...
Ils croyaient à un virage démocratique à la faveur d'une élection présidentielle honnête : les Algériens se retrouvent avec un président mal élu et une opposition qui a fait un pari risqué en boycottant le scrutin à la dernière minute
Le 5 octobre 1961, le Préfet de police, Maurice Papon, impose le couvre-feu à tous les Algériens de Paris et de sa région de 20 h 30 à 5 h 30 du matin. Nous sommes à quelques mois de l'indépendance de l'Algérie. Le soir du 17 octobre 1961, des milliers d'Algériens convergent vers la capitale...
Commentaire et entretien avec Benjamin Stora
" L'ampleur de ces violations me paraît assez
généralisée. Lle gouvernement algérien continue à l'évidence à pratiquer la dissimulation et le mensonge. Il nie les centres de détention, les gardes à vue systématiquement prolongées, affirme que les cas de torture sont rares et marginaux, présentent la magistrature algérienne comme parfaitement indépendante..Il voudrait à dissocier les organisations de défense de droits de l'homme et cherche l'indulgence. Bref, en matière de droits de l'homme, le gouvernement algérien n'est pas crédible, même si il aimerait l'être. "
Après avoir violemment dénoncé les partis d'opposition qui proposaient un dialogue avec les islamistes, les militaires algériens ont eux-mêmes négocié avec le FIS et son bras armé l'AIS
L'image d'une femme en pleurs après le massacre de Bentalha a fait le tour du monde. Les hommes au pouvoir à Alger supportent mal cette représentation de la douleur qui est en contradiction avec leurs discours triomphants. Et ils s'en prennent au photographe
Au moment où les Algériens se rendent aux urnes dans un climat de terreur, quatre grandes ONG lancent une campagne pour l'ouverture d'une enquête sur les violences qui ensanglantent le pays
Pourquoi la famille de Matoub Lounès a-t-elle interdit aux autorités officielles l’accès au village lors des obsèques ? Dans la foule, autour de la tombe, quand des villageois demandent « Qui l’a assassiné ? » à Malika, la sœur de Matoub ; elle répond : « Vous le savez. » Et ajoute : « Il y a sept ministres islamistes au gouvernement . Le pouvoir et les islamistes ne font qu’un ! » La foule approuve et reprend : « Pouvoir assassin ! Vengeance ! »
C’est l’aboutissement d’une longue lutte de clans à l’intérieur du pouvoir algérien qui opposait d’un côté le président Zeroual , conseillé par le puissant général Betchine et, de l’autre, les responsables des services de renseignement et l’armée regroupés derrière le...
SPECIAL ANNIVERSAIRE ALGERIE.
A l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance, Grands-Reporters.com remet en ligne toute une série de reportages consacrés à l'Algérie ces dernières années.
Le reflux des guérillas islamistes n'a pas encore mis la population à l'abri de l'horreur. Mais malgré la souffrance et la terreur que les grands massacres ont laissées dans les esprits, les partis démocratiques, en dépit de la répression, tentent de faire renaître une vie politique dans le pays, tandis que la France effectue un changement de cap radical à l'égard du pouvoir algérien
C'est le « pays utile », celui du pétrole et du gaz, peuplé d'ingénieurs et de techniciens venus du monde entier et, contrairement aux populations de la Mitidja, protégés par l'armée algérienne
Depuis un pays plongé dans la tragédie, témoignages d'un lieu où l'emportent le silence, l'embarras, les questions sans réponse et, bien sûr, la peur des témoins
Des enfants déchiquetés, des villageois égorgés : les islamistes armés ont transformé le mois sacré du ramadan en un carnaval sanglant. Jean-Paul Mari a recueilli les récits poignants d'Algériens, témoins quotidiens de l'horreur, accablés de deuils et pourtant résolus à vivre malgré tout
Au fil d'une actualité faite de massacres et de représailles, le pays tout entier se couvre de groupes armés, officiels contre clandestins, anti-islamistes contre islamistes. Une militarisation bientôt incontrôlable et dont la cohésion de l'Etat risque de faire les frais
A l'approche du scrutin législatif, les islamistes affirment vouloir se
démarquer des « tueurs des villes ». Promesse électorale ou volonté réelle de faire le ménage dans leurs propres rangs?
Les millions de Français et d'Algériens immigrés qui restent, par l'histoire ou par leurs liens personnels, liés à l'autre rive de la Méditerranée constituent une caisse de résonance idéale pour les terroristes islamistes
C'est un homme distrait, un simple passant, un journaliste algerien qui marche ce matin-la vers le palais de justice d'Alger. A une centaine de metres de la, pres de l'hotel de Geneve, un inconnu court a toute allure. En fuite. Arrive au coin de la rue, l'homme distrait se retrouve jete au sol, bouscule par l'homme traque. Le temps de se relever et il aperçoit quatre policiers en civils qui se jettent sur l'inconnu, lui remontent sa veste sur la tete, lui tordent les bras et le plaquent contre le mur. Quelque chose tombe sur le sol avec un bruit lourd de metal. Une boite noire, deux fils e qui depassent: une bombe.
Ce film est une leçon d'histoire. De celles qu'on a attendu en vain pendant trente cinq ans. La guerre d'Algérie aurait du occuper plusieurs pages de nos manuels d'histoire, nourrir de grands livres, de longs documentaires, un débat historique. Peut-être...
Ce n'est pas une élection présidentielle comme les autres. Il ne s'agit pas de renouveler le mandat d'un homme ou d'en placer un nouveau à la tête d'un pays qui disposerait déjà d'une assemblée nationale élue elle-aussi. Depuis l'indépendance en 1962, les Algériens n'ont jamais eu vraiment le choix. Sauf une fois, lors des élections législatives de décembre 1991. Et ils n'y ont pas cru. Du coup, l'abstention massive et la poussée du FIS ont abouti à un raz de marée islamiste.
Mardi 17 octobre, 7h05, nouvel attentat dans le RER, le neuvième depuis l'assassinat de l'imam Sahraoui, le 11 juillet. Décidément, le sanglant conflit algérien a franchi la Méditerranée. Pourquoi les terroristes ont-ils choisi la France? Les gouvernements pouvaient-ils éviter cette intrusion? Existe-t-il d'autres moyens pour y faire face que ceux employés par notre police ? La gestion du détournement de l'Airbus d'Air France a-t-elle attisé les rancoeurs des islamistes ? Existe-t-il une autre politique face à l'imbroglio algérien ?
- Obs: Voilà quatre ans, après le premier tour des élections législatives de décembre 1991, l'armée a interrompu le processus électoral. Aujourd'hui, l'Algérie se prépare à voter. Pour élire un président. Que veut dire cette élection? Est-ce un acte politique...
Trois algériens sur quatre ont voté. Une participation record. Prés de deux électeurs sur trois ont choisi le candidat du pouvoir, Liamine Zéroual. La victoire est indiscutable ; la participation inespérée. Le président d’état est devenu président de la république.
En quarante-huit heures, quatre bombes ou voitures piégées ont été désamorcés et quatre autres ont tués ou blessé: trois morts et trente sept blessés, samedi, devant la mairie de Ould Yaich; une bombe, hier, devant une école du quartier des Eucalyptus; dix blessés dans une brigade de gendarmerie près de Tizi-Ouzou et treize autres dans une explosionà Soumaa, près de Blida...Etrange fin de campagne,
Farid est toujours réveillé par le même cauchemar. La porte de la cellule grince. les gardiens se jettent sur lui et le traînent vers la salle d'interrogatoire. Déjà, on lui enfonce une chiffon sâle dans la gorge. Farid l'étudiant essaie...
L'image est un peu floue, trop blanche, fanée. C'est très court, quelques secondes à peine mais cela paraît interminable. Un homme lève les mains en l'air. Les mains d'un paysan algérien, debout devant sa tente de berger, entourée de poules...
"En Algérie, les femmes cristallisent toutes les passions...Elles sont devenues la cible obsessionelles des islamistes..." D'emblée, le propos est fort. Dommage qu'il soit souvent faux. On a assassiné, souvent dans des conditions atroces, au moins trois cents femmes en trois...
Les dirigeants des partis les plus importants de l'opposition algérienne se sont mis d'accord, dans la capitale italienne, sur une plate-forme commune. Ce n'est pas encore la paix, mais c'est le début d'un espoir